J.XII
On ne peut sortir de certaines erreurs que pai' le haut, c'est-à-dire en éleviuit son espiil au-dessus des choses humaines.
Expliquer toujours le monde moral par le monde physique n'est pas sûr, car nous prenons souvent , dans celui-ci , les apparences pour des réalités , et nos conjectures pour des faits. Nous risquons ainsi d'avoir deux erreurs au lieu d'une, en appliquant à un monde les fausses dimensions que nous donnons à l'autre.
L'abus de l'expérience est de conclure de quelques unités à la multitude , ou de la multitude à l'universalité.
11 ne faut pas cherchei- aux événements humains des causes invisibles, «piand il y en a de
palpables , ni des causes doiUeiises , quand il y en a de certaines, à moins de recourir aux causes supérieures, par un de ces élans de notre esprit qui va se reposer dans le ciel , quand il s'est fatigué sur la terre.
Ce n'est pas du vrai et du faux qu'il faut s'occuper avant toutes choses, mais du mal et du bien ; car c'est moins l'erreur qu'il faut craindre que le mal.
Il est encore plus facile de se tromper sur le vrai que sur le beau.
Il y a des esprits qui vont à l'erreur par toutes les vérités ; il en est de plus heureux qui vont aux grandes vérités par toutes les erreurs.
Les esprits simples et sincères ne se trompent jamais qu'à demi.