‹ Pensees, fragments et lettres de Blaise PascalChapitre 100 sur 134 · DB JI^SOS-CHBIST · texte numérisé non relu

DB JI^SOS-CHBIST

Hiérusalem sera bientôt détruite , et les païens vont entrer dans la connaissance de Dieu. Mes apôtres le vont foire après que vous aurez tué Théritier de la vigne.

Et puis les apôtres ont dit aux Juifs : vous allez être maudits ; et aux payons : vous allez entrer dans la connaissance de Dieu.; et cela est arrivé alors.

( En marge : ) Celsus s'en moquait.

245 V. La connaissance de Dieu sans celle de sa mi-4i6 sère fait Torgueil. La connaissance de sa misère sans celle de Dieu fait le désespoir. La connaissance de J.-C. fait le milieu, parce que nous y trouvons et Dieu et notre misère.

VL * Quand Epictète aurait vu parfaitement bien 197 le chemin, il dit aux hommes : Vous en suivez un faux. Il montre que c'en est un autre, mais il n'y mène pas. C'est celui de vouloir ce que Dieu veut. J.-C. seul y mène : Fta, veritca '.

210 VII. Jésus-Christ n'a fait autre chose qu'apprendre 29 aux hommes qu'ils s'aimaient eux-mêmes, et qu'ils étaient esclaves, aveugles, malades, malheureux et pécheurs; qu'il fallait qu'il les délivrât, éclairât, béatifiât et guérit; que cela se ferait en se haïssant

■ Immédiatemenl après celle pensée, la copie du fonds de SI Germain ajoute cette ligne : « Les vices de Zenon même. »

546 DE JÉSUS-OHBIST.

soi-même, et en le suivant par la misère el la mort de la croix.

^* Vin. Sans Jésos-Ghristy il faut que Thomme soitM^t dans le vice et dans la misère; avec Jésus-Christ, l'homme est exempt de vice et de misère. En lui est toute notre vertu et toute notre félicité, hors de lui il n'y a que vice, misère, 'erreurs, ténèbres, mort, désespoir.

IX. * Il est non-seulement impossible mais inutile S74 de connaître Dieu sans J.-C. Us ne s*en sont pas éloi*! gnés, mais approchés; ils ne se sont pas abaissés, mais.... '.

Quo quisquam optimus est^ pessimus si hoc ipsum quod sit optimum ascrihat sibi.

X. * Dieu par J.-C. — Nous ne connaissons DieU|i[| que par J.-G. Sans ce médiateur est ôtée toute communication avec Dieu; par J.-C. nous connaissons Dieu. Tous ceux qui ont prétendu connaître Dieu et le prouver sans J.-G. n'avaient que des preuves impuissantes. Mais pour prouver J.-C, nous avons les prophéties, qui sont des preuves solides et palpables. Et ces prophéties étant accomplies et prouvées véritables par Tévénement, marquent la certitude de ces vérités et partant la preuve de la divinité de J.-G. En lui et par lui nous connaissons donc Dieu. Hors de là et sans TÉcriture, sans le péché originel, sans médiateur nécessaire promis et arrivé, on ne peut prouver absolument

* Phrase interrompue.

Dieu ni enseigner une bonne doctrine ni (une) bonne morale. Mais par J.-C. et en J.-C. on prouve Dieu et on enseigne la morale et la doctrine. J.-C. est donc le véritable Dieu des hommes.

* Mais nous connaissons en même temps notre misère, car ce Dieu là n*est autre chose que le réparateur de notre misère. Ainsi nous ne pouvons bien connaître Dieu qu*en connaissant nos iniquités.

* Aussi ceux qui ont connu Dieu sans connaître leur misère, ne Tout pas glorifié mais s'en sont glorifiés. Quia non cognovit per sapientiam, placuit Deo per stultitiam prœdicationis salvos facere '.

* Non-seulement nous ne connaissons Dieu que par ^^* J.-C. mais nous ne nous connaissons nous-mêmes que par J.-C. Nous ne connaissons la vie, la mort que par J.-C. Hors de J.-C. nous ne savons ce que c'est ni que notre vie, ni que notre mort, ni que Dieu, ni que nous-mêmes.

* Ainsi sans l'Ecriture qui n'a que J.-C. pour objet, nous ne connaissons rien et ne voyons qu'obscurité et confusion dans la nature de Dieu et dans la propre nature.

XI. * Priez de peur d'entrer en tentation *. Il est**^ dangereux d'être tenté, et ceux qui le sont c'est parce qu'ils ne prient pas.

> / Corinth.<f I. 21 : « Nam quia in Dei sapientia non cognovit mundus per sapientiam Deum, placuit Deo per stultitiam praedicationis salvos facere credentes. »

* Matth, XXVI. 41 : « Vigilate et orate ut non intretis in tenUtionem. »

— * Et tu eonversus; confirma fratres tuas '. Mais auparavant : eonversus Jésus respexit Petrum ^.

— * St. Pierre demande permission de frapper Malchus, et frappe devant que d'ouïr la réponse; et J.-C. répond après.

— Le mot de Galilée ^, que la foule des Juifs prononça comme par hasard, en accusant Jésus-Christ devant Pilate donna sujet à Pilate d'envoyer Jésus- Christ à Hérode; en quoi fut accompli le mystère, qu'il devait être jugé par les Juifs et les Gentils. Le hasard en apparence fut la cause de Taccomplissenient du mystère.

XII. * J.-C. n'a pas voulu êlre tué sans les formes ^ de la justice, car il est bien plus ignominieux de mourir par justice que par une sédition injuste.

XIII. * La fausse justice de Pilate ne sert qu'à faire io souffrir J.-C. ; car il le fait fouetter par sa fausse justice et puis le tue. Il vaudrait mieux l'avoir tué d'abord. Ainsi les faux justes : ils font de bonnes œuvres €t de méchantes pour plaire au monde et montrer qu'ils ne sont pas tout à fait à J.-C, car ils en ont bonté, et enfin dans les grandes tentations et occasions ils le tuent.

ft2s XIV. Alors J.-C. vient dire aux hommes qu'ils n'onl point d'autres ennemis qu'eux-mêmes; que ce sonl

' Luc. XXII. 32. — ' ibid. 61 . — ' Ibid. XXIII. 5.

leurs passions qui les séparent de Dieu; qu'il vient pour les détruire, et pour leur donner sa grâce, afin de faire d'eux tous une Eglise sainte.

Qu'il vient raniener dans cette Eglise les païens et les Juifs; qu'il vient détruire les idoles des uns, et la superstition des autres. A cela s'opposent tous les hommes non-seulement par l'opposition naturelle de la concupiscence, mais par-dessus tous les rois de la terre s'unissent pour abolir cette religion naissante , comme cela avait été prédit '.

Tout ce qu'il y a de grand sur la terre s'unit : les savants, les sages, les rois. Les uns écrivent, les autres condamnent , l^s autres tuent. Et nonobstant toutes ces oppositions, ces gens simples et sans force résistent à toutes ces puissances et se soumettent même ces rois, ces savants, ces sages, et ôtent l'idolâtrie de toute la terre. Et tout cela se fait par la force qui l'avait prédit^.

a58 XV. Jésus-Christ ne dit pas qu'il n'est pas de Nazareth, pour laisser les méchants dans l'aveuglement, ni qu'il n'est pas fils de Joseph.

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