CHAPITRE VIIL
Après avoir parlé des Prophétie» ^ Pascal « entreprit, dit E. Parier, « de parler du Nouveau Testament.. 11 commença par Jésus-Gbrist. »
Parmi le grand nombre de fragments inédits que nous insérons dans ce chapitre, nous devons citer celui que Pascal a intitulé Le Myetére de Jésiu, Écrites avec une sorte d'effusion mélancolique, tout d*une suite et presque sans ratures, ces pages sont remarquables par le caractère tout à fait mystique dont eHes sont empreintes. Le lecteur sera surtout frappé du passage où l'auteur, ravi dans une tendre contemplation voit Jésus-Gbrist présent, converse avec lui, entend sa parole et lui répond : on croirait lire un chapitre de Vlmitation,
Nous conjecturons que ces pages, qui ne se retrouvent pas dans la copie des Pensées, faisaient partie des cahiere que Tabbé Perier mentionne en ces termes dans la troisième attestation qui se trouve en tète du MS. autographe : « Je soussigné certifie que les cahiers c compris dans ce volume» qui sont des allégés de la vie de J. G., • sont écrits de la main de M. Pascal, mon oncle, et ont été trouvés c après sa mort parmi ses papiers, lequel volume j*ai déposé dans « la bibliothèque de Tabbaye St Germain des Prez pour y être conc serve, etc. » — Gette partie des MSS. de Pascal, sauf les quelques « pages que nous publions, est très-probablement aujourd'hui perdue.
L'original de la figure que nous plaçons en tète du chapitre se trouve tracé de la main de Pascal, p. 113 du MS. autographe.
Païens./^ 1 f^Mahomeu lis
I. J.-C. que les deux Testaments regardent, Tan- 485 cien comme son attente, le nouveau comme son modèle; tous deux comme leur centre. r,
*** IL Jésus-Christ pour tous. — Moïse pour un peuple. 227
Les Juifs bénis en Abraham : Je bénirai ceux qui te béniront ^ ; mais toutes nations bénies en sa semence ^.
Parvus est ut^ etc. Isaïe.
Lumen ad revelationem gentium ^.
Non fecit taliter omni nationi, disait David * en parlant de la loi ; mais en parlant de Jésus-Christ, il faut dire : Fecit taliter omni nationi, — Parvus est utj etc. Isaîe.
• Gènes, XU. 3. — » Ihid. XVllI. 18. — » Luc. 11. 32.
♦ Pê, CXLVII. 20.
5U DE JBSUS-GHRIST.
Aussi c'est à Jésus-Christ d'être universel. L'Eglise même n'offre le sacrifice que pour les fidèles : Jésus- Christ a offert celui de la croix pour tous.
sf7 III. Quel homme eut jamais plus d'éclat? Le peu- 277 pie juif tout entier le prédit avant sa venue. Le peuple gentil l'adore après sa venue. Les deux peuples gentil et juif le regardent comme leur centre.
Et cependant quel homme jouit jamais moins de cet éclat? De trente-trois ans, il en vit trente sans paraître. Dans trois ans, il passe pour un imposteur ; les prêtres et les principaux le rejettent; ses amis et ses plus 'proches le méprisent. Enfin il meurt trahi par un des siens, renié par l'autre, et abandonné par tous. •
Quelle part a-t-il donc à cet éclat? Jamais homme n'a eu tant d'éclat ; jamais homme n'a eu plus d'ignominie. Tout cet éclat n'a servi qu'à nous, pour nous le rendre reconnaissable ; et il n'en a rien eu pour lui.
219 Jésus-Christ est un Dieu dont on s'approche sans 467 orgueil, et sous lequel on s'abaisse sans désespoir.
IV. * Après que bien des gens sont venus devant, asa il est venu enfin J.-C. dire : me voici et voici le temps ; ce que les prophètes ont dit devoir avenir dans la suite des temps, je vous dis que mes apôtres le vont faire. Les Juifs vont être rebutés.