II. * Soumission
\H II faut savoir douter oii il faut, assurer où il faut et m se soumettre où il faut ^. Qui ne fait ainsi, n'entend
» Nicole, dans la même Copie, a développé ainsi cette note : « C'est superstition de croire que des propositions sont dans un livrer quoiqu'on ne les y voie pas, parce qu'on les y doit voir si elles y sont, »
* Pascal avait écrit d*abord, avec plus de hardiesse : ; « U faut ft^ avoir ces trois qualités ; Pyrrhonien, Géomètre, Chrétien soumis; « et elles s'accordent et se tempèrent, en doutant où 11 faut, en « assurant où il faut, en se soumettant où il faut. »
pas la force de la raison. Il y (en) a qui failleul contre ces trois principes, ou en assurant tout comme démonstratif, manque de se connaître en démonstration ; ou en doutant de tout, manque de savoir où il faut se soumettre ; ou en se soumettant en tout, manque de savoir où il faut juger.
^^7 Si on soumet tout à la raison, notre religion n'aura**^ rien de mystérieux et de surnaturel. Si on choque les principes de la raison, notre religion sera absurde et ridicule.
Saint Augustin. La raison ne se soumettrait jamais, ^®^ si elle ne jugeait qu*il y a des occasions où elle se doit soumettre.
Il est donc juste qu'elle se soumette quand elle juge qu'elle se doit soumettre.
Il n'y a rien de si conforme à la raison que ce dés-*** aveu de la raison*.
Deux excès : *®^
Exclure la raison, n'admettre que la raison.
■ Cet alinéa et le suivant se trouvent dans la Copie arrangés ainsi par Nicole : « Il n'y a rien de si conforme à la raison que ce désaveu de la raison dans les choses de la foi; et rien de si contraire à la raison que ce désaveu de la raison dans ce qui n*est pas de foi. Ce sont deux excès également dangereux d'exclure ta raison, de n'admelire que la rait^on. » Crllc leçon est devenue celle des éditions.
111. La foi dit bien ce que les sens ne disent pas, mais 409 non pas le contraire de ce qu'ils voient. Elle est audessus et non pas contre.
* Ce n'est pas une chose rare qu'il faille reprendre iôj le monde de trop de docilité. C'est un vice naturel comme l'incrédulité, et aussi pernicieux. — Superstition.
288 C'est être superstitieux de mettre son espérance dansées les formalités; mais c'est être superbe de ne vouloir s'y soumettre.
187 — La piété est différente de la superstition. 598
— Soutenir la piété jusqu'à la superstition , c'est la détruire.
— Les hérétiques nous reprochent cette soumission superstitieuse. C'est faire ce qu'ils nous reprochent ^
— * Impiété de ne pas croire l'Eucharistie, sur ce qu'on ne la voit pas.
487 IV. Les autres religions, comme les païennes, sont 451 plus populaires , car elles sont en extérieur; mais elles ne sont pas pour les gens habiles. Une religion purement intellectuelle serait plus proportionnée aux habiles; mais elle ne servirait pas au peuple. La seule
* La Copie du fonds de St. Germain cônlient les mots suivants ajoutés de la main de Nicole : .... reprocheni, que d'exiger cette soumission dans les choses qui ne sont pas matière de soumission. » Celte addition a passé dans les édi lions.
550 DE LA RELIGION GHRBTiBNNE.
religion chrétienne est proportionnée à tous, étanla'^o niêlée d'extérieur et d'intérieur. Elle élève le peuple à Fintérieur, et abaisse les superbes à l'extérieur ; et n'est pas parfaite sans les deux; car il faut que le peuple entende l'esprit de la lettre, et que les habiles soumettent leur esprit à la lettre.
* Il faut que l'extérieur soit joint à l'intérieur pour 90 obtenir de Dieu, c'est-à-dire que l'on se mette à genoux, prie des lèvres etc., afin que l'homme orgueilleux qui n'a voulu se soumettre à Dieu soit maintenant soumis à la créature. Attendre de cet extérieur le secours est superstition '; ne vouloir pas le joindre à l'intérieur est être superbe.
268 La dignité de l'homme consistait, dans son inno-233 cerice, à user et dominer sur les créatures; mais aujourd'hui à s'en séparer et s'y assujettir *.
V. * Il y a peu de vrais chrétiens, je dis même pour s44 la foi. Il y en a bien qui croient, mais par superstition ; il y en a bien qui ne croient pas, mais par libertinage : peu sont entre deux.
— * Je ne comprends pas en cela ceux qui sont dans la véritable piété de mœurs et tous ceux qui croient par nn sentiment du cœur.
■ D'alK>rd : ... « est être idol&lr^.
* En marge : « Les sens. »
VI. * Ceux qui n'aiment pas la vérité prennent le pré- 720 texte de la contestation de la multitude de ceux qui la nient, et ainsi leur erreur ne vient que de ce qu'ils n'aiment pas la vérité ou la charité. Et ainsi ils ne sont pas excusés.
^^ VIL Ce sera une des confusions des damnés, de voir 277 qu'ils seront condamnés par leur propre raison par laquelle ils ont prétendu condamner la religion chrétienne.