‹ Pensees, fragments et lettres de Blaise PascalChapitre 27 sur 134 · II · texte numérisé non relu

II

vrai ui bien qu'en partie, et mêlé de mal et de faux

57 X[X. Ce qui m'étonne le plus est de voir que tout le si monde n'est pas étonné de sa faiblesse. On agit sérieusement, et chacun suit sa condition non pas parce qu'il est bon en effet de la suivre, puisque la mode en est, mais comme si chacun savait certainement où est la raison et la justice. On se trouve déçu à toute heure, et par une plaisante humilité on croit que c'est sa faute, et non pas celle de l'art qu'on se vante toujours d'avoir. Mais il est bon qu'il y ait tant de ces gens -là au monde, qui ne soient pas pyrrhoniens, pour la gloire du pyrrhonisme, afin de montrer que l'homme est bien capable des plus extravagantes opinions, puisqu'il est capable de croire qu'il n'est pas dans cette faiblesse naturelle et inévitable, et de croire qu'il est au contraire dans la sagesse naturelle. * Rien ne fortifie plus le pyrrhonisme que ce qu'il y en a qui ne sont point pyrrhoniens : si tous l'étaient, ils auraient tort.

* Cette secte se fortifie par ses ennemis plus que s3 par ses amis ; car la faiblesse de l'homme parait bien davantage en ceux qui ne la connaissent pas qu'en ceux qui la connaissent.

XX. * lise peutJaire qu'il y ait de vraies démonstra-Ho tîons; mais cela n'est pas certain. Ainsi cela ne montre

' Cette pensée est, dans le MS., écrite parmi des notes sur les jésuites et sur les miracles

autre chose sinon qu'il n*est pas certain que tout soit incertain : à la gloire du pyrrhonisnie. {Barré.)

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