‹ Pensees, fragments et lettres de Blaise PascalChapitre 43 sur 134 · DE LA VRAIE RELIGION · texte numérisé non relu

DE LA VRAIE RELIGION

4«r I. La vraie nature de Thorame, son vrai bien etla4«7 vraie vertu et la vraie religion sont choses dont la connaissance est inséparable.

IL * La vraie religion enseigne nos devoirs; nos*»» impuissances, orgueil et concupiscence; et les remèdes, humilité, mortification.

167 III. Après avoir entendu toute la nature de Thomme, 463 il faut, pour qu'une religion soit vraie, qu'elle ait connu notre nature : elle doit avoir connu la grandeur et la petitesse, et la raison de Tune et de l'autre. Qui l'a connue que la chrétienne?

468 Nulle autre n'a connu que l'homme est la plus excellente créature. Les uns, qui ont bien connu la réalité de son excellence, ont pris pour lâcheté et pour ingratitude les sentiments bas que les hommes ont naturellement d'eux-mêmes; et les autres, qui ont bien

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connu combien cette bassesse est effective, ont traité d'ane superbe ridicule ces sentiments de grandeur, qui sont aussi naturels à Thomme.

177 Levez vos yeux vers Dieu, disent les uns : voyez celui auquel vous ressemblez, et qui vous a fait pour Fadorer; vous pouvez vous rendre semblable à lui; la sagesse vous y égalera si vous voulez la suivre '. Et les autres disent : Baissez vos yeux vers la terre, chétif ver que vous êtes, et regardez les bétés dont vous êtes le compagnon.

Que deviendra donc Thomme? Sera-t-il égal à Dieu

' ou aux bêles? Quelle effroyable distance! Que seronsnous donc? * Qui ne voit par tout cela que Thomme est égaré, qu'il est tombé de sa place, qu'il la cherche avec inquiétude, qu'il ne la peut plus retrouver. Et qui l'y adressera donc? Les plus grands hommes ne Font pu ^

266 IV. * Il faudrait que la vraie religion enseignât la grandeur, la misère ; portât à l'estime et au mépris de soi, à l'amour et à la haine ^.

468 V. Nulle autre religion n'a proposé de se haïr. Nulle «65 autre religion ne peut donc plaire à ceux qui se haïssent et qui cherchent un être véritablement aimable. Et ceiuxlà, s'ils n'avaient jamais ouï parler de la re-

* Ici en marge : « Haussez la tête, hommes libres, dit Épiclèi«. »

> Copie du fonds de Saint-Germain.

« Idem.

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