DR LA VEAIB RELIGION
ligion d'un Dieu Iiumilié , rembrasseraient incontinent.
^^ VI. Qui ne hait en soi son amour-propre et cet instinct «< qui le porte à se faire Dieu, est bien aveuglé. Qui ne voit que rien n'est si opposé à la justice et à la vérité? Car il est faux que nous méritions cela; et il est injustice et impossible d'y arriver, puisque tous demandent la même chose. C'est donc une manifeste injustice où nous sommes nés, dont nous ne. pouvons nous défaire et dont il faut nous défaire.
Cependant aucune religion n'a remarqué que ce fût un péché, ni que nous y fussions nés, ni que nous fussions obligés d'y résister, ni n'a pensé à nous en donner les remèdes.
295 VII. S'il y a un Dieu, il ne faut aimer que lui, et ^ non les créatures passagères. Le raisonnement des impies, dans la Sagesse ^ n'est fondé que sur ce qu'il n'y a point de Dieu. Cela posé, disent-ils, jouissons donc des créatures : c'est le pis-aller. Mais s'il y avait un Dieu à aimer, ils n'auraient pas conclu cela, mais le contraire. Et c'est la conclusion des sages : Il y a un Dieu, ne jouissons donc pas des créatures.
— Donc tout ce qui nous incite à nous attacher aux créatures est mauvais, puisque cela nous empêche, ou de servir Dieu, si nous le connaissons, ou de le chercher, si nous l'ignorons. Or, nous sommes pleins de concupiscence : donc nous sommes pleins de mal; donc nous devons nous haïr nous-mêmes et tout ce qui nous excite à autre attache que Dieu seul.
177 VIII. S'il y a un seul principe de tout, une seule 457 fin de tout : tout par lui, tout pour lui. Il faut donc que la vraie religion nous enseigne à n'adorer que lui et à n'aimer que lui. Mais comme nous nous trouvons dans rimpuissance d'adorer ce que nous ne connaissons pas et d'aimer autre chose que nous, il faut que la religion qui instruit de ces devoirs nous instruise aussi de ces impuissances; et qu'elle nous apprenne aussi les remèdes. * Elle nous apprend que par un homme tout a été perdu et la liaison rompue entre Dieu et nous, et que par un homme la liaison est réparée.
* Nous naissons si contraires à cet amour de Dieu et il est si nécessaire, qu'il faut que nous naissions coupables, ou Dieu serait injuste.
«67 La vraie religion doit avoir pour marque d'obliger à 455 aimer son Dieu. Cela est bien juste. Et cependant aucune autre que la notre ne Ta ordonné ; la nôtre l'a fait. Elle doit encore avoir connu la concupiscence et rimpuissance ; la nôtre l'a fait.
Elle doit y avoir apporté les remèdes : l'un est la prière. Nulle religion n'a demandé à Dieu de Taimer et de le suivre.
484 IX. Il n'y a point de doctrine plus propre à l'homme ^^^ que celle-là qui l'instruit de sa double capacité de recevoir et de perdre la grâce, à cause du double péril où il est toujours exposé de désespoir ou d'orgueil.
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1M X. Le christianisme est étrange : il ordonne à rhomme ««a de reconnaître qa*il est vil, et même abominable; et lui ordonne de vouloir être semblable à Dieu. Sans un tel contre-poids, cette élévation le rendrait horriblement vain ou cet abaissement le rendrait horriblement abject.
fti Non par un abaissement qui nous rende incapable ses du bien, ni une sainteté exempte du mal.
m XI. La misère persuade le désespoir. :
L'orgueil persuade la présomption.
L'incarnation montre à l'homme la grandeur de sa misère, par la grandeur du remède qu'il a fallu.
XIL * L'Ecriture a pourvu de passages pour consoler «f toutes les conditions et pour intimider toutes les conditions.
* La nature semble avoir fait la même chose par ces deux infinis naturels et moraux ; car nous aurons toujours du dessus et du dessous, de plus habiles et de moins habiles, de plus élevés et de plus misérables» pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection.
Xllt. " Contrariétés.
* Sagesse infinie et sagesse de la religion '.
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