‹ Pensees, fragments et lettres de Blaise PascalChapitre 47 sur 134 · DE LA VRAIS RBLIGION · texte numérisé non relu

DE LA VRAIS RBLIGION

Cela est- il contraire à l'Écriture? ne dit- elle pas tout cela?

Si vous ne vous souciez guère de savoir la vérité, en voilà assez pour vous laisser en repos. Mais si vous désirez de tout votre cœur de la connaître, ce n'est pas assez; regardez au détail. C'en serait assez pour une question de philosophie; mais ici où il va de tout....

Et cependant, après une réflexion légère de cette sorte» on s'amusera, etc.

Qu'on s'inrorme de cette religion même si elle ne rend pas raison de cette obscurité : peut-être qu'elle nous l'apprendra.

Xyi. * A. P. R. ^Pour demain.

* Prosopopée.

178 C'est en vain, ô hommes, que vous cherchez dansssi vous-mêmes le remède à vos misères. Toutes vos lumières ne peuvent arriver qu'à connaître que ce n'est point dans vous-mêmes que vous trouverez ni la vérité ni le bien. Les philosophes vous l'ont promis, et ils n'ont pu le faire. Ils ne savent ni quel est votre véritable bien, ni quel est votre véritable état*. Comment auraient-ils

■ Voy. la noie au bas de la page 152.

* Ici les lignes suivantes barrées : « Je suis la seule qui peut vous « apprendre ces choses. Je les enseigne à ceux qui m'écoutent. Les « livres que j'ai mis entre les mains des hommes les découvrent bien « nettement. Mais je n'ai pas voulu que cette connaissance fût si ou- « verte. J'apprends aux hommes ce qui les peut rendre heureux. • Pourquoi refusez-vous de m'ouïr?

« Ne cherchez pas de satisfaction dans la terre. N'espérez rien des a hommes. Votre bien n'est qu'en Dieu, et la souveraine félicité con- « siste à connaître Dieu, à s'unir à lui dans l'éternité. Votre devoir « est à l'aimer de tout votre cœur. Il vous a créé.... »

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donné des remèdes à vos maux, puisqu'ils ne les ont pas seulement connus? Vos maladies principales soht l'orgueil, qui vous soustrait de Dieu, la concupiscence, qui vous attache à la terre; et ils n'ont fait autre chose qu'entretenir au moins l'une de ses maladies. S'ils vous ont donné Dieu pour objet, ce n'a été que pour exercer votre superbe. Ils vous ont fait penser que vous lui étiez semblables et conformes par votre nature. Et ceux qui ont vu la vanité de cette prétention vous ont jeté dans l'autre précipice, en vous faisant entendre quesds votre nature était pareille à celle des bétes, et vous ont porté à chercher votre bien dans les concupiscences qui sont le partage des animaux.

Ce n'est pas là le moyen de vous guérir de vos injustices que ces sages n'ont point connues."* Je puis seule vous faire entendre que vous êtes, et *....

— * Je ne demande pas de vous une créance aveugle. {Barré.)

— *Adam. J. C.

— * Si on vous unit à Dieu, c'est par grâce, non par iiature.

— * Si on vous abaisse, c'est par pénitence, non par nature.

— * Ainsi cette double capacité.,..

— * Vous n'êtes pas dans l'état de votre création. m — Ces deux états étant ouverts, il est impossible

que vous ne les reconnaissiez pas.

Suivez vos mouvements, observez-vous vous-mêmes.

I Pascal a interrompu le développement de sa pensée en cet endroit pour tracer les notes à demi ébauchées qui suivent.

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