X. * l** Objection. Ange du ciel
* Il ne faut pas juger de la vérité par les miracles, 4ot mais du miracle par la vérité.
* Donc les miracles sont inutiles.
'* Or ils servent et ils ne font point être contre la vérité.
* Donc ce qu*a dit le P. Lingende que Dieu ne permettra pas qu*un miracle puisse induire à erreur... .
* Lorsqu'il y aura contestation dans la même Eglise, le miracle décidera.
2"* Objection.
* Mais TAntechrist fera des signes.
^ Les magiciens de Pharao ne séduisaient point à erreur. Ainsi on ne pourra pas dire à J.-C. sur T Antéchrist : Vous nravez induit à erreur. Car Tantechrist les fera contre J.-C. et ainsi ils ne peuvent induire à erreur.
* Ou Dieu ne permettra point de faux miracles, ou il en procurera de plus grands.
— * Depuis le commencement du monde J.-C. sifbsiste : cela est plus fort que tous les miracles de TAntechrist. (Barré.)
— * Si dans la même Eglise il arrivait miracle du côté des errants, on serait induit à erreur.
— * Le schisme est visible, le miracle est visible. Mais le schisme est plus marque d'erreur que le miracle n'est marque de vérité; donc le miracle ne peut induire à erreur.
* Mais hors le schisme, Terreur n'est pas si visible
DES MIRMILES. 219
que le miracle est visible. Donc le miracle induirait à erreur.
* Ubi e$t Deui Cuusf Les miracles le montrent et sont un éclair.
258 XL Ce n*est point'ici le pays de la vérité : elle erre 471 inconnue parmi les hommes. Dieu Ta couverte d*un voile qui la laisse méconnaître à ceux qui n'entendent pas sa voix. Le lieu est ouvert au blasphème» et même sur des vérités au moins bien apparentes. Si Ton publie les vérités de TEvangile, on en publie de contraires, et on obscurcit les questions en sorte que le peuple ne peut discerner. Et on demande : Qu'avez-vous pour vous faire plutôt croire que les autres? Quel signe faites-vous ? Vous n*avez que des parJRes, et nous aussi. Si vous aviez des miracles; bien. Cela est une vérité que la doctrine doit être soutenue par les miracles, dont on abuse pour blasphémer la doctrine. Et si les miracles arrivent, on dit que les miracles ne, suffisent pas sans la doctrine 9 et c'est une autre vérité pour blasphémer les miracles.
252 — Jésus*Chri8t guérit Taveugle-né et fit quantité de miracles au jour du sabbat. Par où il aveuglait les pharisiens, qui disaient qu'il fallait juger des miracles par la doctrine.
* Nous avons Moïse ; mais celui-là nous ne savons d'où il est. C'est €e qui est admirable que vous ne savez d'où il est. Et cependant il fait de tels miracles.
— Jésus-Christ ne parlait ni contre Dieu, ni contre Moïse.
L'Antéchrist et les faux prophètes, prédits par l'un et
'i20 DES MIBACLBS.
Tautre Testament, parleront ouvertement contre Dieu et contre Jésus-Christ. Qui n'est ^ , qui serait ennemi couvert, Dieu ne permettrait pas qu'il fit des miracles ouvertement.
— * Jamais en une dispute publique où les deux partis se disent à Dieu, à J.-C, à TEglise, les miracles ne sont du côté des faux chrétiens, et Tautre côté sans miracle.
— * Il a le diable : Jeh. 20, 21. Et les autres disaient : Le diable peut-il ouvrir les yeux des aveugles*?
248 — Les preuves que J.-C. et les apôtres tirent de l'Ecriture ne sont pas démonstratives ; car ils disent seulement que Moïse a dit qu'un -prophète viendrait, mais ils ne prouvent pas par là que ce soit celui-là, et c'était toute la question. Ces passages ne servent donc qu'à montrer qu'on n'est pas contraire à l'Ecriture et qu'il n'y paraît point de répugnance, mais non pas qu'il y ait accord.
* Or, cela suffit : exclusion de répugnance avec miracles.
Il s'ensuit donc qu'il jugeait que ses miracles étaient des preuves certaines de ce qu'il enseignait, et que les Juifs avaient obligation de le croire. Et, en effet, c'est particulièrement les miracles qui rendaient les Juifs coupables dans leur incrédulité*.
' Deux mots illisibles.
' Joan. X. 20, 21 . « Dicebant autem multi ex ipsis : Dsemonium habet, etinsanit: quid enm auditis? Alii dicebant : Haec verba non suDt dsemoDium habenlis : numquid potest csecorum oculos aperire? »
' Cet alinéa ne se trouve pas dans le MS., ni dans la Copie.
DBS MIRACLKS. 221
249 XH. 11 y a un devoir réciproque entre Dieu et les i75
hommes. Il faut * ce mot, quid debui? ac-
cusezr-moij dit Dieu dans Isaie. Dieu doit accomplir ses promesses, etc.
250 Les hommes doivent à Dieu de recevoir la religion qu'il leur envoie. Dieu doit aux hommes de ne les point induire en erreur. Or, ils seraient induits en erreur, si les faiseurs (de) miracles annonçaient une doctrine qui ne parût pas visiblement fausse aux lumières du sens commun, et si un plus grand faiseur de miracles n'avait déjà averti de ne les pas croire.
Ainsi, s'il y avait division dans l'Eglise, et que les ariens, par exemple, qui se disaient fondés en l'Ecriture comme les catholiques, eussent fait des miracles, et non les catholiques, on eût été induit en erreur.
— Car, comme un homme qui nous annonce les secrets de Dieu n'esl pas digne d'être cru sur son autorité privée ; et que c'est pour cela que les impies en doutent ; aussi un homme qui, pour marque de la communication qu'il a avec Dieu, ressuscite les morts, prédit l'avenir, transporte les mers ^, guérit les maladies, il n'y a point d'impie qui ne s'y rende et l'incrédulité de Pharao et des Pharisiens est l'effet d'un endurcissement surnaturel.
— * Quand donc on voit les miracles et la doctrine non suspecte tout ensemble d'un côté, il n'y a pas de difficulté. Mais quand on voit les miracles et (la) doc-
* Ici deux mots illisibles. La Copie Ht : « pour faire et pardonner ce mot. »
' La Ctopie : « les monts; » mais le mot mers est bien lisible dans le MS. ; c'est peut-être une allusion au passage de la mer Rouge.
Irine suspecte d*un même côté, alors il faut voir quel est le plus clair. J.-G. était suspect.
— * Barjésu aveuglé. — La force de Dieu surmonte celle de ses ennemis.
— * Les exorcistes juifs battus par les diables, disant : Je connais Jésus et Paul ; mais tous qui êtesvous?
— * Les miracles sont pour la doctrine et non pas la doctrine pour les miracles.
— * Si les miracles sont vrais, pourra-t-on persuader toute doctrine? Non; car cela n'arrivera pas.' Si angélus.
— * RègU, ^ 11 faut jugier de la doctrine par les miracles. Il faut juger des miracles par la doctrine. Tout cela est vrai, mais cela ne se contredit pas.
— * Car il faut distinguer les temps.
258 — Que vous êtes aise de savoir les règles générales, pensant par-là jeter le trouble, et rendre tout inutile ! On vous en empêchera, mon père * : la vérité est une et ferme.
— * 11 est impossible par le devoir de Dieu qu'un homme cachant sa mauvaise doctrine et n'en faisant paraître qu'une bonne, et se disant conforme à Dien et à l'Eglise, fasse des miracles pour couler insensiblement une doctrine fausse et subtile. Cela ne se peut.
— * Et encore moins que Dieu qui connaît les cœurs fasse des miracles en faveur d'un tel.
* Sans doute le P. Annal.
250 XIII. Il y a bien de la différence cnlre tenter et in-ies duire en erreur. Dieu tente, mais il n*induit pas en erreur. Tenter, est procurer les occasions qui n'imposant point de nécessité , si on n*aime pas Dieu on fera une certaine chose '. Induire en erreur, est mettre rhoaime dans la nécessité de conclure et suivre une fausseté.
250 C'est ce que Dieu ne peut faire, et ce qu'il ferait néanmoins, s'il permettait que, dans une question obscure, il se fit des miracles du côté de la fausseté.
On doit conclure de là qu'il est impossible qu'un homme cachant sa mauvaise doctrine, et n'en faisant paraître qu'une bonne, et se disant conforme à Dieu et à rÉglise, fasse des miracles pour couler insensiblement une doctrine fausse et subtile : cela ne se peut. Et encore moins que Dieu, qui connaît les cœurs, fasse des miracles en faveur d'une personne de ceUe sorte *.
XIV. * En montrant la vérité, on la fait croire; 453 mais en montrant l'injustice des minisires on ne la corrige pas. On assure la conscience en montrant la fausseté; on n'assure pas la bourse en montrant l'injustice.
— * Les miracles et la vérité sont nécessaires à cause qu'il faut convaincre l'homme entier en corps et en âme.
» La phrase est inachevée et incorrecte; mais nous suivons, comme toujours,, fidèlement ie MS.
» Cet alinéa et le précédent ne se trouvent ni dans le MS., m dans là Copie.
— * Contestation.
Abel, Gain. — Moïse, magiciens. — Elie, faux pro-455 phètes. — Jérémie, Ananias. — Michée, faux prophètes. J.-C, pharisien. — St. Paul, Barjésu. — Apôtres, exorcistes. — Les chrétiens et les infidèles. — Les catholiques, les hérétiques. — Elie, Enoch, Antéchrist.
* Toujours le vrai prévaut en miracles. Les deux croix.