‹ Pensees, fragments et lettres de Blaise PascalChapitre 66 sur 134 · XV. Les miracles discernent aux choses douteuses m · texte numérisé non relu

XV. Les miracles discernent aux choses douteuses m

entre les peuples juif et païen, juif et chrétien ; catholique, hérétique; calomniés, calomniateurs; entre les deux croix.

Mais aux hérétiques les miracles seraient inutiles; car TEglise, autorisée par les miracles qui ont préoccupé la créance, nous dit qu'il n'ont pas la vraie foi. Il n'y a pas de doute qu'ils n'y sont pas, puisque les premiers miracles de l'Eglise excluent la foi des leurs. Il y a ainsi miracle contre miracle; et premiers et plus grands du côté de l'Eglise.

XVL * Dans le Vieux Testament, quand on vous dé- 46* tournera de Dieu.

* Dans le Nouveau, quand on vous détournera de J.-C.

— * Voilà les occasions d'exclusion à la foi des miracles, marquées. Il ne faut pas y donner d'autres exclusions.

— * S'ensuit-il de là qu'ils auraient droit d'exclure

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tous les prophètes qui leur sont venus? Non. Ils eussent péché en n'excluant pas ceux qui niaient Dieu, et aussi péché d'exclure ceux qui ne niaient pas Dieu.

— * D'abord donc qu'on voit un miracle, il faut ou se soumettre ou avoir d'étranges marques du contraire. Il faut voir s'ils nient ou un Dieu, ou J.-C. ou l'Eglise *.

XVIl. * Joh. 6, 26. Non quia vidistis signu^ sed #0-449 turati estis *.

2«2 Ceux qui suivent Jésus-Christ à cause de ses miracles honorent sa puissance dans tous les miracles qu'elle produit ; mais ceux qui, en faisant profession de le suivre pour ses miracles, ne le suivent en effet que parce qu'il les console et les rassasie des biens du monde, ils déshonorent ses miracles quand ils sont contraires à leurs commodités.

26f Joh. 9. Non est hic homo a Deo , quia sabbatum non custodit, Âlii : Quomodo potest homo peccator hœc, signa ' faaere^?

Lequel est le plus clair ?

Cette. maison n'est pas de Dieu; car on n'y croit pas

4 Immédiatement après ce paragraphe viennent, dans le MS., les mots suivants qui ne se rattachent point au sujet ici traité pas Pascal, et qui même ne forment aucun sens : « Reproclier à Mi ton de ne « pas se remuer. Quand Dieu te reprochera.... » — Il est question de ce Miton aux Pensées diverses. Voy. !«' vol. pag. 197.

^ Voici le verset entier : « Respondit eis Jésus, et dixit : Amen, amen dico vobis : quaeritis me, non quia vidislis signa, sed quiamanducastis ex panibus et saturati estis. i>

> St. Jean, ch. ix, vers. 16 : « Dicebant ei^o ex Pharisaeis quidam : Non est hic homo a Deo, qui sabbatum non custodit. Alii autem dicebant : Quomodo potest homo peccator haRC signa facere? Et schisma erat inter eos .

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que les cinq proposilions soient dans Jansénius. Les autres : Cette maison est de Dieu ; car il y fait d'étranges miracles. Lequel est le plus clair?

* Tu quid dieiê? Dicoquià propheta est^. Nisi esset hic a Deoy non poUrat faeere quidquam ^.

249 XVIIl. Jésus-Christ a vérifié qu*il était le Messie, ja- 459 mais en vérifiant sa doctrine sur rÉcriture et les prophéties, et toujours par ses miracles.

— * 11 prouve qu'il remet les péchés, par un miracle.

— * Ne vous éjouissez point de vos miracles, dit J.-C, mais de ce que vos noms sont écrits aux cieux.

— * S'ils ne croient point Moïse, ils ne croiront pas.

— Nicodème reconnaît par ses miracles (deJ.-C.) ~ que sa doctrine est de Dieu : Scimus quia Déo venùti,

magister; nemo enim potest hœc signa faeere quœ tu facis, nisi fuerit Deus cum eo^. Il ne juge pas des miracles par la doctrine, mais de la doctrine par les miracles *.

— Les Juifs avaient une doctrine de Dieu, comme nous en avons une de Jésus-Christ, et coufirmée par mi-

' St. Jean, chap. ix, versel17 : « Dicunt ergo csecoitenini : Tu (}im(J dicis de illo qui aperuit oculos luos? Ille antem dixit : Quia propheta est. »

' Même chap., vers. 53.

' St. Jean, 3, 2.

* Les anciennes éditions intercalent ici le paragraphe suivant qai ne se trouve ni dans le MS., ni dans la Copie :

c Ainsi, quand même la doctrine serait suspecte, comme ceik «le Jésus-Glirist pouvait Tètre à Nicodème, à cause qu^elle semblait détrinre les traditions des pharisiens , sMI y a des miracles clairs et évidents du même c6té, il faut que Tévidence du miracle l'emporte sur ee qu'il pourrait y avoir de difficulté de la part de la doctrine : ce

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racles ; et défense de croire à tous faiseurs de miracles et de plus ordre de recourir aux grands-prétres , et de s'en tenir à eux. Et ainsi toutes les raisons que nous avons pour refuser de croire les faiseurs de miracles, ils les avaient à Tégard de leurs prophètes.

Et cependant ils étaient très-coupables de refuser les prophètes à cause de leurs miracles, et J.-C. ; et n'eussent pas été coupables s'ils n'eussent point vu les miracles : Nisi fecissem^ peccatum non haberent '.

* Donc toute la créance est sur les miracles.

— * La prophétie n'est point appelée miracle, comme St. Jean parle du premier miracle en Cana et puis de ce (jue J.-C. dit à la Samaritaine qui découvre toute sa vie cachée; et puis guérit le (ils d'un sergent; et St. Jean appelle cela le deuxième signe *.

2*7 XIX. S'il n'y avait point de faux miracles, il y aurait 4it> certitude.

S'il n'y avait point de règle pour les discerner, les miracles seraient inutiles, et il n'y aurait pas de raison de croire.

* Or, n'y a pas humainement de certitude humaine, mais raison.

— Les Juifs qui ont été appelés à dompter les nations

qui est fondé sur ce principe immobile, que Dieu ne peut induire en erreur. »

' St. Jean, 45, 24: « Siop«*a non fecissem ineis qwe nemo alius fecit, peccatum non haberent. i» — « Si je n*avais fait parmi eux des œuvres que jamais aucun autre n'a faites, ils n*auraient point de péclié. »

» St. Jean, 4, 54.

et les rois, ont été esclaves du péché ; et les chrétiens, dont la vocation a été à servir et à être sujets, sont les enfants libres.

— * Jug. 15, 23. Si le Seigneur nous eut voulu faire mourir, il ne nous eut pas montré toutes ces choses.

— * EzéchicLS, Senncœkerib.

— * Jérémie Hananias, faux prophète, meurt le 7* mois.

— * 2. lHach. 3. Le temple prêt à piller secouru miraculeusement.

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