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DES LIVRES SAINTS ET DES PRÊTRES

rieurs aux philosophes. Ils ont tous vécu plas heureux, plus utiles, plus exemplaires.

Les prêtres sont les vrais philosophes, quoiqu'ils en rejettent le nom; les vrais amis de la sagesse, de l'ordre public et secret.

De bons prêtres sont les meilleurs amis que nous puissions avoir, et les meilleurs guides qui puissent nous conduire dans le chemin de la vertu et dans les sentiers delà perfection ; eux seuls connaissent ou du moins eux seuls prescrivent ces derniers. Ils ont ordinairement des affections conformes à leurs doctrines, et, dansleurs doctrines, une sagesse supérieure à eux et à nous.

Pourquoi un mauvais prédicateur même est-il écouté avec plaisir par ceux qui sont pieux ? C'est qu'il leur parle de ce qu'ils aiment. Mais vous qui expliquez la religion aux hommes de ce siècle, et leur parlez de ce qu'ils ont aimé peut-être, ou de ce qu'ils voudraient aimer, songez qu'ils ne l'aiment pas encore, et, pour le ieur faire aimer, ayez soin de bien parler,

Vous aurez beau l'aire, les hommes ne croient que Dieu, et celui-là seul les persuade qui croit que Dieu lui 1 parlé. Nul ne donne la foi, s'il n'a la foi. Les persuadés persuadent, comme les indulgents désarment,

Ainsi que le médecin fait souvent la médecine avec 5on tempérament, et le moraliste la morale avec son 3aractère, le théologien fait souvent la théologie ^vec >on humeur.

C'est leur confiance en eux-mêmes, et la foi secrète qu'ils ont de leur infaillibilité personnelle, qui déplaisent dans quelques théologiens. On pourrait leur dire : Ne doutez jamais de votre doctrine, mais doutez quelquefois de vos démonstrations. La modestie sied bien à la dignité; elle sied à la majesté même. Il faut porter la défiance de soi jusque dans l'exposition des vérités les plus sacrées et les plus indubitables.

C'est le sacerdoce, c'est-à-dire un état où il y avait beaucoup de méditations et de loisirs, qui donna à la littérature hébraïque son existence et sa perfection

Sans les allusions à la Bible, il n'y aurait plus, dans les bons livres écrits en notre langue, rien de familier, de naïf, de populaire. i

cxxv. '

La sainte Ecriture est aisée à traduire dans toutes les langues, parce qu'on n'a besoin, pour y parvenir, que de mots communs, populaires, nécessaires, et qui, par conséquent, se trouvent partout,

Pour traduire la Bible, il faudrait des paroles spacieuses ; des constructions où rien ne fût ni trop bien joint, ni trop poli; des mots et des phrases qui eussent un air de vétusté.

cxxv II.

La Bible est aux religions ce que l'Iliade est à la poésie.

cxxv m.

Il faut tout le loisir du désœuvrement, du temps à perdre et de l'étude, pour goûter les beautés d'Homère,

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