XXIX
La lenteur de l'âge rend l'acile la patience dans 1« travail.
Avec l'âge, il se fait comme une exfoliation dans la partie morale et intellectuelle du cerveau; l'esprit se décrépit; les notions et les opinions se détachent, comme par couches, de la substance médullaire; et les premières impressions, qui y sont plus intimement unies, revivent et reparaissent, à mesure que les autres s'en séparent et les y laissent à découvert.
On peut avancer longtemps dans la vie sans y vieillir. Le progrès, dans l'âge mur, consiste à revenir sur ses pas, et à voir où l'on fut trompé. Le désabusement, dans la vieillesse est une grande découverte.
Ce surcroît de vie que nous appelons la vieillesse aurait toujours beaucoup de prix, quand même il ne nous serait donné que pour nous repentir et devenir meilleurs, sinon plus habiles.
La vieillesse est le temps où la chrysalide entre dans l'assoupissement.
L'âge a ses glaçons; ils se sentent sur les genoux, sur les coudes, sur tous nos nœuds; ils vont au cœur, mais ils n'y arrivent qu'à la fin.