‹ PenséesChapitre 32 sur 91 · DE I.\ POLITESSE ET DES MANIÈRES · texte numérisé non relu

DE I.\ POLITESSE ET DES MANIÈRES

les inconnus, elle est une partie de la politesse ou de la vraie civilité.

La politesse est la fleur de l'humanité. Qui n'est ])as assez poli n'est pas assez humain, Rendez le pauvre vertueux et poli, afin qu'il soit également agréable aux yeux des hommes et aux yeux de Dieu.

La politesse est une sorte d'émoussoir qui enveloppe les aspérités de notre caractère, et empêche que les autres n'en soient blessés. Il n'est jamais permis de s'en dépouiller, même pour lutter contre les gens grossiers.

Il y a de la bonne grâce et une sorte d'urbanité à commencer avec les hommes par l'estime et la confiance. Cela prouve, en elTet, tout au moins, qu'on a longtemps vécu en bonne compagnie, avec les autres et avec soi-même.

La politesse est à la bonté ce que les paroles sont à la pensée. Elle n'agit pas seulement sur les manières, mais sur l'esprit et sur le cœur; elle rend modérés et doux tous les sentiments, toutes les opinions et toutes les paroles.

La civilité est une partie de l'honnête.

La familiarité plaît, même sans bonté; avec la bouté, elle enchante.

Le naturel qui s'expose à la risée, sans la prévoir,

<1i- TITRE VIII.

c'est le naïf; s'il la prévoit, sans la craindre, c'est la franchise. Ceux qui ont su conserver enUer leur propre naturel sont toujours charn'iés de celui des autres , quand même il serait opposé au leur.

Toute naïveté court le risque d'un ridicule, et n'en mérite aucun, car il y a, dans toute naïveté, confiance sans réflexion et témoignage d'innocence.

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