DE L\ CRÉATION
mais un peloton substantiel, contenant un tout inépuisable, qui se dévide à chaque instant, en demeurant toujours entier. Pour créer le monde, un grain de matière a suffi ; car tout ce que nous voyons, cette masse qui nous effraye, n'est rien qu'un grain que l'Éternel a créé et mis en œuvre. Par sa ductilité, par lés creux qu'il enferme et l'art de l'ouvrier, il offre, dans les décorations qui en sont sorties, une sorte d'immensité. Tout nous paraît plein, tout est vide, ou, pour mieux dire, tout est creux. Les éléments eux-mêmes sont creux ; Dieu seul est plein. Mais ce grain de matière, où était-il? Il était dans le sein de Dieu , comme il y est présentement.
« Rien ne se fait de rien, » disent-ils; mais la souveraine puissance de Dieu n'est pas rien ; elleestla source de la matière aussi bien que celle de l'esprit.
Le monde est monde parla forme ; par le fond il n'est qu'un atome. En retirant son souffle à lui, le Créateur pourrait en désenfler le volume et le détruire aisément. L'univers, dans cette hypothèse, n'aurait ni débris ni ruines ; il deviendrait ce qu'il était avant le temps, un grain de métal aplati , un atome dans le vide , bien moins encore, un néant.
En mettant sans cesse la matière devant nos yeux, on nous empêche de la voir. Vainement on vante l'ouvrier en nous étalant les merveilles de son ouvrage; la masse offusque, l'objet distrait, et le but, sans cesse indiqué, est sans cesse impossible à voir.
Dieu multiplie l'intelligence , qui se communique