DE LA PIÉTÉ, DE LA RELIGIO.X , DES LIVRES SAINTS ET DES PRÊTRES
Dieu est tellement grand et tellement vaste, que, poui le comprendre, il faut le diviser
Dans cette opération d'imaginer Dieu, le premiei moyen est la figure humaine , le dernier terme la lumière, et, dans la lumière, la splendeur. Je ne sais sî l'imagination peut aller plus loin; mais l'esprit pour suit quand elle s'arrête; l'étendue se présente à lui, la
toute-puissance, l'infinité Cercle ravissant à décrirt
et qui recommence toujours. On le quitte, on le re prend; on s'y plonge, on en sort. Qu'importe que tout le monde l'achève? Notre devoir, notre bonheur sont d'y tenir et non de le tracer.
On connaît Dieu par la piété, seule modification de notre âme par laquelle il soit mis à notre portée et puisse se montrer à nous.
Nous croyons toujours que Dieu est semblable k
nous-mêmes : les indulgents l'annoncent indulgent; les haineux le prêchent terrible.
Tout ce qui est très-spirituel, et où l'âme a vraiment part, ramène à Dieu, à la piété. L'âme ne peut se mouvoir, s'éveiller, ouvrir les yeux, sans sentir Dieu. On sent Dieu avec l'âme, comme on sent l'air avec le corps.
Oserai -je le dire ? On connaît Dieu facilement, pourvu qu'on ne se contraigne pas à le définir
On ne comprend la terre que lorsqu'on a connu le ciel. Sans le monde religieux, le monde sensible offre une énigme désolante.
Tout ce qui présente à l'homme un spectacle dont il ne peut déterminer ni la cause ni les bornes, le conduit à l'idée de Dieu, c'est-à-dire de celui qui est infini.
Le Dieu de la métaphysique n est qu'une idée , mais le Dieu des religions, le Créateur du ciel et de la terre, le Juge souverain des actions et des pensées, est une force.
L'univers obéit à Dieu , comme le corps obéit à l'âme qui le remplit.
Le monde a été fait comme la toile de l'ara» i;née '. Dieu l'a tiré de son sein, et sa volonté l'a filé, l'a déroulé et l'a tendu. Ce que nous nommons le néant est sa plénitude invisible ; sa puissance est un peloton,