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DES MŒURS PUBLIQUES ET PRIVÉES

Les mœurs se composent de coutumes et d'habitudes. Les coutumes font les mœurs publiques, et les habitudes les mœurs individuelles. Si les mœurs publiques sont bonnes, les mœurs individuelles comptent pour peu, parce que la diffamation, qui les punit, en arrête les inconvénients. Mais, quand les mœurs publiques sont mauvaises, les bonnes mœurs particulières acquièrent une importance extrême. Elles en deviennent la censure, et quelquefois le correctif. Elles sauvent les principes par une sorte de protestation contre le siècle; elles conservent le feu sacré, et le transmettent, comme un dépôt, à la génération qui suit.

Les mœurs publiques sont un chemin que les successeurs trouvent frayé dans la course de la vie. Où il n'y a pas de mœurs, il n'y a pas de chemin; chacun alors est obligé de frayer le sien, et, au lieu d'arriver, il s'épuise à chercher la route

L'erreur principale ou la principale faute de la morale, comme doctrine veillant sur les institutions et les habitudes de la société, consiste à laisser subsister comme innocent ce qui est funeste aux mœurs publiques

Les mœurs poétiques conviennent à l'individu isolé, les mœurs patriarcales à la famille, les mœurs graves à l'homme public, et les mœurs saintes au prêtre, au vieillard, au malade et au chrétien. Les mœurs poétiques sont celles de l'âge d'or, les mœurs patriarcales celles de la Bible, les mœurs graves ou austères celles de l'histoire, les mœurs saintes ou religieuses celles des légendes. Si donc nous voulons connaître tout ce qui est digne d'être imité, il faut faire des légendes une partie de nos études et de nos observations. Les merveilles de la vie des saints ne sont pas leurs miracles, mais leurs mœurs. Ne croyez pas à leurs miracles, si vous le voulez, mais croyez du moins à leurs mœurs, car rien n'est mieux attesté.

Il y a des mœurs et des coutumes attachées à la nature humaine, et qui se trouveront toujours partcut. On dit de tel usage qu'il est grec, romain ou barbare ; moi, je dis qu'il est humain, et que les hommes s'en avisent et l'inventent partout où ils en ont besoin.

Le genre humain est, dans sa masse, une chose mobile qui cherche à se mettre de niveau.

11 s'agit, en histoire, d'apprécier les hommes ; en politique, de pourvoir aux besoins de l'âme et du

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