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DES MŒURS PUBLIQUES ET PRIVÉES

corps; en morale, de se perfectionner; en littérature, de réjouir et d'embellir son esprit par les clartés, les tîgures et les couleurs de la parole; en religion, d'aimer le ciel; en toutes choses, de connaître ev d'améliorer toutes choses en soi. Cherchoz donc dans l'histoire des hommes ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas ; dans la politique ce qui est utile et ce qui ne l'est pas; dans la morale, ce qui est juste et ce qui ne l'est pas ; dans la littérature, ce qui est beau et ce qui ne l'est pas ; dans les matières religieuses, ce qui est pieux et ce qui ne l'est pas : en toutes choses enfin, ce qui rend meilleur ou ce qui rend pire.

Les temps sont pour nous comme les lieux; nous vivons dans les uns comme dans les autres; nous en sommes environnés; ils nous touchent , nous emboîtent , et font toujours sur nous quelque impression. Des lieux malsains et des temps corrompus nous infectent de leur contagion.

Il faut être caillou dans le torrent, garder ses veines, et rouler sans être ni dissous, ni dissolvant.

Nous sommes tous plus ou moins échos, et nous répétons, malgré nous, les vertus, les défauts, les mouvements et le caractère de ceux avec qui nous vivons.

L'exemple descend et ne monte pas.

Nous avons reçu le monde comme un héritage qu'il n'est permis à aucun de nous de détériorer , mais que chaque génération au contraire est obligée de laisser meilleur à la postérité.

188 TiTRi: XVI.

Peu d'hommes sont dignes de l'expérience. La plupart s'en laissent corrompre.

Demander la nature humaino infaillible, incorruptible, c'est demander du vent qui n'ait point de mobilité

Attacher ses pensées à des événements passagers, qui les emportent avec eux, c'est graver sur le sable, écrire sur les ondes, et bâtir sur l'aile des vents

Les véritables opinions et les véritables sentiments des hommes se forment lentement , de quelque chose d'habituel, et non pas de quelque chose de subit. La contrainte, ou, pour mieux dire, la retenue, est trèspropre à les rendre plus sincères, plus vives, plus complètes et plus durables.

L'expérience de beaucoup d'opinions donne à l'esprit beaucoup de llexibilité, et l'attermit dans celles qu'il croit les meilleures.

Dans l'embarras de savoir quelle est l'opinion la plus vraie, il faut choisir la plus honnête.

Il y a des opinions qui viennent du cœur, et quiconque n'a aucune opinion fixe n'a pas de sentiments"] constants.

N'ayons que les opinions compatibles avec d'excellents sentiments. Le sentiment est juge en bonne logique, même dai>s les choses intellectuelles.

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