ÉTAT PERDU
« C'est bien mal fait, disait M..., d'avoir laisse
tomber le cocuage, c'est-à-dire de s'être arrangé pour que ce ne soit plus rien. Autrefois, c'était un état dans le monde, comme de nos jours celui de jouer. A présent, ce n'est plus rien du tout. »
l'étoile de m. de choisell.
Le duc de Ghoiseul, à qui l'on parlait de son étoile, que l'on regardait comme sans exemple, répondit : « Elle l'est pour le mal autant que pour le bien. — Gomment? — Le voici : j'ai toujours très-bien traité les filles : il y en a une que je néglige; elle devient reine de France, ou à peu près. J'ai traité à merveille tous les inspecteurs ; je leur ai prodigué l'or et les honneurs : il y en a un extrêmement méprisé que je traite légèrement ; il devient ministre de la guerre; c'est M. de Monteynard. Les ambassadeurs, on sait ce que j'ai fait pour eux sans exception, hormis un seul : mais il y en a un qui a le travail lent et lourd, que tous les autres méprisent, qu'ils ne veulent plus voir à cause d'un ridicule mariage : c'est M. de Yergennes; et il devient ministre des affaires étrangères. Convenez que j'ai des raisons de dire que mon étoile est aussi extraordinaire en mal qu'en bien. »