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LE DUC DE LALZIN ET M. DE GALONNE

Le duc de Lauzun disait : « J'ai souvent de vives disputes avec M. de Galonné; mais, comme ni l'un ni l'autre nous n'avons de caractère, c'est à qui se dépêchera de céder; et celui de nous deux qui trouve la plus jolie tournure pour battre en retraite est celui qui se retire le premier. »

LE CARDINAL AQIAVIVA.

Pendant la guerre de 1745, l'empereur François P»" ayant été couronné à Francfort , une partie du peuple, vouée à la faction autrichienne, s'avisa d'aller sous les fenêtres des ambassadeurs de France et d'Espagne, alors ennemies de l'Autriche, témoignant sa joie par des cris de Vive V empereur! L'ambassadeur de France jeta de l'argent à cette populace, qui cria : Vive la France ! et se retira. Mais il en fut autrement devant le palais du cardina Aquaviva, protecteur d'Espagne. Celui-ci, se croyant bravé, ouvre sa fenêtre , et vingt coups de fusil, partis à Ja fois, jettent à terre autant de morts ou de blessés. Le peuple veut incendier le palais, et y brûler Aquaviva. Mais celui-ci s'était assuré de plus de mille braves dont il couvrit la place. Quatre pièces de canon, chargées à cartouches, en imposent au peuple. Qui croirait que le pape, avec l'autorité absolue et un corps de troupes, n'ait jamais songé à faire au peuple quelque justice du cardinal ? Yoilà de terribles effets de la prepotenza. Ce n'est pas tout : ce cardinal Aquaviva eut, dans les derniers jours de sa vie, tant de remords de ses violences, qu'il voulut en faire publiquement amende honorable ; on en a fait à moins; mais

le sacré-collége ne voulut jamais le permettre, pour l'honneur de la pourpre. Ainsi, dans la capitale du monde chrétien, l'expression du remords, cette vertu du pécheur, et sa seule ressource, fut interdite à un prêtre trop peu châtié par ses remords; et ce triomphe de l'orgueil sur une religion d'humilité fut l'ouvrage de ceux qui se portent pour successeurs de ses premiers apôtres. La religion durera sans doute, mais h\ jifepotenza ne peut pas durer.

liELLE LEÇON A LM OLELU.

M. de..., fort adonné au jeu, perdit en un seul coup de dés son revenu d'une année; c'était mille écus. Il les envoya demander à M..., son ami, qui connaissait sa passion pour le jeu, et qui voulait l'en guérir. Il lui envoya la lettre de change suivante : « Je prie M..., banquier, dc^ donner à M... ce qu'il lui demandera, à la concurrence de ma fortune. » Cette leçon terrible et généreuse produisit son effet.

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