BELLE LEÇON ET BELLE FÊTE DONNÉES PAR UN ANGLAIS
Un ambassadeur anglais à Naples avait donné une fête charmante, mais qui n'avait pas coûte bien cher. On le sut, et on partit de là pour dénigrer sa fête, qui avait d'abord beaucoup réussi. Il s'en vengea en véritable Anglais, et en homme à qui les guinées ne coûtaient pas grand'chose. Il annonça une autre fête. On crut que c'était pour prendre sa revanche, et que la fête serait superbe. On accourt; grande afîluence. Point d'apprêts. Enfin, on apporte un réchaud à l'esprit-de-vin. On s'attendait à quelque miracle. « Messieurs, dit-il, ce sont les dépenses, et non l'agrément d'une fête que vous cherchez : regardez bien ( et il entrouvre son habit dont il montre la dou-
blure), c'est un tableau du Dominicain qui vaut cinq mille guinées ; mais ce n'est pas tout : voyez ces dix billets, ils sont de mille guinées chacun, payables à vue sur la banque d'Amsterdam. » Il en fait un rouleau, et les met sur le réchaud allumé. « Je ne doute pas, Messieurs, que cette fête ne vous satisfasse, et que vous ne vous retiriez tous contents de moi. Adieu ! messieurs, la fête est finie. »