DIDEROT CONCILIATEUR
Diderot était lié avec un mauvais sujet qui, par je ne sais quelle mauvaise action récente, venait de perdre
l'amitié d'un oncle, riche chanoine, qui voulait le privor de sa succession. Diderot va voir l'oncle, prend un air grave et philosophique, prêche en faveur du neveu, et essaye de remuer la passion et de prendre le ton pathétique. L'oncle prend la parole, et lui conte deux ou trois indignités de son neveu. « Il a fait pis que tout cela, reprend Diderot. — Et quoi? dit l'oncle. — Il a voulu vous assassiner un jour dans la sacristie, au sortir de vot-e messe; et c'est l'arrivée de deux ou trois personnes qui l'en a empêché. — Cela n'est pas vrai, s'écria l'oncle; c'est une calomnie. — Soit, dit Diderot; mais, quand cela serait vrai, il faudrait encore pardonner à la vérité de son repentir, à sa position et aux malheurs qui l'attendent si vous l'abandonnez. »