C.70 ralliant tout à lui; le parti meurt, pai
cequ'il est de son essence de ne pas vouloir de recrues; le parti vit de vengeance , et le gouvernement de clémence.
L'orgueil aveugle les gouvernements comme les hommes; ils s'enivrent des faveurs de la fortune, et l'abus qu'ils en font cause leur ruine.
Le pouvoir d'un gouvernement se centuple lorsqu'il s'appuie sur le vœu national.
L'expérience prouve que la démocratie, faible dans la paix^se fortifie par la guerre; qu'en combattant l'esprit d'égalité on le porte au fanatisme, et que, «ù
(72) son expansion est à craindre, la gloire des armes est peut-être son moyen de propagation le plus brillant et le plus dangereux.
Quel est le degré d'obéissance qu'on doit au gouvernement lorsqu'il est injuste? c'est une des questions délicates qui, dès qu'on y touche, ébranlent l'autorité des princes et le repos des peuples.
c ex XVI.
Presque tous les gouvernements ont plus de routine que de plan; on les détruit plutôt en changeant les coutumes qu'en modifiant les lois.
ccxxvu.
J.cs discordes civiles ne sont que les maladies des empires; mais l'interven-
(73) tion des étrangers cause leur mort et leur deshonneur.
ce XXVI II.
Le génie fonde les empires; l'esprit public les conserve; l'égoïsme les détruit.
Les empires tombent comme les hommes, pareequ'ils veulent aller trop loin et trop vite.
La vertu publique est le seul esprit de vie des états.
L'état est perdu dès que les grandes agitations politiques ont pour objet non les opinions, mais les hommes, et que
(74) l'intérêt public n'y sert que de masque à l'intérêt privé.
La ruine d'un état est prochaine et infaillible, dès que les hommes se montrent plus forts que les lois, et que les armées disposent du pouvoir par la violence.