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L'autorité se trouve toujours entre deux écueils: le mépris qu'inspire la faiblesse, et la haine qu'excite l'arbitraire.
L'autoi'ité n'existe plus dès qu'elle a rendu l'obéissance honteuse et la révolte honorable.
L'autorité qu'on méprise est bientôt bravée.
ceci.
Toute autorité abuse de ses avantages.
Le \rai secret d'affermir son autorité, c'est de la fortifier par l'amour.
Toute autorité contestée et mécontente de ses limites cherche à obtenir par la crainte ce qu'elle ne peut obtenir par la loi.
Le pouvoir est ombrageux par sa nature, comme la liberté est méfiante par
»on essence.
Pour maintenir Le respect du pouvoir absolu, il faut qu'il brille de l'éclat de la victoire; et la gloire militaire est i % qui fail le plus d'illusions sur la perte de la liberté.
Une nation qui cède le pouvoir ab-
(97) solu à un homme lui donne le droit de tout oser, et s'impose la nécessité de tout souffrir.
Un pouvoir qui s'élève en s'isolant devient d'autant plus fragile qu'il est plus haut, qu'il se prive de solidité en se privant de base, et qu'aucune force ne peut s'appuyer que sur ce qui résiste.
Un pouvoir engagé dans la route sanglante de l'injustice ressent la crainte qu'il inspire, éprouve la haine qu'il excite: c'est une pente funeste et glissante où l'on ne peut ni s'arrêter ni reculer.
Il n'est qu'un pas de la faiblesse à la
(98) cruauté; on abuse d'autant plus du pouvoir qu'on est incapable de l'exercer.
Tout pouvoir qui prend, au lieu de loi . La force pour appui, est à la tin renverse par elle.
La peur, aveu involontaire quinaitdu sentiment d'une grande faute, accompagne nécessairement toute domination établie contre 1 opinion publique par une force étrangère.
L'opposition déplaît à toute volonté, à toute puissance; et cependant cette volonté, cette puissance, en ont toujours besoin: c'est i !! qui fait leur vraie force, le charme de leurs jouissances; sans elle
(99) tout languirait, rien n'existerait même dans ce monde: tout dans la nature vit par contrainte et par opposition.
En politique, comme en architecture, la symétrie est indispensable : sans parler d'hiérarchie héréditaire, il faut différents étages pour bâtir; et, en toute construction, égaliser c'est démolir.
Les manifestes sont les voiles de la politique.
On devinerait presque toutes les énigmes de la politique, si l'on voulait, d'abord bien étudier les bonnes ou mauvaises qualités de ceux qui la dirigent; car les passions et les faiblesses des gou~
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vernants influent toujours plus sur le»
événements que l'intérêt des gouvernés.
-Malheureusement la morale est presque toujours exclue de la politique, et les états se croient plus dispensés que les particuliers de garder leur foi.
Tout le monde aujourd'hui s'occupe de politique : pour elle la jeunesse oublie ses plaisirs, la vieillesse ses chagrins, les femmes leur ménage, les prêtres leur bréviaire, les marchands leur négoce, les médecins leurs malades.