CCCXXIII
A la guerre la fortune se range presque toujours du côté de ceux qui la méprisent.
Tel est le malheur des guerres d'opipinions, soit politiques, soit religieuses : chacun, voyant la vertu de son côté et le crime dans le camp ennemi, croit tous les moyens légitimes pour arriver à son but, et enfreint sans scrupule les règles de la morale et de la justice.
On n'est opprimé que parcequ'on est
(io3) lâche; la tyrannie ne reste puissante que parcequ'on lui obéit ; et pour qu'un peuple soit libre, il lui suffit de le vouloir.
L'arbitraire donne de l'aliment au feu du fanatisme politique, qui ne succombe jamais plus promptement que sous l'autorité d'une force légale et d'une impartiale justice.
cccxxvn.
L'arbitraire, accroissant le nombre des mécontents, augmente par là même et nécessairement l'espoir et les moyens de succès des factions.