‹ Pensées, maximes, reflexionsChapitre 30 sur 76 · CCCXXVIII · texte numérisé non relu

CCCXXVIII

Un allié trop puissant devient souvent plus redoutable qu'un ennemi.

Un allié puissant e.^t un maître.

L'arme la plus dangereuse de la tyrannie est l'accusation pour crime de lèse-majesté, qu'on ne peut jamais définir avec précision, et qui, dans tous les temps, servit de prétexte pour condamner l'innocence , pour effrayer le courage, pour dépouiller l'opulence , pour opprimer la liberté.

Presque toutes les fautes reprochées à la tyrannie peuvent être attribuées <i la servilité des victimes qui la flattent tant qu'elle les épargne, et qui ne l'accusent que lorsqu'elles en sont frappées.

(io5)

cccxxxn.

La tyrannie a toujours besoin des armes, puisque la force lui tient lieu de droit, et que sa main de justice n'est qu'une main de fer.

cccxxxui.

La tyrannie la plus violente sent tonjours la nécessité de voiler ses noirs desseins sous des formes légales.

c ce xxx IV.

La pire des tyrannies est celle qui opprime la pensée.

La tyrannie ne s'aperçoit de ses erreurs qu'au moment où elle sent le besoin de l'esprit public qu'elle a détruit.

(io6)

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