CCCC VI
On régne par le caractère, et non par l'esprit.
cccc VII,
Si le succès accroît rapidement les révoltes, le plus léger échec les éteint.
cccc VIII.
Un des plus grands malheurs des dissensions civiles, c'est de dégrader quelquefois les plus nobles caractères.
Dans les troubles civils la fortune est toujours pour celui qui frappe contre celui qui parle.
Dans les troubles publics un petit
(i26) nombre de méchants et de factieux profitent avec audace, pour dominer, de l'inaction des gens de bien et de leur amour pour le repos.
Chacun, dans un moment de trouble , veut profiter de l'inquiétude publique pour perdre ses ennemis.
ccccx II.
Si les victoires terminent les révolutions , la clémence seule peut les empêcher de se renouveler; et l'on n'en détruit le souvenir qu'en les oubliant soimême.
ccccx III.
Les grandes révolutions, que le vulgaire attribue au génie de certains hommes, sont le fruit des siècles, l'œuvre
des circonstances ; et les hommes qui passent pour en être les auteurs ne font autre chose qu'en sonner l'heure, déjà marquée par le temps.
ccccxi v.
C'est par la violence qu'on fait les révolutions; on ne les termine que par la modération.
ce ce xv.
Ceux qui commencent les révolutions ne les finissent jamais; et l'on a perdu le droit et le moyen de réprimer les factions lorsqu'on a été factieux.
Les révolutions sont les fruits amers du souvenir des droits violés, de l'orgueil humilié, des intérêts blessés.
ce ce X V I I.
Plus le nombre des hommes qui entrent dans une conspiration s'accroît, plus il est difficile qu'elle reste long-temps cache'e;tout ce qui ajoute à sa force augmente en même temps son danger.
ce ccx v 1 1 1.
Dans tous les temps les mêmes passions produisent les mêmes effets : on a vu et l'on verra toujours l'esprit de parti créer des conspirations pour se donner le droit et le mérite de les punir.
ccccx IX.
Le plus sûr moyen de priver de complices ceux qui veulent conspirer, c'est de diminuer le nombre des mécontents par des actes de justice et de bonne foi.