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PENSÉES DIVERSES

Quand la cupidité lutte contre la vertu, son succès est rarement douteux.

Rien n'est plus rare et plus glorieux que de se faire aimer de ceux qu'on a vaincus.

Les âmes héroïques connaissent seule* les touchants égards pour les vaincus.

On doit désirer la liberté sans licence, la religion sans fanatisme, 1» croyance

sans superstition, la philosophie sans athéisme, l'égalité politique sans saturnales, la monarchie sans despotisme, l'obéissance sans servitude, la paix sans faiblesse , et le repos sans apathie.

Les hommes vulgaires se laissent endormir par l'encens et par les hommages; les hommes de génie en profitent sans s'y fier.

■ *■ Si la vie est un bien, la mort est son

fruit; si la vie est un mal, la mort est son terme.

Aimer est un bonheur, haïr est un tourment; l'amour est la loi du ciel, la haine celle de l'enfer.

Le vice et le crime sont bien près de leur triomphe, lorsqu'ils obtiennent l'éloignement de la vertu et l'exil de la vérité.

C'est lorsque l'homme gémit sur la terre qu'il tourne ses regards vers le ciel.

On descend facilement dé la vertu -au '-vv' vice et de la liberté à la servitude; mais

c est une pente qu on ne remonte pas.

Un monument, dressé par un fugitif, n'est qu'un trophée de plus pour ses ennemis.

Il (r-t des circonstam es i ritiqu.es donf la fermeté et la bonne foi peuvent!

- triompher, mais où la faibli ii La fausseté succombent toujours.

Cous les hommes entendent la voix >\i >s passions; très peu sont susceptibles d'e'couter celle de la politique et de la

raison.

Beaucoup d'hommes <l état forment de vastes plans, et peu savent les exe'cuter.

Révolution? sanglantes, secousses tan-

tôt rétrogrades et tantôt progressives , tels sont les effets inévitables des vieci de l'humanité.

L'arbitraire et la liberté, le ealme et le mécontentement, un repos fixe et une législation provisoire, sont les choses les plus incompatibles.

En tout temps, en tout lieu, les grandes vertus, les grands crimes, sont rares; la faiblesse et la médiocrité sont communes : peu d'hommes vont jusqu'à l'extrême du bien et du mal; la foule est dans le milieu.

Il n'y a rien de moins cbmprimabh au monde que l'opinion pt la pensée

Les hommes les plus présomptueux avant le péril sont les plus lâches après un échec.

L'homme est toujours pauvre en pensant à ce qui est au-dessus de lui, et riche en se comparant à ce qui est audessous.

Il vaut mieux avoir fait en peu de temps beaucoup de bien que de courir le risque de faire beaucoup de mal longtemps.

La vanité est incrédule, et la raison est prophétique

l'image d'un appartement bien rangé et bien garni, ressemble à un garde-meublé oii se trouvent entasses pêle-mêle le vieux et le neuf, les objets précieux et ceux de rebut; de sorte que la plupart des hommes feraient peut-être un bon marché en oubliant ce qu'ils ont appris, pour apprendre ce qu'ils De savent pas.

Les hommes libres aiment leurs chefs, les esclaves adorent leurs maîtres.

11 n'y a d'utile que ce qui est honnête ; on n'est véritablement grand que par la justice, et complètement heureux que par la vertu.

L'arche de Noé ressemblait à une infinité d'autres bâtiments; on y trouvait beaucoup de bêtes et bien peu d'hommes.

La vertu seule est courageuse, tandis que le crime est bas dans le malheur et insolent dans la prospérité.

La' légitimité d'une cause ne peut justifier la lâcheté des moyens qu'on prend pour la servir.

Tout ce qui est conforme à l'ordre général est vertu; tout ce qui s'en écarte, tout ce qui veut y nuire est vice; et l'on pourrait établir une échelle morale par-

(i5,) raitement (jraduée, depuis la plus sublime des vertus jusqu'au plus funeste des vices.

La faveur populaire est inconstante, et la haine aristocratique est durable.

L'un des premiers devoirs pour celui qui donne est d'oublier ce qu'il a donné, et pour celui qui a reçu de s'en souvenir et de le publier.

La fortune et le temps distribuent, l'une avec caprice et l'autre avec équité, les récompenses et les châtiments.

Chaque homme ressemble à un sou-

(,52) verain qui ne voit autour de lui qu'un petit nombre de sages et une foule de courtisans : les vertus l'effraient par leur air austère , et sont bientôt écartées comme importunes ; les vices sont les flatteurs, ils mènent au malheur par la pente des plaisirs.

Dès qu'on délibère entre la liberté et

la servitude, la honte est déjà résolue, et l'on mérite d'être esclave.

Tout homme qui délibère entre le courage et la honte finit nécessairement par prendre le parti le plus lâche.

On ne peut vivre absolument étranger aux opinions, aux mœurs, aux er-

(i53) reurs de ses contemporains ; c'est asse^ pour la gloire et beaucoup pour l'humanité que de savoir dominer les hommes de son temps , mettre quelques digues au torrent qu'on suit, et modérer les passions qu'on partage.

La vaillance et la fortune suffisent pour faire des conquêtes; mais la sagesse et la justice seules peuvent soumettre les peuples conquis.

Un homme nouveau en place, qui n'a d'autre soutien que sa vertu , doit inspirer plus de confiance que ces hommes superbes qui se croient dispense's de tout mérite par l'illustration de leur race et par la richesse de leur famille.

Les âmes vraiment nobles aiment mieux devoir leurs distinctions au mérite qu'à la naissance, et leurs grades à des services qu'à des aïeux; les âmes vulgaires pensent différemment, et elles sont nombreuses : c'est ce qui rend la majorité des grands si ennemie de l'égalité.

Il est des coups hardis qui seuls peuvent électriser des âmes abattues , en les étonnant par une grande audace et en les enflammant par un grand exemple.

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