‹ Pensées, maximes, reflexionsChapitre 41 sur 76 · FRAGMENTS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS

Nota. L'astérisque indique les pensées du même auteur.

Le bonheur est une plante qui ne croît que sous la zone tempérée îles passions.

Sanial Dubay.

Le bonheur est une idée abstraite , composée de quelques sensations de plaisir.

Voltaire.

L'un des premiers moyens ou plutôt le seul d'être heureux, c'est de s'occuper du bonheur de ceux qui nous entourent.

Labouisse.

L'esprit ébauche le bonheur que la

vertu achève.

Helvétius.

Il n'y aurait pas beaucoup d'heureux, s'il appartenait a autrui de décider de

nos occupations et de nos plaisirs.

Yauveiiaigues.

Le bonheur n'«st autre chose <{ue l'intérêt dans le calme.

Dubucq.

Quand on trouve son bonheur en soimême, on fait peu d'estime de celui qui

peut venir d'ailleurs.

Oxenstiern.

La morale du sage est la voix de son cœur.

La morale est la science des mœurs.

Les amertumes sent en morale ce que les amers sont en médecine.

Il y a des gens qui se rendent impor= tans à force de moraliser.

La morale enseigne à modérer les passions, à cultiver les vertus, et à réprimer les vices.

Le principal emploi de la morale est de donner des préceptes pour régler les passions, et de détromper la raison des erreurs de l'imagination et des sens. •

* La morale apprend à connaître sa propre faiblesse, et à ne s'occuper qu'à

corriger les dérèglements de son cœur.

La Roche.

En morale , il est plus aisé de donner le mouvement que de le régler.

Malesherbes.

* La morale austère anéantit la vigueur de l'esprit, comme les enfants d'Eseulape de'truisent le corps pour de'truire un vice du sang , souvent imaginaire.

Quelques auteurs traitent la morale comme on traite la nouvelle architecture , où l'on cherche avant toutes choses

la commodité.

Vauvenargues.

La morale consiste à ne jamais faire le mal.

L'organisation nous fait vicieux ou i5.

(*74) vertueux; la morale seule nous fait honnêtes gens.

Livn*

* Le vrai point de la richesse consiste à n'être ni trop près ni trop loin de la pauvreté.

Celui-là seul jouit des richesses qui

n'a aucun besoin de richesses.

Séneque.

Heureuse la famille qui n'a pas trop de richesses, et qui ne souffre pas la pauvreté.

Thaïes.

Souffrir, vieillir et mourir, voilà le?

(•75) plus grands maux de la vie : les richesses n'apportent point de remède à tout cela ; mais par elles on tombe plus souvent malade, on vieillit souvent plus tôt, et on parvient plus vite à la mort.

Chinois.

La richesse est souvent le passe-port de l.i sottise.

Labouisse.

Peu de richesses, ménagées avec soin,

valent mieux que de grands trésors mal

employés.

Arabes.

Les richesses servent le sage et gouvernent les sots.

Les pauvres gens que la plupart des riches ! ils ne savent ni faire des heureux ni l'être eux-mêmes.

Sanial Dubay.

Les faux amis s'attachent aux riches , comme le feu aux matières combustibles jusqu'à ce qu'il les ait consumées.

Le bonheur des riches ne consiste pas dans les biens qu'ils ont, mais dans le

bien quils peuvent faire.

Fléchier.

Le riche sans libéralité est un arbre

«ans fruits.

Arabes.

Bien des gens s'accrochent aux riches , comme les ronces aux longs vêtements, qu'elles déchirent.

Sachez vous respecter vous-mêmes, et personne ne vous fera rougir.

Thcophraste.

Celui qui se respecte lui-même méprise le monde.

La réflexion augmente les forces de l'esprit, comme l'exercice augmente celles du corps.

Lévis.

Les longues réflexions sont les cautions des bons succès.

La reconnaissance est un des premiers besoins d'une belle âme.

Livry.

Souvent la reconnaissance n'est qu'une

secrète envie de recevoir de plus grands

bienfaits.

La Rochefoucauld.

La renommée de celui qui a été chéri et respecté dans le monde s'étend audelà de la dissolution du corps.

Indiens.

Il faut ne jamais s'abandonner dans ses actions, et toujours être en présence de sa renommée.

Le temps le plus mal employé est celui qu'on donne aux regrets , à moins qu'on n'en tire des leçons pour l'avenir.

Lévis.

On ne regrette les choses qu'en proportion de la manière dont on les sent.

Livry.

Il y a quelque rapport entre les médecins et les intendants: les intendants ruinent les maisons les mieux établies ,

et les me'decins ruinent les corps les

mieux constitue's ; les maisons ruinées

enrichissent les intendants, et les corps

ruiue's les médecins.

Dufresny.

On n'est jamais sûr de ceux qui se vendent.

Duclos.

Une vénalité plus funeste aux mœurs, et plus difficile à détruire que celle des charges, c'est la vénalité des cœurs.

Sanial Dubay.

Avec de l'ordre la médiocrité peut faire ce que ne peut point l'abondance qui n'a pas de règle.

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