INTRODUCTION XVII
La maladie et la wort devaienk inter rowpre ce projet d'« Apohgie de la religion chretienne » dent ks Pensees sont^ dans Fense/tMe^ des frag?nents epars. La Preface d'E. Pener a F edition de 'Port-Koyal et k recit de Filkait de la Chaise, relatent, avec quelques differences^ h plan de cette A.pologie, tel que Pascal Favaif- expose aux Solitaires entre 1657 et 1659.
Au siecle de la Confre-¥Jforwe> ks apologies du catholicisme etaient courantes^ et Descartes lui-m@me presentait sa philosophie comme une arme contre les incroyants. Sa settle origmalite etait de rejeter f amoncellement fragile des arguments traditionnels pour s*en tenir a quelques raisonnements visant une parfaite certitude. Mais Pascal ne retient pas plus I* argument ontologique que Us preiwes par rharmonie du monde. Car dans Tetat de la nature corrofflpue> I'hofflwe ne suit plus la raison qui fait son gtre, ef les demonstrations abstraites ne su/fisent plus a nous convaincre { ,
Pour acctder h PEtre supreme., an Dieu desphilosophes9 il nous faut d'abord tm }Ledempteur. Mettre Phomm en presence de sa tmsire concrete ; obliger le mondain qui se fuit lui-M$me dans le divertissement h prendre conscience de son neant, tandis que la nausee qu'il en aura lui revelera I* infinite de ses aspirations; montrer, comme Pascal I'expliquait deja a M. de Saci, que les philosopbes ne renaent pas compte de cette dualite en insistant sur la faiblesse de la raison ou en I'exaltant orgueilleusement ; trouver progressivement la cle de Uenigme^ h partir de la Genese> dans le Livre le plus riche de Fhumanite ; parvenir enfin, h I9 aide d'une serie de preuves convergentes, fondfcs sur les prophecies et les miracles, au Christ qui nous dttivre du pfoht et retablit la « grandeur de Fame
i. Cest ua trait du jans6msme de croire que le pdcihd ne d^truit pas seulement Tetat de gr^ce, mais blesse la nature mteie die Thomme.
xynr INTRODUCTION
humaim 1 » purifiee et ouverte a Dieu sensible 'au caur ; telles devaient ftre les grandes etapes de Fapologie pascalienne.
Son point de depart est immanent, puisque c'est I'homme m$me, avec « tout ce qui le pouvait jaire connattre et au dedans et au dehors de lui-meme^ etjusqu'aux plus secrets mouvements de son cmr* ». Cette psychologie profonde fera toujours finterSt des Pensees, pour ceux-m$mes qui repoussent la cowenance de la religion avec les inquietudes du cceur humain, Mais cette methode tfest pas purement subjective. Les fragments sur FEcriture, aujourd'hui depasses par les pr ogres de la critique biblique, temoignent de P objectivite des informations de Pascal*, et de son desir d'insenr la solution religieuse dans un contexts dogmatique solidement etabh.
Peut-on aller plus avant et tenter de reconstruire FApohgie projetee a I* aide des materiaux que nous pos~ sedons ? Les essats faits en ce sens> depuis Sedition de Port-Royal jusqu' a celle de /. Chevalier, tfechappentpas a Farbitraire. Si la plupart des Pensees se rapportent a FApohgie, elks rfen constituent pas cependant des passages^ mais de simples notes schematiques que Fauteur aurait utihsees a son gre*. En outre, certaines se rattachent & d'autres travaux de Pascal : indications relatives
1. Th^me degagd en gros caract^res des le Memorial du 23 nov. 1654.