‹ Pensees Precedees Des Principaux OpusclesChapitre 127 sur 226 · MATTH., I, 2 sq.; Luc, III · texte numérisé non relu

MATTH., I, 2 sq.; Luc, III

De meme qu'il donne dans la morale la charite, qui produit des fruits contre la concupiscence.

La nature a des perfections pour montrer qu'elle 90 est Timage de Dieu, et des defauts, pour montrer qu'elle n'en est que Fimage.

Dieu veut plus disposer la volonte que Tesprit. 45 La clarte parfaite servirait a Tesprit et nuirait a la volonte. Abaisser la superbe.

On se fait une idole de la verite meme; car la 85 v6dte hors de la charit6 n'est pas Dieu, et est son image et une idole, qu'il ne taut point aimer, ni adorer; et encore moins faut-il aimer ou adorer son contraire, qui est le mensonge.

Je puis bien aimer 1'obscurite totale; mais, si Dieu m'engage dans un etat a demi obscur, ce peu d'obscurite qui y est me ddplait, et, parce que je n?y vois pas le m&ite d'une entire obscurit6, il ne me plait ba$. Cest un dtfaut, et une marque que je me fais une idole de 1'obscurite, separ^e de Fordre de Dieu. Or il tie faut adorer que son ordrc.

Les malingres1 sent gens qui connaissent la 201 vdrit<f, toais qui ne la souticnnent qu'autant que leur intdrfit s'y rencontre; mais, hors de 14, ils Tabandonnent*

it, Textc 6ctit par Mtnc Pfoier ecus la dictde de Pascal, Z. Tourncur y voit la transcription de matins (*=* m6chants)j, prononc6 maUngws avec 1'acccnt auvergnat.

,fno PEN SEES / SECTION Vlil

Copic j84

253 Le monde subsistc pour exercer misericorde et jugement, non pas comme si les hommes y etaient sortant des mains de Dieu, mais comme des ennemis de Dieu, auxquels il dpnne, par grace, asses de lumiere pour revenir, s'ils le veulent chercher et le suivre, mais pour les punir, s'ils refusent dc le chercher ou de le sutvrc,

5 5 Um D'leu s*cs* vou^ wher. — S'il n'y avail qu'unc religion, Dieu y serait bien manifesto.

S'il n'y avait des martyrs qu'en notre religion, de meme,

Dieu etant ainsi cache, toute religion qui ne difr pas que Dieu est cache n'est pas veritable; ct toutc religion qui n'en rend pas la raison n'est pas instruisante. La n6trc fait tout cela : Vm fu cs Deus absconditus1.

Copic

227 S'il n?y avail point d'obscurite, Thomme no sentirait point sa corruption; s'il n'y avait point de lumiere, Thomme n'espererait point de tem&de. Ainsi, il est noti seulement juste, mais utile pour nous, que Dieu soit cache en partie, et d&ouvcrt en partie, puisqu'il est £galement dangereux a Fhomtne de connaitre Dieu sans connaittc sa misirc, et de connattrc sa misere sans connaitre Dieu.

i. Ce texte d'lsAiE (XLV? 15) souvent cite (cf. Penste 194, note) est invoqud dans k lettre i Mile de Roannez dc la fin d'octobre 1656, en faveur du catiiolicisme, seule religion qui recontiait la divinit^ du Christ jusque dans son « dernier secret », TEucharistie.

PFNSKF.S / SECTION VTTT 40 i

Cette religion si grande en miracles; saints, purs, 491 irreprochables; savants et grands, temoins; martyrs; rois (David) etablis; Tsai'e, prince du sang — si grande en science, apres avoir etale tons ses miracles et toute sa sagesse, elle reprouve tout cela, et dit qu'elle n'a ni sagesse ni signes, mais la croix et la folie i.

Car ceux qui par ces signes et cette sagesse ont merite votre creance, et qui vous ont prouve leur caractere, vous declarent que rien de tout cela ne peut nous changer, et nous rendre capables de connaitre et aimer Dieu, que la vertu de fa folie de la croix, sans sagesse ni signes ; et non point les signes sans cette vertu. Ainsi notre religion est folie, en regardant a la cause effective, et sage en regardant a la sagesse qui y prepare.

Notre religion est sage et foiled Sage, parce 461 qu'elle est la plus savante, et la plus fondee en miracles proph&ies, etc. Folle, parce que ce n'est point tout cela qui fait qu'on en est; cela fait bien condamner ceux qui n'en sent pas, mais non pas croire ceux qui en sont Ce qui les fait croire, c'est la croix, m wa~ cuata sit crux*. Et ainsi saint Paul, qui est venu en sagesse et signes, dit qu^l est venu ni en sagesse ni en signes : car il venait pour convertir. Mais ceux

2. On trouve dans la Coph (p. 253) ces mots qui ae sont peut-£tre qu'un titre pour ce fragment : ft Contrariftli. Sagesse jnfinie et tolie <le la religion* »

3. I Cor^ I, 17 : « pour qur la croix tie soil pas renduo uine, »

qui ne viennent que pour convaincre peuvent dire qu'ils viennent en sagesse et signes x.

i. I Cor.y i, 2.z : « Les Juifs demandent des signes et les Grecs de la sagesse. Nous, nous prechons le Christ crucifie, scandale pour les Juifs, folie pour les Gentils. Mais, pour les elus d'entre les Juifs et les Grecs, le Christ est la vertu m£me de Dieu, et la sagesse de Dieu. » Cf. i, it.

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