SECTION X
Les Figuratifs.
Pre&ve des deux Testaments h lafois l, — Pour prou- 45 ver tout d*un coup les deux, il ne faut que voir si les propheties de Tun sont accomplies en Tautre. Pour examiner les propheties, il faut les entendre. Car, si on croit qu'elles n'ont qu'un sens, il est sur que le Messie ne sera point venu; mais si dies ont deux sens, il est sur qu'il sera venu en Jesus-Christ.
Toute la question est done de savoir si dies ont deux sens*
Que PfLcrlture a deux sens,
Que J&us-Christ et les apotres ont donnes,
Dont voici les preuves :
i° Preuvc par rficriture memo;
2° Preuve par les Rabbins : Moisc Alaymon dit qu'elle a deux faces, et que les prophetes n'ont prophdtis^ que de J^sus-Christ.
3° Preuvc par la Cabale;
4° Preuve par ^interpretation mystique que les Rabbins m£mes donnent a rficritutc;
i. Suivant k formula de Janscnius « le Nouveau est cache dans TAncicn : TAncien estmanifcstefaar le Nouveau » ilmts. Do Gratia Cbristi Salvatoris, III, var).
5° Preuve par les principes des Rabbins, qu'il y a deux sens, qu'il 7 a deux avenements, glorieux ou abject, du Messie, selon leur merite, que les prophetes n'ont prophetise que du Messie — la loi n'est pas eternelle, mais doit changer au Messie — qu'alors on ne se souviendra plus de la mer Rouge, que les juifs et les gentils seront meles;
[6° Preuve par la cle que Jesus-Christ et les apotres nous en donnent ;]
43 A figures! — Isaie LL La mer Rouge, image dc la Redemption. Ut sciatis quod films hominis babel potes totem re wit tend* peccata, ilbl duo : Surge *.
Dieu, voulant faire paraitre qu'il pouvait former un peuple saint d'une saintete invisible ct le remplir d'une gloire eternelle, a fait des choses visiblcs. Comme la nature est UDC image de la grace, il a fait dans les biens de la nature cc qu'il devait fairc dans ceus de la gr3.ce, afin qu'on jugcat qu'il pouvait faire 1'invisible, puisqu'il faisait bicn le visible.
II a done sauve ce peuple du deluge; il Pa fait naitre d' Abraham, il Ta rachete d'cntre ses enncmis, et 1'a mis dans le repos.
L'objet de Dieu n'etait pas dc sauver du deluge, et de faire naitre tout un peuple d' Abraham, pour ne 1'introduire que dans une terre grassc.
Et meme la grace n'est que la figure dc la gloire, car die n'est pas la derni&re fin. Elle a et<5 figurcc
1. Titrc mis au verso par Pascal, manque dans Addition Brunschvicg.
2. Saint MARC, II, ion : « Afin que vous sachieis que le Ms de PHomme a le pouvoir dc rcmcttre les ptfchcs, je te dis : L6ve-toi. » Iwie, LI, 10-11 compare la puissance de Dieu qui a delivrd les H6breux des profondeurs cie la met et la redemption des rachetes du Seigneur. C£ Pens f 9 675.
par la loi et figure elle-mSme la [gloire] : mais die en est la figure et le principe ou la cause.
La vie ordinaire des hornmes est semblable a celle des saints. Us recherchent tous leur satisfaction, et ne different qu'en 1'objet ou ils la placent; ils appellent leurs ennemis ceux qui les en empechent, etc, Dieu a done montr£ le pouvoir qu'il a de donner les biens invisibles, par celui qu'il a montre qu'il avait sur les visibles.
Figures. — Dieu voulant se former un peuple 77 saint, qu'il separerait de toutes les autres nations, qu'il delivrerait de ses ennemis, qu'il mettrait dans un lieu de repos, a promis de le faire, et a predit par ses prophetes le temps et la mani&re de sa venue. Et cependant, pour affermir Tesperance de ses elus, il leur en a fait voir Timage dans tous les temps, sans les laisser jamais sans des assurances de sa puissance et de sa volontc pour leur salut. Car, dans la creation dc I'homme, Adam en etait le temoin, et le depositaire de la promesse du Sauvcur1, qui devait naitre dc la femme.
Lorsque les hommes etaient encore si prochcs de la creation, qu'ils ne pouvaicnt avoir oublie leur creation et leur chute; lorsque ceux qui avaicnt vu Adam n'ont plus etc au mondc, Dieu a cnvoyc Np6 a, et 1'a sauve, ct noye toutc la tcrre, par un miracle qui marquait assez le pouvoir qu'il avait de sauvcr le monde, et la volontc qu'il avair de le fairc, et dc faire naitre dc la semcncc dc la fcmmc Celui qu'il avait promis* Cc miracle suffisait pour affermir Tesp^tance des [
i. Cm.) JII, 15.
z( Cm., VI,