f, 26 : <( Cost une sotte prcsomption d'allcr didaignant
Quoi qu'il en soit, TEglise est sans preuves s'ils ont raison.
Montaigne contre les miracles. 449
Montaigne pout les miracles.
II n'est pas possible de croire raisonnablement 123 contre les miracles.
Incr&lules, les plus cr£dules. Us croient les *47 miracles de Vespasien, pour ne pas croire ceux de Mo'ise1.
TITRE : D'oii vient qtfon croit iant de menteurs qui disent qtfils ont m des miracles et tpton ne croit aucun de cettx qui dismt yfih ont des secrets pour rmdre Phomme immortd oupoitr rajeunir 2.
Ayant consid&e d'ou vient gu'on ajoute tant de foi a tant d'imposteurs qui disent qu'ils ont des remfedes, jusques jl mettre souvent sa vie entre leurs mains, il m'a paru ^ue la veritable cause est qu'il y en a de vrais; car il ne serait pas possible quil y en etit tant de jfaux, et qu'oft y donnat tant de dr&nce, s?il nV en avait de v^ritables. Si jamais il n'y eut eu remade & aucun mal, et que tous les maux eussent iti incurables, il est impossible que les hommes se fussent imaging qu'ils en pourraient donner; et
ct condamnant pour faux cc qui ae nous scmble pas vraisembiable,»
i. Montaigne, III, 8, rapporte, d'apris Tacite, la gu<§riscm d*un aveugle et d?un paralytique pat Vespasien dans Alexandrae.
Z. C£ MONTAIGNK, I, 26 Ct JX I*-
encore plus que tant d'autres eussent donne ctoyance a ceux qui se fussent vantes d'en avoir : de meme que, si un homme se vantait d'empecher de mourir, personne ne le croirait, parce qu'il n'y a aucun exemple de cela. Mais comme il y a eu quantit^ de remedes qui se sont trouves veritables, par la connaissance rneme des plus grands hommes, la creance des hommes s'est pliee par la; et cela s'etant connu possible, on a conclu de la que cela etait. Car le peuplc raisontie ordinairement ainsi : « Une chose est possible, done elle est»; parce que la chose ne pouvant £tre niee en general, puisqu'il y a des effets particuliers qui sont veritables, le peuple, qui ne peut pas discerner quels d'entre ces effets particuliers sont les veritables, les croit tous. De meme, ce qui fait qu'on croit tant de faux effets de la lune, c'est qu'il y en a de vrais, comme le flux de la met.
U en est de meme des proph&ies, des miracles, des divinations par les songes, des sortileges, etc. Car si de tout cela il n'y avait jamais eu rien de y&itable, on n'en aurait jamais rien cm : et ainsi, au lieu de conclure qu?il n'y a point de vrais miracles parce qu'il y en a tant de faux, il faut dire au contrairc qu'il y a certainement de vrais miracles, puisqu'il y en a tant de faux, et qu'il n'y en a de faux que par cette raison qu'il y en a de vrais. II faut raisonncr de la mSme sorte pour la religion; car il nc scrait pas possible que les hommes se fussent imagine tant de fausses religions, s'il n'y en avait une vdritable. L'objection a cela, c'est que les sauvages ont une religion : mais on r£pond a cela que c'est quails en ont oul parler, comme il parait par le deluge, la circoncision, la croix de saint Andr^ etc,
*i93 AyajQt considdt6 d'ou vient qu'il y a tant dc faux
miracles, de fausses revelations, sortileges, etc,, il m'a paru que la veritable cause est qu'il [y] en a de vrais; car il ne serait pas possible qu'il y eut tant de faux miracles s'll n'y en avait de vrais, ni tant de fausses revelations s'il n'y en avait de vraies, ni tant de fausses religions s'il n'y en avait une veritable. Car s'il n'y avait jamais eu de tout cela, il est comme impossible que les hommes se le fussent imagine et encore plus impossible que tant d'autres 1'eussent cru, Mais comme il y a cu de tres grandes choses veritables, ct qu'ainsi dies ont ete crues par de grands hommes, ccttc impression a ete cause que presquc tout le monde s'est rendu capable de croire aussi les fausses. Et ainsi, au lieu de conclure qu'il n'y a point de vrais miracles, puisqu'il y en a tant dc faux, il faut dire au contraire qu'il y a de vrais miracles, puisqu'il y en a tant de faux, et qu'il n'y en a de faux que par cette raison qu'il y en a ae vrais, et qu'il n'y a de meme de fausses religions que parce qu'il y en a une vraie.
L'objection a cela : que les sauvages ont une religion; mais c'est qu'ils ont om parler de la veritable, comme il parait par la croix de saint Andre, le deluge, la circoncision, etc.
Cela vient de ce que Fcsjprit de 1'homme, se trouvant pli6 dc cc cotc-la par la veritd, devient susceptible pat Ht dc toutcs les faussetds de cettc1...
y/r,, xxin, 32, les miracles dcs faux proph&tes, 463 Eti Phdbrcu ct Vatablc % il y a les Uglreth.
x. Cc fragment est comme le precedent, dont il est une variants, cent dc la main de Mme PcSriet . Le papier est le verso d'unc lettre qui porte la date du 19 Fdvrier 1660 (B.),
2. Bible protestante du xvi^ si^cle, dont Pascal suit souvent le texte quand il s'6carte de la Vulgate,
Miracle ne signifie pas toujours miracle. I Rois, 15, miracle signifie crainte, et est ainsi en Thebreu. De meme en Job manifestement, xxxm, 7* Et encore IT., xxi, 4; Je'r.y XLIV, 12. fortentum signifie simulacrum, Jer., L, 38; et est ainsi en I'hebreu et en Vatable. If., vni, 18 : Jesus-Christ dit que lui et les siens seront en miracles.
453 Si le diable favorisait la doctrine qui le detruit, il serait divise, comme disait Jesus-Christ. Si Dieu favorisait la doctrine qui detruit 1'figlise, il serait divise :
Omne regnum divisum^. Car Jdsus-Christ agissait contre le diable, et detruisait son empire sur les coeurs, dont 1'exorcisme est la figuration, pour etablir le royaume de Dieu. Et ainsi il ajoute : In dlgito Dei... ngnum Dei ad vos 2.
465 II y a bien de la difference entre tenter et induire en erreur. Dieu tente, mais il n'induit pas en erreur. Tenter est procurer les occasions, qui n'imposant point de necessite, si on n'aime pas Dieu, on feta une certaine chose. Induire en erreur est mettre 1'homrne dans la necessity de coaclure et suivre une faussete.
^469 Abraham, G^ddon : [sigpts] au-dessus de la
lation. Les Juifs s'aveuglaient en jugeant des miracles par rficriture, Dieu n'a jamais Iaiss6 ses vrais ado-
rateurs.