JOAN., XV
devaient bien s'assurer deuces pretendues contradictions de sa doctrine a TEcriture; et cette obscurite nc les excusait pas, mais les aveuglait. Ainsi ceux qui refusent de croire les miracles d'aujourd'hui, pour une pretendue contradiction chimerique, ne sont pas excuses.
Le peuple, qui croyait en lui sur ses miracles, les pharisiens leur disaient : « Ce peuple est maudit, qui ne sait pas la loi; mais y a-t-il un prince ou un pnarisien qui ait cru en lui ? car nous savons que nul prophete nc sort de Galilee ». Nicod£me repondit : « Notre loi juge-t-ellc un homme devant quc dc Tavoir out1 [et encore, un tel homme qui fait de tels miracles]. »
83° Copie
Les propheties ctaicnt equivoques : elles ne le 382 sont plus.
Les cinq propositions etaient equivoques, cllcs 439 ne le sont plus.
Les miracles ne sont plus n&essaires, a cause qu'on en a dejd *. Mais quand on n'&oute plus la tradition, quand on ne propose plus que le Pape, quand on Fa surpris, et qu'ainsi ayant exclu la vraie source de la v£nt£, qui est la tradition, et ayant prdvenu le Pape, qui en est le d^positaire, la verit^ n'a plus dc Iibett6 de paraitre : alors les hommes ne parlant
i, JOAN., VII, 47-50,
z. Allusion au miracle de la Sainte Epme et aux objectioas dcs Jdsuitcs. Pour Port-Royal, le miracle prouve k vdriti dc la doctrine, comme la mort subite d'Atius tfoioigne coatrc son
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plus de la verite, k verite doit parler elle-meme aux homines. Cest ce qui arriva au temps d'Arius. (Miracles sous Diocl£tien et sous Arius. )
*44i Miracle. — Le peuple conclut cela de soi-meme; mais s'il vous en faut donner la raison...
II est facheux d'etre dans 1'excejDtion de la regie. II faut meme etre severe, et contraire a Fexception. Mais neanmoins, comme il est certain qu'il y a des exceptions de la regie, il en faut juger s£v£rement, mais justement
449 1 J*b*9 VI> *6 : Non qma vidistis signa, sedquia saturati estis 2.
Ceux qui suivent Jesus-Christ a cause de scs miracles honorent sa puissance dans tous les miracles qu'elle produit; mais ceux qui, en faisant profession de le suivre pour ses miracles, ne le suivent en effct que parce qu'il les console et les rassasie des bicns du monde, ils deshonorent ses miracles, quand ils sont contraires a leurs commodites.
Jeb., ix : Non est hie homo a Deo> qui sabbtitum non custodiL Ahi : Quomodo potest homo peccator h®c signa facers 8 /
Lequel est le plus clair ?
Cctte maison est de Dieu; car il y fait d^trangcs
i* Pascal avait d'abord ccrit : Hoc habebis slgmim ad discernendos veros propbetas a fahu : « Vous aure^ cc signe pour disccmer les vrais propfetcs des faux. »
z, « Non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous 6tes rassas&s. »
}. 1 6 : a Get homme n'est pas de Dieu, qui n'observe point le sabbat. — D'autres : Comment ce pdchcur peut-il faire des miracles ? »
miracles. Les autres : Cette maison n'est pas de Dieu; car on n'y croit pas que les cinq propositions soient dans Jansenius.
Lequel est le plus clair ?
Tu quid dicis ? Dlco quia propheta est. Nisi esset hie a Deo, non poterat facere quidquam^.
Dans le Vieux Testament, quand on vous detour- 461 nera de Dieu. Dans le Nouveau, quand on vous detournera de Jesus-Christ. Voila les occasions d'exclusion a la foi des miracles, marquees. II ne faut pas y donner d'autres exclusions.
S'ensuit-il de la qu'ils auraient droit d'exclure tous les prophetes qui leur sont venus ? Non. Us eussent pech£ en n'excluant pas ceux qui niaient Dieu, et eussent peche d'exclure ceux qui ne niaient pas Dieu.
D'abord done qu'on voit un miracle, il faut, ou se soumettre, ou avoir d'etranges marques du contraire. II faut voir s'il nie un Dieu, ou Jesus- Christ, ou rfiglise.
II y a bien de la difference entre n'etre pas pour 461 Jesus-Christ et le dire, ou n'£tre pas pour J^sus- Christ, et fcindre d'en 6tre. Les uns peuvent faire des miracles, non les autres, car il est clair des uns qu'ils sont contte la verit^ non des autres; et ainsi les miracles sont plus clairs*
Cest une chose si visible, qu'il faut aimer un seul 461 Dieu, qu'il ne faut pas de miracles pour le prouver.
i. Saint JKAN, IX, 17, 35 : « Toi, que dis-tu ? — Je dis qu'il est prophite, S'il n'dtait de Dieu, il ne poutrait rien jEaire. »
193 Jesus-Christ a fait des miracles, et les apdtres ensuite, et les premiers saints, en grand nombre; parce que, les propheties n'etant pas encore accomplies, et s'accomplissant par eux, rien ne temoignait que les miracles. II 6tait predit que le Messie convertirait les nations1. Comment cette prophetic se futelle accomplie, sans la conversion des nations ? Et comment les nations se fussent-elles converties au Messie, ne voyant pas ce dernier effet des propheties qui le prouvent ? Avant done qu'il ait dte mort, ressuscite, et convert! les nations, tout n'etait pas accompli; et ainsi il a fallu des miracles pendant tout ce temps. Maintenant il n'en faut plus contrc les Juifs, car les propheties accomplies sont un miracle subsistant.
117 « Si vous ne croye£ en moi, ctojcz au moins aux miracles2. » II les renvoie comme au plus fort.
II avait ete dit aux Juifs, aussi bien qu'aux Chrdtiens, qu'ils ne crussent pas toujours les prophfetcs 3; mais neanmoms les pharisiens et les scribes font grand etat de ses miracles, et essayent de montrer qu'ils sont faux, ou faits par le diable 4 : 6tant nccessitc d?6tre convamcus, s'ils reconnaissent qu'ils sont do Dieu.
Nous ne sommes pas aujourd'hui dans la pcinc de faire ce discernement. II est pourtant bicn Facile a faire : ceux qui ne nient ni Dieu, ni Jesus-Christ ne font point de miracles qui ne soient surs» Nem