Cf. Discours sur ks passions de r amour ^ p
2. (c L'erreur des sens » est vraie comme tait de conscience. La fausset6 vient de ce qu'on juge 1'illusion conforme a la r&lite.
craindre que la comedie1. Cest une representation si naturelle et si plicate des passions, qu'elle les emeut et les fait naitre dans notre cceur, et surtout celle de 1'amour; principalement lorsqu'on [Je] represente fort chaste et fort honnete. Car plus il paralt innocent aux ames innocentes, plus elles sont capables d'en etre touches; sa violence plait a notre amour-propre, qui forme aussitot un desk de causer les memes effets, que l?on voit si bien representes; et Fon se fait en meme temps une conscience fondee sur l'honn£tete des sentiments qu'on y voit, qui otent la crainte des ames pures, qui s'imaginent que ce n'est pas blesser la purete, d'aimer d'un amour qui leur semble si sage.
Ainsi Ton s'en va de la comedie le coeur si rempli de toutes les beautes et de toutes les douceurs de Tamour, et Tame et Tesprit si persuades de son innocence, qu'on est tout prepare a recevoir ses premieres impressions, ou plutot a chercher Toccasion de les faire naitre dans le cceur de quelqu'un, pour recevoir les m£mes plaisirs et les m6mes sacrifices que Ton a vus si bien d£peints dans la comedie.
123 Scaramouche, qui ne pense qu'a une chose.
Le docteur, qui parle un quart d'heure apres avoir tout dit, tant il est plein de desir de dire 2.
1 . Cf. NICOLE : « Un faiseut de romans et un po^te de th£tee est un empoisonneur public, non des corps, mais des ames. » Cette accusation des Vtsionnaires (1665) provoqua la Letire de Racine a Fauteur des Htrfaes imagnams.
Cette pensde, panic en 1678 dans les Maximes de Mme de Sable, ne figure que dans la copie, avec un ast^risque, et Z. Tourneur ne la croit pas de Pascal.