‹ Pensees Precedees Des Principaux OpusclesChapitre 46 sur 226 · Ed · texte numérisé non relu

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La derniere chose qu'on trouve en faisant uri 1678. ouvrage, est de savoir celle qu'il faut mettre la pre- Co. miere. xxxi

Qrdre. — Pourquoi prendrai-je plutot a diviser ma 433 morale en quatre qu'en six? Pourquoi etablirai-je plutot la vertu en quatre, en deux, en ion ? Pourquoi en abstine et sustine 2 plutot qu'en « suivre nature 3 », ou « faire ses affaires particulieres sans injustice », comme Platon 4, ou autre chose ?

— Mais voila, direz-vous, tout renfernie en un mot. — Oui, mais cela est inutile, si on ne Texplique; et quand on vient a Fexpliquer, des qu'on ouvre ce

1. Cest-a-dlre le ddbut de ce fragment, qui figure au verso du manuscrit.

2. CHARRON traduit ainsi cette maxime d'fipictcte : « Soutiens les maus; abstiens-toi des biens, c'est-a-dtre des volupt6s et de la prosperity » (Sagesse, II, vn, 4).

3. Cf. MONTAIGNE III, 12. CHARRON (preface de la Sagessi) Partnbue a Sen^que. Mais, avec des nuances de sens nees de Fopposition des deux physiques, ce principe est commun aux stoiciens et aux ^picuriei^s que Pascal a peut-toe plus specialement vises ici co^me troisieme 6coje a cdt^ du rortique et de I'Acaddmie.

4. Dans les Leftres qui lui sont attributes. Cf. MONTAIGNE III, 9.

precepte qui contient tous les autres, ils en sortent en la premiere confusion que vous vouliez eyiter. Ainsi, quand ils sont tous renfermes en un, ils y sont caches et inutiles, comme en un cof&e, et ne paraissent jamais qu'en leur confusion naturelle. La nature les a tous etablis, sans renfermer Tun en Tautre.

427 La nature a mis toutes ses v£rites chacune en soimeme; notre art les renferme les unes dans les autres, mais cela n'est pas naturel : chacune tient sa place.

43 1 Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau : la disposition des matures est nouvelle; quand on joue a k paume, c'est une m£me balle (font joue run et Tautre, mais Tun la place mieux.

J'aimerais autant qu'on me dit que je me suis servi des mots anciens. Et comme si les memes pensees ne formaient pas un autre corps de discours, par une disposition differente, aussi bien que les memes mots forment d'autres pensees par leur diflF^rente disposition !

225 Les mots diversement ranges font un divers sens, et les sens diversement ranges font diff&ents effets.

429 Langage. — II ne faut point d^tourner Tesprit ailleurs, sinon pour le delasser, mais dans le temps ou cela est a propos : le ddlasser quand il faut, et non autrement; car qui d&asse hors de propos, il lasse; et qui lasse hors de propos d&asse, cat on

quitte tout la. Tant la malice de la concupiscence se plait a faire tout le contrake de ce qu'on veut obtenir de nous sans nous donne± du plaisk, qui est la monnaie pour laquelle nous donnons tout ce qu'on veut.

Eloquence. — II faut de 1'agreable et du reel; mais 402 il faut que cet agreable soit lui-meme pris du vrai.

L'eloquence est une peinture de la pens£e; et 142 ainsi, ceux qui, apres avoir peint, ajoutent encore, font un tableau au lieu d'un portrait 1.

Miscellan 2. Langage. — Ceux qui font les antitheses 127 en for§ant les mots sont comme ceux qui font de fausses fen£tres pour la sym6trie.

Leur regie n'est pas de parler juste, mais de fake des figures justes3.

Symetrie. 125

En ce qu'on voit d'une vue.

Fondle sur ce qu'il n'y a pas de raison de fake autrement.

1. Le tableau ddsigne ici k scfene arrangce en vue de FefFet exterieur, Toeuvre attificielle et d'imagination, par opposition au portrait qui essaie cTexprimer la nature interne du modele (B.).

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