‹ Pensees Precedees Des Principaux OpusclesChapitre 49 sur 226 · Sent (B · texte numérisé non relu

Sent (B

3. C£ n° 30, note. La m6me pens^e se retrouve a la suite du fragment 196.

poetes et ceux qui ne savent raisonner que sur les choses de cette nature, manqueraient de preuves.

Les exemples qu'on prend pour prouver d'autres 134 choses, si on voulait prouver les exemples, on prendrait les autres choses pour en etre les exemples,

Car comme on croit toujours que la difficulte est a ce qu'on veut prouver, on trouve les exemples plus clairs et aidant a le montrer.

Ainsi, quand on veut montrer une chose generale, il faut en donner la regie particuliere d'un cas; mais si on veut montrer un cas particulier, il faudra commencer par la regie [generale]. Car on trouve toujours obscure la chose qu'on veut prouver, et claire celle qu'on emploie a la preuve; car, quand on propose une chose a prouver, d'abord on se rempHt de cette imagination <ju'elle est done obscure, et, au contraire, que celle qui la doit prouver est claire, et ainsi on Tentend aisement.

Epigrammes de Martial. — L'homme aime la mali- 163 gnite; mais ce n'est pas contre les borgnes ou les malheureux, mais contre les heureux superbes. On se trompe autrement Car la concupiscence est la source de tous nos mouvements, et Thumanite1,

i. On a propos^ diverses interpretations pour computer cette phrase. Cf, TOURNEUR, Beautf pMqw.*,> p. 157. Mais l^umamti semble ici consid6ree cpmrne une source '4e nos mottvemtnts qui s'adjoint a la concupiscence. Cf. la dissertation lajine qm pr6cede le recueil de Port-Royal Epigrammatum delectus (1659) : <c II y a dans le cceur de tous les hommes, pour peu qu'ijs aient d'humanit^, une aversipn naturelle pour les sentiments mali as » (art. XVI)i La suite critique la malignit6 de certaines 6pigrammes contre des infirmes. « Ce^Ue de& deiax

II faut plait e a ceux qui ont les sentiments humains et tendres.

Celle des deux borgnes ne vaut rien, car elle ne les console pas, et ne fait que donner une pointe a la gloire de Tauteur. Tout ce qui n'est que pour Tauteur ne vaut rien. Ambtiiosa recidet ornamenta^.

Prince a un roi plait, pour ce qu'il diminue sa qualit&

.(23 Voulez-vous qu'on croie du bien de vous ? n'en dites pas,

no Les langues sont des chiffres, ou non les lettres sont chang6es en lettres, mais les mots en mots de sorte qu*une langue inconnue est dechiffrable.

borgnes » qui figure dans le ILscueil (1. VI, n° 30) 6tait c£lebre et (Pauteur inconnu. J. du Bellay en avait donn6 cette transcription :

Jeanne et Andr£ son fils sont beaux comme le jour

Mais chacun d'eux d'un CEI! a perdu k lumiere.

Andre, donne celm qui te reste i ta mere :

Elle sera Venus, et tu seras P Amour, i. II retranchera les ornements ambitieux (HORACE, Ep* aux Pisons> vers 447.)

z. La Pensle 43 (td. Bossut, supplement i) n'est pas de Pascal, mais a 6t6 tk6e des Melanges abtstoire... de VIGNEUL MAR- VILLE : « Certains auteurs, padant de leurs ouvrages, disent : « Mon livre, mon cpmmentaire, mon histoire, etc. » Us sentent leurs bourgeois qui ont pignon sur rue, et toujours un« cries moi » a la Douche. Us feraient mieux de dire : « Notre livre, notre commentaire, notre histoire, etc., » vu que d'ordinaire il y a plus en cela du bien d'autrui que du leur » (d'aptes Z, TOURNEUR).

Diseur de bons mots, mauvais caractere1. 423

II y en a qui patient bien et qui n'ecrivent pas bien. 145 Cest que le lieu, Tassistance les echauffe, et tire de leur esprit plus qu'ils n'y trouvent sans cette chaleur2.

Quand dans un discours se trouvent des mots 109 repetes3, et qu'essayant de les corriger, on les trouve si propres qu'on gaterait le discours, il les faut laisser, e'en est la marque.

Et c'est la la part de 1'envie, qui est aveugle, et qui ne salt pas que cette repetition n'est pas faute en cet endroit; car il n'y a point de regie generate.

Masquer la nature et la d£guiser. Plus de« roi », 213 de« pape», d' « eveque», — mx&auguste monarqw; etc. ; point de Paris, — capitate du rojaume. II y a des lieux ou il faut appeler Paris, Paris, et d'autres ou il la faut appeler « capitale du royaume».

jo Un m£me sens change selon les paroles qui 225

1. Cf. le proverbe latin : « M^chante kngue est marque de mdchant esprit » (Recueil de P. Syrus ). La Bruyere a repris et commente cett£pense~e (chap. De la four).

2. Cf. MER£ (Cbuvres I, 260) : c D'ou vient... que des gens parlent bien, mais qu'ils ne savent pas Retire?... Cest que tear mine eblouit, ou que leur ton de voix surprend. »

3. C£ M£R£ ((Ettvres postb., p. 45) opposant aux repetitions de C6sar « s'il dtait content d'une expression ti, les detours de Ciceron <c pour sauver les repetitions ».

Fexpriment Les sens resolvent des paroles leur dignite, au lieu de la leur donner. II en faut chercher des exemples1...

5i 41 5 « Pyrrhonien » pour « opiniatre ».

415 Nul ne dit courtisan 3 que ceux qui ne le sont pas; pedant, qu'un pedant; provincial, qu'un provincial, et je gagerais 3 que c'est Timprimeur qui Pa mis au titre des 'Lettres au Provincial*.

125 Carrosse verse ou renverse, selon {'intention.

mpandn ou verser, selon Tintention. (Plaidoyer de M. le M[aitre] 5 sur le cordelier par force.)

1. P. ex. magistrat ou robin pour designer k mcme profession.

2. L. Brunschvicg proposait la le£on cartisien^ car ce fragment suit dans le manuscnt k Pensfc 78 sur Descartes. Mais le meme papier renferme une serie de reflexions sans lien (nos 165, 804...) « Le courtisan est d'ordinaire un honnfoe bomme qui... ne veut pas qu'on le baptise, a Fencontre du ptdant et du provincial '» (TOURNEUR. cf. n° 35).

3. Pascal avait d'abord ecrity^ crols ; la correction semble indiquer qu'il ne voulait point paraltre connaitre le secret des Provinciates (B.).

4. « Ces lettrcs, 6cnt Nicole, ont et^ appelces Prwtnciahs, parce que 1'auteur ayant adresse" les premieres lettres sans aucun nom a un de ses amis de k campagne, Timprimeur les publia sous ce titre : Lettre farite h un provincial par un de ses amis sur le syet des disputes prisentes de fa Sorbonne. »

5. A. le Maltre, petit-fils d'A. Arnauld, avait quitte* le barreau pour se retiret a Port-Royal Au d6but de son pkidoyer pour unfils mis &n reliff on par force, E. Havet a not6 : «I)ieu aui rttynd dies aveuglements et des t6nebres sur les passions il gitime$.»: » L. Brunschvicg remarque : « il e-ftt fallu dire pour marquer Fintention divine. »

Miscell. Fagon de parler :« Je m'etais voulu appli- 145 quer a cela. »

Vertu aperitive d'une cle, attractive d'un croc. 344

Deviner : « La part que je prends a votre deplai- 130 sir». M. le cardinal ne voulait point etre devine1.

« J'ai 1'esprit plein d'inquietude. » Je suis plein d'inquietude vaut mieux.

Je me suis mal trouve de ces compliments : 134 « Je vous ai bien donne de la peine; Je crains de vous ennuyer; Je crains que cela soit trop long. » Ou on entraine2, ou on irrite.

Vous avez mauvaise grace : « Excusez-moi, s'il 251 vous plait. » Sans cette excuse, je n'eusse point aper$u qu'il y eut d'injure. « Reverence parler... » II n'y a rien de mauvais que leur excuse.

1. Cf. LA ROCHEFOUCAULD : «On aime a deviner Ics autres, mais Ton n'aime pas a dtrc devine. » (iro ed. des Max/mes, n° 300).

2. On entrdne, c'est-a-dire on fait reflechir a k peine reellement donn£e a autrui et on le convainc, ou on imt& par la disproportion* du remerciement au service rendu; dans les deux cas on indispose autrui. Pascal donne ailleurs le d^veloppement de cette tormule : OH on entraine Ymagnation b cejugemmt> ou on I'trrtte au contraire (fragment 105 dans 1'autograpne suit itntn.6diatement le 57) (B.).

150 PENSiEES / SECTION I

*44i « fiteindre le flambeau de la sedition » : ttop luxuriant.

« L'inquietude de son genie » : ttop de deux mots haidis.

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