‹ Pensees Precedees Des Principaux OpusclesChapitre 72 sur 226 · Ijtfw, XLV, 15. Cf. Pensfos 242, 288, 565, 566, 5y8s · texte numérisé non relu

Ijtfw, XLV, 15. Cf. Pensfos 242, 288, 565, 566, 5y8s

apergu que de ceux qui le cherchent de tout leur cceur, quel avantage peuvent-ils tirer, lorsque dans la negligence ou ils font profession d'etre de chercher la verite, ils crient que rien ne la leur montre, puisque cette obscurite ou ils sont, et quails objectent a I'figlise, ne fait qu'etablir une des clioses qu'elle soutient, sans toucher a 1'autre, et etablit sa doctrine, bien loin de la ruiner ?

II faudrait, pour la combattre, qu'ils criassent qu'ils ont fait tous leurs efforts gour la chercher partout, et meme dans ce que 1'Eglise propose pour s'en instruire, mais sans aucune satisfaction, S'ils parlaient de la sorte, ils combattraient a la verite une de ses pretentions. Mais fespere montrer ici qu'il n'y a personne raisonnable qui puisse parler de la sorte, et f ose meme dire que jamais personne ne 1'a fait. On sait assez de quelle maniere agissent ceux qui sont dans cet esprit. Ils croient avoir fait de grands efforts pour s'instruire lorsqu'tts ont employe quelques heures a la lecture de quelque livre de 1'ficriture, et qu'ils ont interroge quelque 210 ecclesiastique sur les verites de la foi. Apres cela, ils se vantent d'avoir cherche sans succes dans les livres et parmi les hommes. Mais, en verite, je leur dirai ce que j'ai dit souvent, que cette negligence n'est pas supportable. II ne s'agit pas ici de I'int&et leger de quelque personne etrangere, pour en user dc cette fajon; il s'agit de nous-memes, et de notre tout. Uimmortalite de Tame est une chose qui nous importe si fort, qui nous touche si profondement, qu'il faut avoir perdu tout sentiment pour etre dans Tindifference de savoir ce qui en est. Toutes nos actions et nos pens^es doivent prendre des routes si diffdrentes, selon qu'il y aura des biens kernels a esperer ou non, qu'il est impossible de faire une demarche avec sens et jugement, qu'en la r6glant

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par la vue de ce point, qui doit etre notre dernier objet1.

Ainsi notre premier inter£t et notre premier devoir est de nous eclaircir sur ce sujet, d'ou depend toute notre conduite. Et c'est pourquoi, entre ceux qui n'en sont pas persuades, je fais une extreme difference de ceux qui travaillent de toutes leurs forces a s'en instruire, a ceux qui vivent sans s'en mettre en peine et sans y penser.

Je ne puis avoir que de la compassion pour ceux qui gemissent sincerement dans ce doute, qui le regardent comme le dernier des malheurs, et qui, n'epargnant rien pour en sortir, font de cette recherche leuts principales et leurs plus serieuses occupations.

Mais pour ceux qui passent leur vie sans penser a 211 cette derni&te fin de la vie, et qui, par cette seule raison qu'ils ne trouvent pas en eux-memes les lumieres qui les en persuadent, negligent de les chercher ailleurs, et d'examiner a fond si cette opinion est de celles que Je peuple re$oit par une simplicite credule, ou de celles qui, quoique obscures d'elles-memes, ontneanmoins un fondement tres solide et inebranlable, je les considere d'une maniere toute differente.

Cette negligence en une affaire ou il s?agit d?euxmemes, de leur eternite, de leur tout, m'irrite plus qu'elle ne m'attendrit; die m'etonne et m'epouvante, c'est un monstre pour moi, Je ne dis pas ceci par le zele pieux d?une devotion spirituelle. J^entends au contraire qu'on doit avoir ce sentiment par un principe d'interet humain et par un inter£t d'amourpropre : il ne faut pour cela que voir ce que voient les personnes les moins eclairees.

II ne faut pas avoir Tame fort elevee pour comprendre qu'il n'y a point ici de satisfaction veritable

i. Cf. Past* ax8.

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et solide, que tous nos plaisirs ne sont que vanite, que nos maux sont infinis, et qu'enfin la mort, qui nous menace a chaque instant, doit infailliblement nous mettre dans peu d'annees dans 1'horrible necessite d'etre eterneUement ou an&ntis ou malheureux.

212 II n'y a rien de plus reel que cela ni de plus terrible. Faisons tant que nous voudrons les braves : voila la fin qui attend la plus belle vie du monde, Qu'on fasse reflexion la-dessus et qu'on disc ensuite s'il n'est pas indubitable qu'il n'y a de bien en cette vie qu'en 1'esperance d'une autre vie, qu'on n'est heureux cju'a mesure qu'on s'en rapproche, et que, comme il n'y aura plus de malheurs pour ceux qui avaient une entiere assurance de Teternite, il n'y a point aussi de bonheur pour ceux qui n'en ont aucune lumiere.

Cest done assurement un grand mal que d'etre dans ce doute; tnais c'est au moins un devoir indispensable de chercher, quand on est dans ce doute; et ainsi celui qui doute et qui ne cherche pas est tout ensemble et bien malheureux et bien injuste; cjue s'il est avec cela tranquille et satisfait, qu'il en fasse profession, et enfin qu'il en fasse vanite, et que ce soit de cet etat meme qu'il fasse le sujet de sa joie et de sa vanite, je n'ai point de termes pour qualifier une si extravagante creature.

Ou peut-on prendre ces sentiments ? Quel sujet de joie trouve-t-on a n'attendre plus que des miseres sans ressource ? Quel sujet de vanit6 de se voir dans des obscurites impenetrables, et comment se peut-il faire que ce raisonnement se passe dans un homme raisonnable ?

217 Avant que d'entrer dans les preuves de la religion chretienne, je trouve n&essaire de repr&enter 1'injustice des hommes qui vivent dans rindiff&ence de

chercher la verite d'une chose qui leur est si importante et qui les touche de si pres.

De tous leurs egarements, c'est sans doute celui qui les convainc le plus de folie et d'aveuglement, et dans lequel il est le plus facile de les confondre par les premieres vues du sens commun et par les sentiments de la nature.

Car il est indubitable que le temps de cette vie 218 n'est qu'un instant, que Tetat de la mort est eternel, de quelque nature qu'il puisse etre, et qu'ainsi toutes nos actions et nos pensees doivent prendre des routes si differentes selon Tetat de cette eternit£, qu'il est impossible de faire une demarche ayec sens et jugemeat qu'en la reglant par la verite de ce point qui doit etre notre dernier objet

II n'y a rien de plus visible que cela et qu'ainsi, selon les principes de la raison, la conduite des hommes est tout a fait deraisonnable, s'ils ne prennent une autre voie.

Que Ton juge done la-dessus de ceux qui vivent sans songer a cette derniere fin de la vie^quiselaissent conduire i leurs inclinations et a leurs plaisirs sans reflexion et sans inquietude, et, comme s'ils pouvaient aneantir Teternite en en detournant leur pensee, ne pensent a se rendre heureux que dans cet instant seulement.

Cependant cette eternite subsiste, et la mort, qui la doit ouvrir et qui les menace a toute heure, les doit mettre infailliblement dans peu de temps dans Thorrible necessite d'etre eternellement ou aneantis ou malheureux, sans qu'ils sachent laquelle de ces eternites leur est a jamais preparee.

Voila un doute d'une terrible consequence. Us sont dans le peril de Teternite de mis&res; et surcela, comme si la chose n'en valait pas la peine, ils negligent d'examiner si c'est de ces opinions que le peuple

2Z6 P ENSUES / SECTIONT III

regoit avec une facilite trop credule, ou de celles qui, etant obscures d'elles-memes, ont un fondement ties solide quoique cache. Ainsi ils ne savent s'il y a verite ou faussete dans la chose, ni s'il y a force ou faiblesse dans les preuves. Ils les ont devant les yeux; ils refusent d'y regarder, et dans cette ignorance ils prennent le parti de faire tout ce qu'il faut pour totnber dans ce malheur au cas qu'il soit, d'attendre a en faire 1'epreuve a la mort, d'etre cependant fort satisfaits en cet etat, d'en faire profession et enfin d'en faire vanite. Peut-on penser serieusement a 1'importance de cette affaire sans avoir horreur d'une conduite si extravagante ?

Ce repos dans cette ignorance est une chose monstrueuse, et dont il faut faire sentir 1'extravagance et la stupidite a ceux qui y passent leur vie, en la leur representant a eux-memes, pour les confondre par la vue de leur folie. Car void comme raisonnent les homines, quand ils choisissent de vivre dans cette ignorance de ce qu'ils sont et sans rechercher d'eclaircissement,

« Je ne sais, disent-ils, qui m'a mis au monde, ni ce que c'est que le monde, ni que moi-meme; je suis dans une ignorance terrible de toutes choses; je ne sais ce que c'est que mon corps, que mes sens, que mon ame et cette partie meme de moi qui pense ce que je dis, qui fait reflexion sur tout et sur ellememe, et ne sc connait non plus que le reste. 213 « Je vois ces effroyables espaces de Tunivers qui m'enferment, et je me trouve attache a un coin de cette vaste etendue, sans que je sache pour^uoi je suis plutot place en ce lieu qu'en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m'est donne a vivre m'est assign^ a ce point plutot qu'a un autre de toute Teternit6 qui m'a precede et de toute celle qui me suit. Je ne vois que des infinites de toutes parts, qui

m'enferment comme un atome et comme une ombre qui tie dure qu'un instant sans retour. Tout ce que je connais est que je dois bientdt mourir, mais ce que j'ignore le plus est cette mort meme que je ne saurais eviter.

« Comme je ne sais d'ou je viens, aussi je ne sais ou je vais; et je sais seulement qu'en sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le neant, ou dans les mains d'un Dieu irrite, sans savoir a laquelle de ces deux conditions je dois etre eternellement en partage. Voila mon etat, plein de faiblesse et d'incertitude. Et de tout cela, je conclus que je dois done passer tous les jours de ma vie sans songer a chercher ce qui doit m'arriver. Peut-etre que je pourrais trouver quelque eclaircissement dans mes doutes; mais je n'en veux pas prendre la peine, ni faire un pas pour le chercher, et apres, en traitant avec mepris ceux qui se travailleront de ce soin, je veux aller sans prevoyance et sans crainte tenter un si grand evenement, et me laisser mollement conduire a la mort, dans Tincertitude de Teternite de ma condition future. »

Qui souhaiterait d'avok pour ami un homme qui 214 discourt de cette mamere ? qui le choisirait entre les aiatres pour lui cotnmuniquer ses affaires ? qui aurait recours a lui dans ses afflictions ? Et enfin a quel usage de la vie on le pourrait destiner ?

En verite, il est glorieux £ la religion d'avok pour ennemis des hommes si deraisonnables; et leur opposition lui est si peu dangereuse, qu'elle sett au contraire a Tetablissement de ses verites. Car la foi chrftienne ne va presque qu'a &ablir ces deux choses : la corruption de la nature, et la redemption de Jesus-Christ. Or, je soutiens que s'ils ne servent pas a montrer k verite de la redemption par la saintete de leurs mceurs, ils servent au moins

admirablement a montrer la corruption de la nature par des sentiments si denatures.

Rien n'est si important a Thonime que son etat, rien ne lui est si redoutable que Teternite; et ainsi, qu'il se trouve des hommes indifferents a la perte de leur etre et au peril d'une eternite de mis£res, cela n'est point naturel. Us sont tout autres a regard de toutes les autres choses : ils craignent jusqu'aux plus legeres, ils les prevoient, ils les sentent; et ce meme homme qui passe tant de jours et de nuits dans la rage et dans le desespoir pour la perte d'une charge ou pour quelque offense imaginaire a son honneur, c'est celui-la meme qui sait qu'il va tout perdre par la mott, sans inquietude et sans Emotion. 215 Cest une chose monstrueuse de voir dans un meme coeur et en meme temps cette sensibilite pour les moindres choses et cette etrange insensibifite pour les plus grandes. Cest un enchantement incomprehensible, et un assoupissement surnaturel, qui marque une force toute-puissante qui le cause.

II faut qu'il y ait un etrange renversement dans la nature de 1'homme pour faire gloire d'etre dans cet etat, dans lequel il semble incroyable qu'une seule personne puisse etre. Cependant 1'experience m'en fait voir en si grand nombre que cela serait surprenant, si nous ne savions que la plupart de ceux qui s'en melent se contrefont et ne sont pas tels en effet; ce sont des gens qui ont om dire que les belles manieres du monde consistent a faire ainsi Temporte. Cest ce qu'ils appellent avoir secoue le joug et qu'ils essayent d'imiter. Mais il ne serait pas difficile de leur faire entendre combien ils s'abusent en cherchant par la de Testime, Ce n?est pas le moyen d'en acquerir, je dis meme parmi les personnes du monde qui jugent sainement des choses et qui savent que la seule voie d'y reussk est

de se fake paraitre honnete, fiddle, judicieux et capable de servir utilement son ami, parce cjue les hommes n'aiment naturellement que ce qui peut leur etre utile. Or, quel avantage y a-t-il pour nous a oui'r dire £ un homme qu'il a done secoue le joug, qu'il ne croit pas qu'il y ait un Dieu qui veille sur ses actions, qu'il se considere comme seul maitre de sa conduite, et qu'il ne pense en rendre compte qu'a soi-meme ? Pense-t-il nous avoir porte par la a avoir d&ormais bien de la confiance en lui et en attendre des consolations, des conseils et des secours dans tous les besoins de la vie? Pretendent-ils nous avoir bien rejoui, de nous dire qu'ils tiennent que notre ame n'est qu'un peu de vent et de fumee, et encore de nous le dire d'un ton de voix fier et content ? Est-ce done une chose a dire gaiment ? et n'est-ce pas une chose a dire tristement, au contraire, comme la chose du monde la plus triste ?

S'ils y pensaient serieusement, ils verraient que 216 cela est si mal pris, si contraire au bon sens, si oppose a 1'honnetete et si 61oigne en toutes manieres de ce bon air qu'ils cherchent, qu'ils seraient plutdt capables de redresser que de corrompre ceux qui auraient quelque inclination a les suivre. Et en eifet, faites-leur rendre compte de leurs sentiments et des raisons qu'ils ont de douter de la religion; ils vous diront des choses si faibles et si basses, qu'ils vous persuaderont du contraire. Cetait ce que leur disait un jour fort a propos une personne : « Si vous continuez a discounr de la sorte, leur disait-il, en verite vous me convertires, » Et 11 avait raison, car qui n'aurait horreur de se voir dans des sentiments ou Ton a pour compagnons des personnes si meprisables !

Ainsi ceux qui ne font que feihdre ces sentiments seraient feien malheureux; de contraindre leur natutel

pour se rendre les plus impertinents des hommes. S'lls sont fach& dans le fond de leur coeur de n'avoir pas plus de lumiere, qu'ils ne le dissimulent pas : cette declaration ne sera point honteuse. II n'y a de honte qu'a n'en point avoir. Rien n'accuse davantage une extreme faiblesse d'esprit que de ne pas connaltre quel est le malheur d'un homme sans Dieu; rien ne marque davantage une mauvaise disposition du coeur que de ne pas souhaiter la verite des poornesses eternelles; rien n'est plus lache que de faire le brave contre Dieu. Qu'ils laissent done ces impietes a ceux qui sont assez mal nds pour en etre veritablement capables; qu'ils soient au moins 217 honnetes gens s'ils ne peuvent etre chretiens, et qu'ils reconnaissent enfin qu'il n'y a que deux sortes de personnes qu'on puisse appeler raisonnables : ou ceux qui servent Dieu de tout leur coeur parce qu'lls le connaissent, ou cetix qui le cherchent de tout leur coeur, parce qu'ils ne le connaissent pas.

Mais pour ceux qui vivent sans le connaitre et sans le chercher, ils se jugent eux-memes si peu dignes de leur soin, qu'ils ne sont pas dignes du soin des autres; et U faut avoir toute la charite de la religion qu'ils m^prisent, pour ne les pas m^priser jusqu'a les abandonner dans leur folie. Mais, parce que cette religion nous oblige de les regarder toujours, tant qu'ils seront en cette vie, comme capables de la grace qui peut les eclairer, et de croire qu'ils peuvent £tre dans peu de temps plus remplis de fbi que nous ne sommes, et que nous pouvons au contraire tomber dans Taveuglement oil Us sont, il faut faire pour eux ce que nous voudrions qu'on fit pour nous si nous etions i leur place, et les appeler a avoir pitie d'eux-memes, et a faire au moins quelques pas pour tenter s'ils ne trpuveront pas de lumi£res. Qu'ds donnent a cette lecture quelques-unes de ces heures

quails emploient si inutilement ailleurs : quelque aversion qu'ils y apportent, peut-etre rencontreront-ils quelque chose, et pout le moins ils n'y perdront pas beaucoup; mais pour ceux qui y apporteront une sincerite parfaite et un veritable desk de rencontrer la verite, fespere qu'ils auront satisfaction, et qu'ils seront convaincus des preuves d'une religion si divine, que j'ai ramassees id, et dans lesquelles j'ai suivi a peu pres cet ordre...

Ces gens manquent de coeur. 412

On n'en ferait pas son ami1,

Copie

D'etre insensible a mepriser les choses interes- 191 santes, et devenir insensible au point qui nous interesse le plus.

La sensibilite de 1'homme aux petites choses ct 65 1'insensibilite aux plus grandes choses, marque d'un etrange renversement.

Qu'on s'imagine un nombre d'hommes dans les 223 chaines, et tous condamnes a mort, dont les uns etant chaque jour egorges a la vue des autres, ceux qui restent voient leur propre condition dans celle de leurs semblables, et, se regardant les uns et les auttes avec douleur et sans esperance, attendent a leur tour. Cest 1'image de la condition des homtnes.

i. Le manuscrit repete ici la Pensle 38 : Poite> et non honnfoe homme.

6 1 Un homme dans un cachot, ne sachant si son arr£t est donn£, n'ayant plus qu'uneheurepourl'apprendre, cette heure suffisant, s'il salt qu'il est donne, pour le faire revoquer, il est contre nature qu'il emploie cette heure-la, non a s'informer si 1'arret est donne, mais a jouer au piquet.

Ainsi, il est surnaturel que Thomme, etc. Cest un appesantissement de la main de Dieu.

Ainsi, non seulement le zele de ceux qui le cherchent prouve Dieu, mais Taveuglement de ceux qui ne le cherchent pas.

Copie 201

226 Toutes les objections des uns et des autres ne vont que contre eux-memes, et point contre la religion. Tout ce que disent les impies.,.

Copie 202

349 [Par ceux qui sont dans le deplaisir de se voir sans foi on voit <jue Dieu ne les eclaire pas; mais les autres, on voit qu'il y a un Dieu qui les aveugle.]

489 7ascinatlo nugacitatis^. — Afin que la passion ne nuise point, faisons comme s'il n'y avait que huit jours de vie.

Si on doit donner huit jours de la vie, on doit donner cent ans.

i. Sagesse, IV, 12 :« Fascination de k bagatelle », Cf, Penste

204 bis

Si on doit donner huit jours, on doit donner toute 491 la vie.

Quand je considere la petite duree de ma vie, 67 absorbee dans Teternite precedante et suivante, le petit espace que je remj>lis et meme que je vois, abime dans 1'infinie immensite des espaces que j'ignore et qui m'ignorent, je m'effraie et m'etonne oe me voir ici plutot que la, car il n'y a point de raison pourquoi ici plutot que la, pourquoi a present plutot que lors. Qui m'y a mis ? Par Tordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il ete destine a moi? Memoria hospitis unius diet prcBtereuntis1.

206 Copit

Le silence eternel de ces espaces infinis m'efFraie2, 101

Combien de royaumes nous ignorent ! *23

Pourquoi ma connaissance est-elle bornfe? ma 4 taille ? ma duree a cent ans plutot qu'a mille ? Quelle raison a eue la nature de me la donner tdle, et de choisir ce nombre plutot qu'un autre, dans Tinfinite desquels il n'y a pas plus de raison de choisir Tun que Tautre, rien ne tentant plus que Tautre ?

1. Cette citation, qui est en marge dans le manuscrit, est extraite du Livre de ta Sagesse (V, 15) : « Uespok de 1'impie est comme le duvet qui s'envole au vent, comme Tecume battue par k temple, comme la fum^e dispers^e par le vent et comme i souvenir de Ibfoe d'wjour qui passe » (B.).

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