Cf. le Fragment d'un Traiti du Vide centre « le respect
dire une chose soit la regie de votre creance, que vous ne devez rien croire sans vous mettre en Petal comme si jamais vous ne Paviez ouL
Cest le consentement de vous a vous-meme, et la voix constante de votre raison, et non des autres, qui vous doit fairc croire.
Le croire est si important !
Cent contradictions seraient vraies.
Si Pantiquite etait la regie de la creance, les anciens etaient done sans r£gle ? Si le consentement general, si les hommes etaient peris ?
Fausse humilite : orgueil.
Punition dc ceux qui pechent : erreur J .
Levez le rideau. Vous avez beau faire; si faut-il ou croire, ou nier, ou douter.
N'aurons-nous done pas de regie ?
Nous jugeons des animaux qu'ils font bien ce u'ils font. N'y aura-t-il point une regie pour juger !es hommes?
Nier, croire, et douter bien, sont a Phomme ce que le courir est au cheval2.
Ceux qui n'aiment pas la verite prennent le pretexte de la contestation et de la multitude de ceux qui la nient. Et ainsi leur erreur ne vient que de ce qu'ils n'aiment pas la verite ou la charite; et ainsi Us ne s'en sont pas excuses.
que Ton porte a 1'antiquite » : pour les « sujets qm tombent sous le sens ou sous le raisonnetnent, Fautorite y est inutile; la raison seule a lieu <Ten connaltre »; mais en tneologie on doit swvre «; Tautorite de I'ficriture et des Peres. »
1. En irvurge. Rejet6 a la fin du fragment dans l^dition Brunschvicg.
2. Suivent les Citations latines classics par Brunschvicg sous les 'ft08- 563-364.'
Superstition et concupiscence. 344
Scrupules, desks mauvais.
Crainte mauvaise1.
Crainte, non celle qui vient de ce qu'on croit Dieu, mais celle de ce qu'on doute s'il est ou non. La bonne crainte vient de la foi, la fausse crainte vient du doute. La bonne crainte, jointe a 1'esperance, parce qu'elle nait de la foi, et qu'on espere au Dieu que Ton croit : la mauvaise, jointe au desespoir, parce qu'on craint le Dieu auquel on n'a point eu de foi. Les uns craignent de le perdre, les autres craignent de le trouver.
« Un miracle, dit-on, affermirait ma creance. » 109 On le dit quand on ne le voit pas.
Les raisons qui, 6tant vues de loin, paraisscnt borner notre vue, mais quand on y est arrive, on commence a voir encore au dela, Rien n'arrete la volubilite de notre esprit. II n'y a point, dit-on, de regie qui n'ait quelques' exceptions, ni de verit£ si gendrale qui n'ait quelque face par ou elle manque. II suffit qu'elle ne soit pas absolument universelle, pour nous donner sujet d*appliquec Tesception au sujet present, et de dire : « Cela n'est pas toujours vrai; done il y a des cas ou cela n'est pas. » II ne reste plus qu'a montrer que celui-ci en est; et c'est a quoi on est bien maladroit ou bien malheureux si on ne trouve quelque jour 2.
1. Comme Tindique la copie, superstition, scrupides, crainti mawaise s'opposent a concupiscence, atsirs mawais selon la* distinction scolastique des passions irascibles et des passions concupiscibles (B.).