‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 100 sur 186 · CHAPITRE LXXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXII

De la Communion.

CommuniEz ; communiez dignement ; commumiez souvent,

1. Communiez. Jésus-Christ nous y invite tous : Venité ad me omnes. I] le commande sous peine de mort: Sévous ne mangez lacharr du Fils de l'homme, vous n'aurez point La vie en vous. Le corps ne peut vivre long=temps sans nourriture : comment votre ame pourrait-elle vivre long-temps de la vie de la grâce, etpersévérer dans la sainteté, sans cette nourriture céleste ? Combien de fidèles Janguiraient —. service

NRDEU. 1. at — 218 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS

de Dieu, combien tomberaient dans degrands désordres, s'ils n'étaient pas soutenus par ce pain des forts ! Combien seraient morts dans le trouble et le désespoir, s'ils n'avaient pas reçu le Dieu de toute consolation; et ce pain de vie dans le saint Viatique !

Il. Communiez dignement. S'il fallait tant de préparation pour participer aux mystères de l’ancienne loi, qui n'étaient que des figures et des ombres, quelle préparation ne faut-il pas pour recevoir un Dieu ! 57 in jiqurd. lanta præparatho , dit saint Ambroise, quanta in veritate ! Saint Jean-Baptiste, le plus grand des prophètes, se reconnaissait indigne de seprosterner devant le Sauveur. Oh ! combien plus devons-nous nous avouer indignes d'approcher de ce Dieu de sainteté !

Il faut, comme l’ordonne saint Paul, s'éprouver soï-méme, s’exciter à des sentimens de foi, à une humble et sincère detestation de ses fautes, à un grand amour, à un grand désir de s’unir à son Dieu; sonder sa conscience, la purifier au moins de tous péchés mortels, avant de recevoir ce pain sacré. La nourriture n’est que pour les vivans, elle ne profite point aux morts : il faut donc être vivant , être en ctat de grâce , pour recevoir la divine Eucharistie, Communier en péché mortel, ou avec ure affection volontaire au péché mortel, est un sacrilége énorme.

Oh! que cet attentat est injurieux à Jésus-Christ ! Les Juifs le crucifièrent sans le connaître ; mais Pindigne communiant le connaît, le reçoit, et l’outragel Ceuxlà le erucifièrent sur le Calvaire , et celui-ci le crucifie dans son cœur, en unissant le Saint des saints avec le péché! union monstrueuse ; dont le Sauveur a infipiment plus d’aversion que du supplice de la.eroix !

Un tyran fit autrefois attacher des hommes, vivans à des cadavres infects, nour les suffoquer. On fait quelque chose de semblable. envers le Sauveur, lorsque, par une sacrilége communion , on l’unit à une ame souillée de crimes, dont il a plus d'horreur quela personne la plus délicate n’en a de l'infection d’un cadavre.

S'en prendre à la personne de Jésus-Christ par l’indigne communion , oh! que ce crime est funeste! Loin

d'y recevoir la vie, Vame y reçoit la mort: Mors est

et se. : 2

. DE LA RELIGION, ” 219 ÉtEVRE AS EL RE BOUT ATREUNRE E vant,$on juge , où reçoit Son jugement, “4 ‘'Pralicium sibémanducut; C'est-à-dire .

LA

t'prononice la éondamnation , et scelle

on sang l'arrêt dé mort du téméraire qui le recoit Ab où nû Anomor SP -

to A y etne sur lé sort infortuné le

udas: "Judas 'est murmurateur, Jésus-Christ le souffre;

-APest'avare ét larron, Jésus-Christ le souffre; il fait

“ün“éomplot pour trahir son maître, Jésus - Christ le

”sotfre : mais communie-t-il indignement, ilest livré

* surle-champ à la the de Satan : Post buccellam introivit in eum Satanas. L’indigne communion attire

de grands châtimens. Saint Cyprien en rapporte plu-

"sieurs exemples tragiques ; et saint Chrysostéme re-

“prochaïit à son peuple que la profanation des saints

“mystères était là cause dus calamités et des fléaux qui

“désolaïént l'empire. |

Le roi Sédécias donne un soufflet à un Prophète : cet attentat méritait une punition, cependant Dieu le souffre.

"Mise lévite Ozà porte-t-il sa main sur Arche sainte,

" Cinquante-deux mille Bethsamites osent-ils la dévoiler ,

Milswont tous sür-le-champ punis de mort : £0 quod

wvitissent arcam Domini. Le roi Osias, tout saint

“quil était, ne faut-il pas puni de Dieu pour avoir mis la an à Pencensoir ; etle roi Balthazar , massacré pour

"avoir profané les vases du temple ? © mon Dieu ! que

Mdoivent donc craindre ceux qui profanent aujgurd’hui

“ce qu'il y à de plus saint dans la Religion, et qui s’en

“prennent par le sacrilége à la personne même de Jésus-

NOhrist! Quel compte n’en rendront pas les ministres

“de Dieu, si, par leur lâcheté, ils coopèrent à ces pro-

fanations !

MS; vous êtes dans le sacrilége ou dans l'habitude &u crime, c'est pour Vous un grand malheur; mais ce malheur n’est pas sans remède. Allez vous prosterner auxpieds de Jésus - Christ ;, pleurez l'affront que vous lubavezaip;et, quoi qu'il vous en coûte, faites une confeSston sincère qui vous convertisse; quelque grand pécheurquevous soyez, il aura pitié de vous. De même

Wautrefois 11 mangeait plus volontiers à la table des D dns pécheurs qu’à celle des superbes pharisiens ; le. 10.

Page 1