II. Les Confesseurs ont tous le pouvoir dérétenir et
de remettre les péchés, de lier et de délier les consciences; ils doivent donc se servir avec prudence de cedouble pouvoir. Ceux qui ne se servent presque jamais du pouvoir de retenir les péchés se lient souvent eux-mêmes, en pensant délier les autres.
Écrtai ins remèdes guérissent les uns et tuent les autres, soulagent aujourd’hui et font du mal en un autre temps : de même l’absolution donne la vie à un pénitent bien disposé , et laisse dans la mort celui qui ne l’est pas. Les absolutions sont comme des lettres de grâce ; mais ellesne sont pas toutes ratifices dans le ciel. Urie croyait porter à son général une lettre favorable ; et il portait, sans le savoir, l'arrêt de sa mort. Il y a des criminels qui, croyant avoir une lettre de grâce trouvent leur condamnation en la présentant au juge. Oh ! combien d’absolutions feront un jour la confusion des
énitens et des Confesseurs !
Sile Confesseur doit éviter le scrupule, et traiter ses pénitens avec beaucoup de charité et de douceur, il doît aussi leur parler avec autorité, parce qu'il tient la place de Jésus-Christ, et ne pas trahir les intérêts de son maître, en donnant l’absolution à des incorrigibles qui abusent des sacremens. S'il fait tort aux fidèles, en leur refusant les sacremens sans raison légitime, il ne leur fait pas moins de tort s’il la leur accorde sans dispositions suffisantes : en rebutant ses pénitens par une condüite dure et austère, il les désespère et leur ferme le ciel? mais si, par respect humain , par une fausse compassion et par Jâcheté , il les laisse vivre à leur liberté, il leur ouvre l'enfer.
Un Confesseur qui vous absout, lorsque vous êtes dans l'otéasion prochaine du péché mortel et dans l’habitude du vice , qui vous laisse dans un état de damnation, faute de vous prescrire les moyens de vous en retirer, est, selon la doctrine des saints Pères, un guide "aveugle, un meurtrier de votre ame, un profanateur “du sang de Jésus-Christ, et un dissipateur def saints mystères : Dissipatores , non dispensatores mysteriorum Christi.
214 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS b + « : RÉSOLUTIONS. #4 1. Quand je serai dans le cas de choisir un Confesseux, je consulterai Dieu par la prière. «2 éabet 808 2. J'en chercherai alors un qui réunisse à la science et à l’expé-. rience dans la conduite des ames, lexacte observatio des règles - que lui prescrit son redoutable ministère. bre DE 3. Et quand j'aurai eu le bonheur de réussir dans 6e x, je donnerai à ce Confesseur une confiance sans bornes pourtôut ce qui regarde mon salut. NNTRE Mar Mon Dieu, aidez-moi à remplir tous: mes gonna mn 22» guide spirituel. . : es MAN à
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ÿ CHAPITRE LXXXI. au diogiim?
Nos devoirs envers Jésus-Christ dans la sainte
sul Eucharistie. OS TE -
Jésus-Curisr est réellement dans ce mystère; Jésus- . Christ s’y sacrifie ; Jésus-Christ s'y donne.
L. Jésus-Christ est dans ce mystère. Nous. devons le croire ; nous devons l’ÿ adorer; nous devons l'y visiter. 1. À qui croirons-nous, si nous ne croyons pas à un Dieu qui parle ? N’est-il donc pas assez puissant pour faire ce qu’il dit P Ceci est mon corps qui sera livré pour vous , dit Jésus-Christ; ce calice est mon sang qui sera répandu pour vous. Or, ce n’est, pas la figure de son corps qui a été livrée pour nous, mais son véritable corps ; ce n’est pas la figure de son sang, mais Son vrai sang qui a été répandu : son vrai Corps et son sang sont donc dans ce mystère. Je n'ai pas besoin du témoignage de mes yeux pour m'assurer de la présence de Jésus-Christ sur l'autel , disait saint Louis ; la foi me suffit ; je le crois avec. plus de. fermelé que si Je le voyais en personne. aile} :!
2. Puisque Jésus-Christ est, présent dans ce mystère, quels sentimens de respect et d’adoration nelui.devensnous pas ! Si nous l’avions vu lorsqu'il était sur laterre, | avec quelle profonde humilité aurions-nous approché sa personne adorable ! Lui en devons-nous. moins parce que nous ne le voyons pas ? Les démons tremblent en sa présence ; des millions d’esprits célestes remplissent ses temples, et l’adorent avec une sainte frayeur : et
gg + . DE LA RELIGION. 215 vou pniserebles {nous osons y paraître avec dissipatiogi JA emble devant un roi mortel ; et nous sommes
s 1 ct yant un Dieu! Ne savons-nous pas que, SL est dans ce mystère un Dieu caché. il n’en est pas moïnsun Dieu terrible?
3, La preonmainonce, l'amour et la confiance doivent nous engager à lui rendre de fréquentes visites. C’est pour notre amour qu’il habite parmi nous : il nous invite à aller à lui : pourquoi nous éloignons-nous d’ân es nous appelle ? Lorsqu'il était sur la terre, les peuples en foule accouraient à lui; s’il allait dans, le set les peuples le suivaient ; s’il entrait dans les vi ie allait au EN 4 peuples l'accompagnaient. Cest e même Jésus-Christ qui habite parmi nous, et nousde laissons seul! Nous n’avons point d’ami plus ten-
re, il est notre Dieu, notre Sauveur et notre Père, et nous vivons avec lui comme s’il nous était étranger ! Quelle ingratitude !
Apprenons des courtisans qui font sans cesse Ja cour à leur prince , ce que nous devons à Jésus-Christ. Devons-nous faire moins pour le Roi du ciel, que tant de flatiirs mercenaires ne font pour les rois de la terre P N’est-il pas honteux qu’on dise de nous ce que saint Jean-Baptiste reprochait aux Juifs P Jésus-Christ est au milieu de vous, et vous ne le connaissez pas , VOUS l’abandonnez: Medius autem vestriim stetit quem vos nescilis. Joan. 1.
Après tout, c’est lui qui doit nous juger ; sans lui nous ne, pouvons être sauvés : ainsi, l’état de notre ame, nos tentations, notre misère, notre salut doivent nous faire sentir le besoin continuel que nous avons de son secours et de sa miséricorde. $1 vous êtes assidu
à le visiter dans le Saint-Sacrement , soyez assuré que vous ne sortirez jamais de sa présence sans recevoir quelques nouvelles grâces. Le démon, ia paresse, les compagnies , le jeu, vous éloigneront d'une si sainte pratique ; les écouterez-vous au préjudice de ce que vous devez à votre Sauveur et à vous-même ? Si vos occu- -patiops ne vous permettent pas de le visiter dans son temple, du moins pensez souvent à lui, en l’adorant : en implorant son secours.
IT. Jésus-Christ se sacrifie dans ce mystère. Le Æile de Dieu, dit saint Paul, s’est abaïssé jusqu’au néant, en se faisant homme ; mais il s’est humilié bien plus pro= fondément, en se faisant victime sur la croix. Or, tous les jours il continue de se faire victime, en s’offrant en sacrifice à son Père. Considérez, lorsque vous assistez à la messe, pourquoi Jésus-Christ s’y offre en sacrifice. C’est pour faire ce que nous devons fairenousmêmes, et ce que tous les hommes ne peuvent faire dignement sans lui : c’est pour y adorer son Père, et le remercier pour nous ; C’est pour lui demander pour nous des grâces , et apaiser la justice de son Père sur nous.
Oh! combien est agréable à Dieu cette victime humiliée ! Dieu pourrait-il souffrir tant de crimes sur la terre, s’il ne voyait sur nos autels son Fils qui se sacrifie pour les expier ? Assistons à ce Sacrifice adorable, en nous unissant à cette victime sainte pour rendre nos hommages au Tout-Puissant, pour obtenir le pardon et sa miséricorde ; assistons-y souvent, le Ar seule messe rend plus de gloire à Dieu que les bonnes œuvres de tous les justes; assistons-y avec les mêmes sentimens de douleur et de reconnaissance que nous aurions eus, si nous eussions assisté à sa mort sur le Calvaire. Mourons en esprit avec lui, en faisant mourir nos passions : £amus el nos , ul moriamur cum eo.
IT. Jésus-Christ se donne à vous dans ce mystère. Quelle bonté dans un Dieu ! La mère la plustendre at-elle jamais fait pour un fils ce que Jésus-Christ fait ici pour nous ? 11 veut être la nourriture de notre ame pendant la vie; et, pour marquer encore plus sa charité, il veut lui-même nous servir de viatique etde sauvegarde à la mort.
Oh! que le voyage de cette vie pour allér au ciel est bien plus difficile que celui du prophète Elie à la montagne d’Horeb ! Tout y est rempli d’écueils et d’ennemis. Dieu envoya à ce prophète un pain matériel pour le fortifier ; mais Jésus-Christ nous donne un pain céleste, quiestson propre corps. Prenons ce pain divin avec foi; nous serons terribles au démon méme, dit saint Chrysostôme. C’est surtout à la mort que nous ressentirons avec consolation ses heureux effets dans le
sacré Viatique. Le démon redoublera alors ses efforts pour nous perdre ; mais qu’aurons-nous à craindre , Jorsque, par lacommunion , nous aurons Jésus-Christ avec nous?
Concluons avec le Prophète, qu'il n’y « point de nation qui ait des dieux comme le nôtre, qui s’«baisse uinsi jusqu'à nous. Deut. 4. Les païens qu’on istruisaitdans nos mystères, avaient bien raison de s'écrier : Or! que le Dieu des chrétiens est bon ! qu'il mérile d’être aimé ! Nous sommes bien malheureux £ dit un saint Evêque, si, ayant autour de nous les charbons ardens de la charité d'un Dieu, nos cœurs, par unsprestige du démon, sont tout de glace pour ce Dieu d'amour: Homo, tot congestis carbonibus, miraculo diabolicofriget ad Deum. Guill. Paris. Nous sommes étrangement ennemis de nous-mêmes, si nous nous éloignons de lui.
RÉSOLUTIONS
z. Je ne paraîtrai plus devant Jésus-Christ qu'avec un profond respect. \
2. Je le visiterai tous les jours, et j’assisterai de même à la sainte messe, aulant que mes occupations et ma santé me Je permettront,
3. Et souvent dans la journée , je porterai mon cœur au pied de ses autels, surtout quand je me sentirai pressé par quelque tentation.
O Jésus! je vous adore dans l’auguste Sacrement de votre amour: Ah ! pardonnez-moi mes ingratitudes passées.