‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 105 sur 186 · CHAPITRE LXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXV

De l'Extréme - Onction.

Cg sacrement , dit le Concile de Trente, est comme la consommation de la pénitence et de la vie chrétienne. Le Sauveur , ayant pourvu au salut des fidèles pendant leur vie , n’a pas voulu qu’ils fussent sans secours à la mort. L’apôtre saint Jacques, le parent du Seigneur, nous a fait connaître l'institution de ce sacrement et ses effets.

I. Ce sacrement augmente la grâce sanctifiante , achève de purifier l'ame, remet les péchés qui ne sont pas encore expiés, supplée aux pénitences que nous mavons pas faites, plus ou moins, selon les dispositions de ceux qui le reçoivent; il fortifie contre les assauts des démons, qui attaquent les mourans avec plus de fureur, voyant qu’il leur reste peu de temps : Diubolus… habens tram magnam , sciens quia modicum tempus habet. Ap. 12. v. 12.

Ce sacrement console les mouräns, adoucit leurs peines, les rassure contre les inquiétudes de la mort et contre l’excessive frayeur des jugemens de Dieu, ranime leur confiance ct leur amour envers Dieu ; il met enfin le sceau à la prédestination, par une mort sainte. Combien seraient morts en réprouvés sans ce remède salutaire ! combien de fidèles craignant Dieu , qui d’abord'après leur mort vont au ciel où demeurent peu de temps en purgatoire, qui resteraient long - temps dans les tourmens s'ils n’avaient pas reçu ce sacrement des mourans |

. Sacrement si efficace, qu’ peut, selon la doctrine du saint Concile , rétablir la santé quand il est expéd'ientpour le salut, pourvu, dit saint Thomas, que le malade n’y mette pas obstacle. Plusieurs ont en effetrecouvré lasanté, après avoir reçu l’huile sainte. On verrait bien plus souvent les effets de ce sacrement, et l’efficacité des promesses de Jésus-Christ, si on le recevait avec une vive foi. C’est donc avec raison que l'Eglise a frappé d'anathème ceux qui disent qu’un chrétien ne

226: PENSÉES:SUR LES VÉRITÉS pèche point en le méprisant : Le mépris d'umsigrand, sacrement, dit le saint Concile, est un crime énorme, un outrage contrelle Saint-Esprit. Sess. 24, c. 3. IL. Quant à la préparation pour le recevoir, il faut deux choses, le temps et les dE bsitront ol, Le temps. Ce sacrement ne doit être reçu que dansdawmaladie, lorsqu'on est dans un -prochain danger-demorts. On ne doit pas cependant attendre qu’on soit à l'extrémité 4 ce serait tenter Dieu d'espérer la santé durcorpstparla vertu de ce sacrement, lorsqu'on attend-pourle recevoir que tout soit désespéré. Dieu n’est pas obligé à nous tirer par miracle d’une extrémité où notre négligéncenousta réduits. L’ame elle-même ne recevrait pas ces «effets si abondans, si l’on attendait de recevoir ce sacrement quand on n’a plus ni connaissance ni sentiment. 2. Les dispositions. L’Extrême-Onction étant La consommation de la pénitence, 11 faut être pénitent, confessé, s’il se peut, pour le recevoir. Le secours du saeréViatique, un grand désir de s'unir à Dieu et de l'aimer un if repentir de ses fautes, une foi pleine de confiance aux mérites du Sauveur dont on espère la miséricorde par la vertu de l’onctiôn sainte, sont les dispositions avec lesquelles ce sacrement produit ses effets dans leurplénitude, ériteis C’est donc un piége du démon et une grande faiblesse de craindre ce sacrement : loin d'avancer la mort et de nuire au malade , il peut guérir le corps et "sanctifier J’'ame. On se met au hasard d’en être privé, lorsqu'on diffère trop ; et l’on s'expose au danger de n’en pas ressentir les effets, quand on le reçoit avec répugnanceou par pure bienséance. a | :

HF, Ceux qui ont soin des malades-,“doiventiles avertir de bonne heure de faire leur testaments Faut-il , pour régler les affaires d’une famille , attendre untemps où le malade n’a plus que quelques momens pour assurer son salut et régler sa conscience , qui est peut-être encore dans le désordre ? Qu’on laisse périr tout lerreste,, s'il le faut ; mais qu’on ne laisse pas périrsontamess. On manque au devoir essentiel de la-charité lorsque, par respecthumain , ou parinterét, onluicachele eu

goroùilest. On lui fait tort si, dans la crainte del’alar-

DELA RALIGION, 227 mer ÿretpar des vues humaines, on l’expose à mourir sans savoir qu'il meurt. Pourquoi lui ôter le mérite ct la consolation d'offrir à Dieu le sacrifice de sa vie ? Combien de péchés n’effacerait-il pas par ce sacrifice volontaire? Pourquoi l’exposer à recevoir sans connaissance, ét peut-être sans fruit , un sacrementsi consolant ? Quel prejudice ne porte-t-on pas à un mourant par ce silence pernicieux P

‘On doit exhorter un mourant avec des paroles tendres ét affectueuses, en peu de mots; les répéter de temps en temps; pas trop souvent, ni d’une voix trop élevée qui fatiguerait le malade. Qu'on n'oublie pas l’eau bénite | dont l’aspersion peut mettre les démons en fuite: ad abigendos dæmones. Orat. Eccl.

RÉSOLUTIONS

» 1. Puisque ce sacrement produit tant et de si huereux effets, je, demanderai qu’on me l’administre dès que je serai atteint grièvement d’une maladie dangereuse.

2. Je m'y préparerai avec soin par la confession accompagnée de grands sentimens de contrition, de confiance et de foi.

2. J'auraisoin aussi, autant que je le pourrai , que mes proches, mes amis, en général mes connaissances et tous. ceux qui dépendront de moi, ne décèdent pas sans ce puissant secours.

Soyez béni, Ô mon Dieu ! de ce que vous avez bien voulu nous donner un moÿen si consolant et si efficace pour nous communiquer vos grâces , dans une circonstance où nous en avons lant besoin.

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