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| Le spectacle de l'univers nous annonce et nous Le “préche les grandeurs de Dieu. " : préche les grandeu ru.
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… Du, qui se fait sentir au dedans de nous,se manifeste encore au dehors par le spectacle de la nature : nous devrions done sans cesse admirer dans ses ouvrages. + LTout ce que nous voyons nous annonce et nous préche ses grandeurs. Le soleil est comme le trône de sa majesté: {x sole posuit tabernaculum suum. Les cieux, par leur magnificence, publient sa splendeur et sa gloire Cœli enarrant gloriam Det. La terre et tout ceelle contient, les montagnes et les vallées, les animaux et les plantes, les pluies et les tonnerres, les campagnes et les forêts, les mers et les merveilles kr renferment, nous disent qu’ils sont l'ouvrage e ses mains. La grandeur, l’étendue de Puniéers lé variété "de tant de créatures, l’ordre, l’arrangement, Pharmonie qui sont entre elles, nous prêchent la sagesse et la puissance d’un Dieu. | ÆEn eflet, si je considère le globe de la terre, tant de royaumes, de provinces et de vastes empires , tant de nations et de peuples qui l’habitent, tant d’océans et de mers quila partagent, elle me paraît d’une grandeur quiin'étonne, Mais si, d'un autre côté, je regarde l’étendue des’ cieux , la terre n’est plus en comparaison quescomme ün grain de sable.
Quand je contemple le soleil, et que j'entends les plus savans mathématiciens assurer ee estun million de foïs plus grand que la terre , qu’il en est éloigné de trente millions de hieues ; quand je fais réflexion sw la planète de Saturne est un astre neuf cent fois plus
uéla terre, et éloigne de nous de trois cent mil- Fdbbuss , mon esprit se perd dans cette dimension.
Mais quand je considère que cet espace immense qui renferme de soleil et les planètes, n’est qu’une petite portion del’univers, et qu’il y a autant d'espaces pareils
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qu'il y a d’étoiles fixes ; quand je considère qu'il n'y a nulleomparaisonentreles étoiles et les planètes, que ces
étoiles, ces globes lumineux, effacent et surpassent le soleil et les planètes en grandeur, en élévation, en lumière, je suis comme en extase, hors de moi-même.
Ce n’est pas tout. Lorsque j'entends les plus savans observateurs qui me disent qu’il est démontré et qu'il est certain que, si une flèche parcouraît par sa vitesse six mille toises dans une minute, il lui faudrait plus de vingt ans pour arriver d'ici jusqu’au soleil, et plus de deux cents ans pour arriver à la plus haute des planètes.
Bien plus, que les étoiles fixes sont si élevées audessus du so x et si éloignées de nous, qu’il faudrait à cette flèche, allant toujours avec la même vitesse, plus de six cent mille ans pour arriver à Ja première étoile fixe la plus voisine de la terre ; et que les autres étoiles, dont on découvre des milliers, et dont le nombre de celles qu’on ne voit pas est comme infini, sont encore incomparablement plus grandes, plus éloignées de nous, et toutes élevées au-dessus les unes des autres, chacune à proportion de son énorme grandeur.
Si l’on ajoute à tout cela, que le ciel Ni, ra le séjour des bienheureux , est pt chose au-dessus de tout ce qu’on vient de dire, et infiniment plus digne de la magnificence de Dieu, toutes ces idées me transportent d’etonnement ; le trouble, le respect me saisissent, et je me sens comme accablé d’admiration. Je m’écrie avec un prophète : O Israel ! que la maison de Dieu est grande ! que le lieu de sa possession est étendu ! Il est vaste et n’a point de bornes, il est élevé et immense : O Israel! quäm magna est domus Dei, et ingens locus possessionis ejus ! Magnus est et non habet finem, excelsus et immensus. Bar. 3.
Mais quand on fait réflexion à cette parole de l’Ecriture-Sainte, que parmi un si prodigieux nombre d’étoiles il n’y en a pas deux qui soient semblables ; qu’elles ont toutes une re propre et un eclat différent : Stella entm à stellà differt in claritate , 1 Cor. 15 ; que tous ces astres, depuis tant de siècles, n’ont diminué en rien, qu’ils ont toujours la même splendeur , la même activité; quand on considère que, si un seul se déplacait, tout l'univers serait dans la confusion ; que, m gre leur multitude infinie et leurs différens mouvemens , depuis
six mille ans, ils roulent toujours avec la même maiesté et dans le même ordre; tout ce qui nous reste, c’est de dire avec un prophète : O mon Dieu, que vos ouvrages sont magnifiques ! que j’ai de joie en admirant les traits de votre sagesse et de votre grandeur, qui y sont profondément gravés ! Oh! que l’homme est aveugle, qu’il est insensé, de ne pas reconnaître l’auteur de tant de merveilles! /n operibus manuum tuarum eæultabo. Quäm magnificata sunt opera tua, Domine ! Nimis profunde factæ sunt cogitutiones tuæ. Vir insipiens non cognoscet, et stullus non intel liget hœc. Ps. 91.
II. Dire que toutes ces merveilles se sont faites d'élles-mêmes ou par hasard , ce serait une plus grande extravagance que de dire qu’un palais, un riche tableau se sont faits d'eux-mêmes ou par hasard. Il est aussi impossible qu’un homme qui a l'usage de sa raison ne reconnaisse pas un Dieu tout-puissant, en voyant le spectacle de l'univers, qu'il est impossible que celui qui a les yeux ouverts au grand jour ne reconnaisge
u’il y a un soleil.
Une feuille d'arbre suffirait pour nous faire adiniret la puissance de Dieu. Tous les hommes pourraient-ils former une fleur , une feuille, ou seulement un grain de sable ? Les plus puissans monarques pourraient-ils se faire obéir par un moucheron, et former une goutte d’eau ? Quelle est donc la puissance de celui qui a produit tant de différentes créatures ?
Ïl a fallu à Salomon quarante mille ouvriers pendant sept ans pour bâtir un temple. Voilà le chef-d'œuvre du plus puissant des rois ; et ce chef-d'œuvre n’était pas seulement un petit grain de poussière en comparaison de l’univers. Mais qu’a-t-il fallu à Dieu pour
roduire tant de prodigieuses créatures ? L’Ecriture- Éainte, d’un style qui n’appartient qu’à Dieu, nous l’ap-
rend par un seul mot : Dixit. Il a dit, et tout a été fait : Dixit, etfacta sunt.
Tertullien avait bien raison de dire que la connaissance de Dieu est naturelle à notre ame ; tout ce qu’elle sent au dedans d'elle-même, et tout ce qu’elle voit au
dehors, le lui annonce. Saint Antoine passait les nuits
310 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS entières à contempler les grandeurs dk Ds ce »$ merveilles de sa puissance, et disait que l’univers est un grand livre qui nous parle de Dieu plus claitemient que tous les docteurs. La vue d’une la vue d’une étoile suffisait à saint François de Sales. pour l’élevér à Dieu. . 1 RME Ai Que la terre me parait peu de cho and je regarde le ciel! disait saint Ignace. En effet, si | globe de laterre n’est que comme un-graïn de’sable, en comparaison de l’étendue, de la magnificence des cieux ; quelle est la folie des hommes d’oublier lé giel , de se fatiguer , de s'amuser à contester pour sePartagér.entre eux un grain de poussière! Nous sommes bien stupides, si la vue des créatures n’élève pas nos esprits jusqu’à la connaissance du Créateur. Nous sommes bien ingrais , si nous n’aimons pas celui qui a produit tant de merveilles pour notre service.
RÉSOLUTIONS
1. À l'aspect des beautés admirables qu'offre le spéctacle de la nature, j'élèverai ma pensée vers celui qui a créé toutes ces merveilles. s+
2. Et je me dirai : Si toutes ces créatures sont si belles , combien celui qui les a faites, mises en ordre, et qui les conserve, est plus beau encoré !
O mon Dieu ! que vous êtes grand et admirable dans Vos œuvres! ‘faites que je vous connaisse , que je vous aime, et que jé vous serve toute ma vie. m,?
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