‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 130 sur 186 · CHAPITRE CXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXIV

Tiny a que la Religion et la Foi qui nous apprennent à connaitre Dieu parfaitement.

L. L’nomme serait bien à plaindre, s’il n'avait pas la Religion pour-éclairer et fixer son esprit: car y a-tsil absurdités et extravagances dont l’esprit humain ne soit capable quand il est livré à lui-même ? N’a-t-on pas vu des peuples canoniser les vices, placer "parmi les dieux des hommes scelérats ? N’ont-ils pas porté [a folie jusqu’à adorer des dragons, des boucs’, des tau-

de > à Q nu à ha DE re y "Ds A RecreiON. 311

dns L: sénueuT F0 RES Lendre aux excrémens des bêtes des hom-

*- Tant d’infidèles ongés dans la plus grossière ido-

ätrié, fant de déistes, de libertins, de sophistes, d’hérés, de sectaires, dont l'esprit ne se repait que de ch mères , de faux principes , de raisonnemens captiezx, “d'illusions, de vétilles et de rêveries, nous font assez comprendre qu’il n’y a que la Religion et la: foi qui puissent corriger les erreurs de l’esprit humain, et le nn (DU nes bn A. 2 oups * TP La Religion, par le moyen de la foi, répand plus del Mb f dans is de Pas lui Rs 8 de Connaissance des grandeurs de Dieu, que les savans du paganisme n’en ont jamais acquis.

"Elle nous apprend qu’il est d’une si haute majesté, que d’un seul regard 1l peut ébranler la terre et les colonnes du firmament ; que les anges, les puissances

des cieux sont courbés et tremblent en sa présence :

Tremunt potestates. Que tous les monarques du monde sont si peu de chose devant cette Majesté suprême, qu'ils fe sont pas seulement dignes de former la poussière de son Char. ne Sa puissance est sans bornes ; qu’il peut d’une parole créer des millions de mondes plus vastes ét plus brillans que celui que nous voyons ; qu’il a une Science si profonde et si claire, que d’un seul acte il voit tout ce qui à été, tout ce qui est, tout ce qui sera, tout ce qui est possible. Que sa providence s’étend. à toutes ses créatures ; qu’il les aime toutes ; qu’il a soin de toutes, jusqu'à la fourmi ; qu’il règle et dispose tout

ar Sa sagesse ; que rien n'arrive par hasard ; que les

Etes et les maux , les disgrâces et 1h prospérite arrivent celon ses desseins, pour servir à sa gloire et au bien “de ses élus.

La Religion nous apprend qu’il est si juste et si saint, “qu'il veut que tout soit selon l’ordre et la règle qu’il a “prescrits par les lois de sa sagesse : ce qui est contre cet oidre et cette règle, est ce qu’on appelle le péché ; qu'il lé déteste comme un désordre, et le punit comme un attentat aux lois de sa sainteté ; qu’il a réprouvé des millions d’anges pour un péché qu’il ne leur a point par-

donne, pour faire connaitre qu'il est juste et saint, et

qu’il n’a besoin de personne ; que, s’il riens aux hommes, c’est par une miséricorde ineffable ; sa charité et sa tendresse s'étendent à tous ; Ai pè sincèrement les sauver tous, et donner à tous les moyens nécessaires pour être saints ; que s’il souffre le péche sur la terre, c’est qu’il attend le retour du pé et que, si les pécheurs abusent de sa patience, 1l aura l'éternité pour les punir : Patiens, quia æternus ; quil est indépendant et immuable, toujours le même ; qu’il est ce qu'il a toujours été, suffisant à lui-même, occupé dignement de lui seul :car des millions de mondes ne seraient pas une occupation suffisante à un Dieu, puisque la formation de tant d’astres , de tant de créatures, l'arrangement de l’univers, n’est que l'ouvrage de ses doigts , et comme un jeu pour lui : Opera digitorum tuorum , ludens in orbe terrarum. à

Son occupation dans l'éternité , ayant tous les siècles, est de contempler ses grandeurs. En se connaissant et se contemplant lui-même dans sa divine essence, comme dans un miroir vivant, il forme, engendre dans la splendeur de sa sainteté, pe la fécondité de son entendement , son image égale à lui-même. Cette image vivante est ce que nous appelons son Füls, ou son Verbe. Ce Fils Connaît et aime son principe, que nous appellons le Père. Le Père aime aussi son Fils ; et de cet amour naturel procède une troisième personne, qui est le Saint-Esprit ; et voilà ce que nous appelons le mystère de l’adorable Trinité, qui est Dieu même, occupé à se connaître, à se contempler , à s'aimer. Voir ce mystère dans le ciel, c’est le bonheur des saints et la souveraine félicité ; mais le vouloir comprendre icibas , c’est une souveraine témérité.

UT, La Religion nous apprend que Dieu mérite d'être souverainement honoré , mais qu’il ne peut être honoré dignement par aucune créature ; Le l’homme, après son péché, ne peut, par lui seul, lui satisfaire, parce que toutes les créatures réunies ensemble, comparées à Dieu, sont si peu de chose, qu’elles sont comme si elles n’étaient pas : Quusi non sint.

IL était cependant convenable que Dieu fût honoré de ses créatures intelligentes par des hommages digues

DB LA RELIGION. 313 grandeurs, et que l’homme coupable pût se récil vs Dieu, et c’est ce qui est arrivé par l’incaration du Perbe, où Jésus-Christ, l'Homme-Dieu , | son Père un hommage parfait, et releve ie qui était tombé. C’est par ce Verbe incarné anges l’adorent : Per quem majestatem tuam , angeli. C’est par lui que les hommes rendent leurs hommages à Dieu, qu’ils sont réconciliés à Dieu, qu'ils le patent : Per ipsum, cum ipso et in ipso est tibi Deo Patri omnipotenti.….. omnis honor et gloria. . Toutes ces idées nobles et élevées que la Religion nous donne de la Divinité, sont toujours infiniment au-dessous de ce qu’elle est. Une seule de ses perfections est audessous de toutes nos conceptions. /ncomprehensibilis cogitatu. O mon Dieu ! que vous êtes grand , que vous êtes adorable ! heureux sr qui vous craint et qui vous sert ! pus heureux celui qui vous aime et qui vous possède !

RÉSOLUTIONS

1. Je m’attacherai de plus en plus à la Religion, dont les dogmes sacrés bannissent les ténèbres de mon ignorance, m'inspirent de Dieu des pensées nobles, fondées sur sa parole même, et m’apprennent ce que je suis, pourquoi je voyage passagèrement sur cette terre d'épreuve, ce que je dois espérer pour la vie future, et ce qu’il faut que je fasse pour mériter ce suprême bonheur,

2, Je tâcherai de conformer aussi ma conduite à ces dogmes divins,

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