‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 142 sur 186 · CHAPITRE CXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXVIII

Les hérétiques se scandalisent mal à propos des déréglemens. des catholiques.

I: Les hérétiques nous reprochent qu'on voit de | grands abus parmi nous. S'ils regardent comme des |

352 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS abus nos cérémonies et nos pratiques de piété, ils ont tort, puisqu'elles sont toutes saintes, et la plupart aussi. anciennes que l'Eglise. Ils les méprisent, parce qu'ils n’en comprennent ni le sens m1 le mystère.

S'ils äppellent abus les désordres et les scandales qui sont parmi nous, ils ont raison de s’en plaindre ;

! mais il ont tort de les faire tomber sur la Religion et : sur l'Eglise. Est-ce que l'Eglise romaine approuve au-

cun abus et aucun désordre ? Mec facit, nee probat, nec tacet, disait saint Augustin aux hérétiques de son

‘temps. L'Eglise ne condamne-t-elle pas toute doctrine,

tout livre, toute pratique, qui attaquent l’intégrité de la foi et la pureté des mœurs ? Y a-t-1il un concile ,un synode , un chapitre qui ne soit assemblé pour réformer ou prevenir les abus ? Pourquoi tant d’évêques , de vicaires-généraux, de promoteurs, de pasteurs, de superieurs, si ce n’est pour s’opposer aux abus P

Si notre sainte Religion était fausse à raïson des abus, il n’y aurait point de religion au monde, puisqu'il y a partout des scandales et des abus. N’y en a-t-il pas eu parmiles Apôtres ? Un d’entre eux a renié son maître, un autre l’a trahi ; faut-il conclure que le sacré collége des Aw%#2s n’était pas l’Eglise de Jésus-Christ? S'il fallait absolument ôter tous les abus, il faudrait aussi ôter ce qu’il y a de plus saint, puisqu'il n’y a rien de si sacré dont on n’abuse. Judas n’a-t-il pas abuse de

Ja divine Eucharistie en présence de Jésus-Christ même?

Le Sauveur a-t-il pour cela Ôté ce grand sacrement ? IT. Les hérétiques ne nous disent rien de nouveau, lorsqu'ils nous reprochent les scandales qui sont parmi nous, dans Îes états même les plus éminens, et les professions les plus saintes. Nous les voyons, nous en gémissons, nous en versons des larmes. Mais, après tout, ces scandales ne sont pas dans tous ; ily a parmi nous beaucoup d’ames saintes, dans toutes les conditions, et en très-grand nombre.

Mépriser l'Eglise romaine à cause des abus qui sont armi ses enfans, c’est prétendre que dans la vraie Église il n’y a que des gens HiperesbS et sans défauts ; et c’est se tromper. Partout l’homme est sujet à de grandes misères et digue de compassion. Les petits

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esprits raillent et se scandalisent de tout ; mais les personnes sensées, ceux qui aiment la loi de Dieu, en gémissent , et ne se scandalisent de rien : Von est illis scandalum. Ps. 118. .

S'il y a des désordres parmi les catholiques , il y en a encore de plus grands parmi les hérétiques : car il n°y a point de désordre qui ait des suites plus funestes et: Eu icreparables que l’hérésie , le schisme et la perte!

e la foi. F . D'ailleurs, ce n’est pas précisément à la sainteté des catholiques et des ministres de l'Eglise, mais à l’autorité de cette Eglise, à l'autorité des pontifes et des premiers pasteurs, que la foi du fidèle est attachée. Voilà ce qui déterminait la foi de saint Augustin : Je ne crotrais pas méme à l'Evangile, disait cet incomparable docteur , s: l'autorité de l'Eglise ne m'y déterminait. Remarquez qu'il ne dit pas, La sainteté des pasteurs de l'Eglise, mais son autorité. Et voilà ce qu prouve que l’Eglise catholique est l’ouvrage de

ieu, puisque, par l'autorité qu’elle a reçue de Jésus- Christ, la foi s’y soutient dans toute son intégrité. Sa foi sera toujours sainte, toujours pure et sans tache, malgré les scandales.

Cette Eglise n’a pas besoin que d’autres la réforment ; dirigée parle Saint-Esprit, elle travaille elle-même sans cesse. à la réformation des abus et à l’extirpation des erreurs, par la sagesse de ses lois et de ses décisions.

RÉSOLUTIONS

Je respecterai les cérémonies de l’Eglise,

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