CHAPITRE CXXV
Réflexions sur l'établissement de l'Eglise.
Ï. Quanp on considère l’établissement, les progrès et la durée de l'Eglise romaine, quand on voit saint Pierre, homme inconnu et étranger, qui, en présence d’un tyran, le plus puissant ennemi du christianisme, vient poser le premier siége de l’Eglise dans Rome, capitale du plus redoutable empire du monde ; quand on voit les empereurs païens se déchaîner pendant plus de 300 ans contre cette Eglise, avec des efforts capables de détruire les plus puissantes monarchies; quand on voit tout l'empire romain, qui jusqu’alors avait donné tant de marques de clémence et de modération, même envers ses ennemis, qui tout-à-coup change de caractère et de génie, et, passant toutes les bornes de l’humanité naturelle, s’acharne avec fureur pendant tant de siècles à massacrer les enfans de l'Eglise, ses plus fidèles sujets, sans épargner même les papes, ses pontifes qui , au nombre de trente-trois, ont souffertsuccessivement le martyre pour sa défense, sans que tout cela ait pu l’empécher de s'étendre promptement et de se pe étuer : quand on voit, d’un autre côté, que cette
glise a été , depuis son établissement , attaquée par une foule de sectaires et d’herétiques, qu'elle a vu dans son sein des scandales énormes , des schismes, des désordres crians; que, malgré tout cela, elle a toujours conservé la même foi et le culte de Dieu dans toute sa pureté; que reste-t-il à dire, si ce n’est qu'il n’y à qu'un Dieu qui puisse en étre l’auteur; qu’elle est un miracle toujours subsistant; que Dieu nl , qui l’a établie, la soutient contre la puissance et la malice des hommes ? 4 Domino factun est istud ,.et est mirabile in oculis nostris. Ps. 117.
IF. Jésus-Christ la soutient par son assistance et par l'autorité qu’il lui a donnée. A vec cette assistance et cette autorité souveraine, l'Eglise conserve toujours l’unite dans ses membres, la vérité dans ses dogmes,.la perpctuité dans sa durée. dE vie.
1. L'unité. Un royaume divisé, sans union et sans | subordination , ne peut subsister. Voilà où en sont les hérétiques ; ils n’ont point l’wnité. Toujours divisés et flottans dans leur croyance, ils n’ont ni église mère, ni chef légitime pour les réunir et les fixer ; semblables à un vaisseau sans pilote, qui vogue au gré des vents, à une famille sanschef, à une armée sans commandant, où tout est sans subordination et sans ordre.
I1 n'en est pas de même parmi nous. Nous reconnaissons et nous adorons Jésus-Christ comme chef invisible de son Eglise : mais cette Eglise étant visible, il faut aussi qu’elle ait un chef visible qui la gouverne et qui la réunisse , afin qu'elle ne soit qu'un seul troupeau sous un commun pasleur , pasteur des pasteurs mêmes. :
Jesus - Christ, disant à saint Pierre : Pais mes agneaux et mes brebis, affermis tes frères, a établi ce chef visible comme son vicaire sur terre, en la | personne de Pierre et de tous les papes ses successeurs : } de telle sorte que tous les fidèles et tous les évêques , unis à ce chef, ne font qu’un même troupeau ; et que toutes les églises narticulières de l'univers, unies à cette Eglise mère, ne sont qu'une même Eglise de Jésus-Christ. Celles qui s’en séparent ne sont plus que des sectes errantes , et ne sont plus de Eglise de Dieu.
2, La vérité. L'Eglise seule a l’autorité d’enseigner les vérités du salut à toute nation ; elle est la colonne de la vérité , parce que la vraie foi, la foi de saint Pierre, n’y manquera jamais; elle sera toujours dans son siége, et toujours elle éclairera l’uuivers. Les évêé-
ues établis par le Saint-Esprit pour la gouverner , étantunis à ce siége apostolique, n’enseigneront jamais lerreur. Quelques évêques peuvent tomber dans l’erreur; mais le corps des évêques, uni au chef de l'Eglise, ne peut érrer. Jésus-Christ a promis d’être avec.eux jusqu’à la fin des siècles.
És La perpétuité de l'Eglise est une suite des pro-| | messes du Sauveur : Tu es Pierre , et sur cetle pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Matth. 16. Trois
pus de l’enfer se sont ouvertes contre cette Eglise : es persécutions, les hérésies, le libertinage. On a voulu l’opprimer, on à méprisé ses pasteurs, contredit sa doctrine et sa morale. Mais cette Eglise, fondée ar Jésus-Christ sur la foi de saint Pierre, est inébran- Lie. Ses ennemis se sont toujours élevés contre cette foi apostolique , et toujours ils l’attaqueront ; mais ils ne la renverseront pas, parce que Jésus-Christ a prié
pour que la foi ne défaillit jamais. 49
De ces principes tirons trois conséquences.
Première conséquence. L'Eglise romaine étant l'ouvrage de Dieu, concluons que tout ce qu’elle commande est saint; que tout ce qu’elle fait est respectable; que tout ce qu’elle approuve est bon ; que tout ce qu’elle réprouve est mauvais ou dangereux. Si elle est obligée de tolérer des abus dans son «ei elle en gémit et les condamne; gémissons-en avec elle. : Concluons de là que se moquer de son culte, de ses pique tourner en raillerie les indulgences , les. ispenses, les censures, se soustraire à ses lois, à ses décisions, à sa doctrine, c’est être ignorant, ou impie, ou héretique. Quiconque n’écoutera pas l'Eglise, dit Jésus - Christ, regardez - le comme un païen et
Zi pDuvuicait.
ne conséquence. Lorsque nous sommes unis de
cœur et d’esprit aux évêques, unis eux-mêmes au Saint Siége, à la chaire de saint Pierre, nous avons la consolation de savoir que nous sommes enfans de la véritable Eglise, et que nous-avons la vraie foi. Laissons là les branches mortes qui s’en séparent, attachonsnous au tronc, au gros de l’arbre qui ne peut tomber. Je ne connais, dit saint Jérôme, n1 évéque Paulin , ni Vital, ni Mélèce ; je m'unis à la chaire de saint Pierre.
Troisième conséquence. Rendons râges au Tout- Puissant de nous avoir fait naître dans le sein d’une Eglise que les plus grands rois du monde se font gloire de regarder comme leur mère. Déplorons le sort infortuné de ceux qui en sont séparés, et ne soyons pas. si malheureux que de déshonorer cette Eglise sainte. bar une vie criminelle, es elan)
| DE LA, RELIGIONe 343
a LA RL Ti ta 2 À RÉSOLUTIONS. \ê :
.# Non, rien ne séra capable de troubler la certitude que j'ai
e.dans le ber: il de mon Sauveur, tant. que je serai soumis,
L'e du salut, aux, premiers pasteurs eux-MÊMES unis à leur
ef le souverain Pontife. |
2. Étéviterai, avec tout le soin dont je serai capable, tout ce quipourrait me détourner de’ cette soumission, sé.
“Mon Dieu, faites-moi là grâce d’être, jusqu’au derniersoupir dema
vie, Un-enfant docile de l'Eglise catholique , apostolique et romaine.
eus bin à Minas af? : | | ) :
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LT
mutrne sit CHAPITRE CXXVI.
Quélle différence il y «æ entre les catholiques et les Lralhsathél hérétiques.
L. LEs catholiques sont assurés d’être dans l'Eglise de Jésus-Christ, parce que l'Eglise catholique peut remonter de siècle en siècle jusqu’à Jésus-Christ, par | la succession de ses pasteurs. Les hérétiques n'ont! point ce privilége. Avant Luther, Zuingle et Calvin ,il n’y avait ni luthériens, ni zuineliens, ni calvinistes. Leur église, de même que celle de tous les autres sectaires, étant nouvelle, n’est donc pas l'Eglise de Jésus-Christ.
M. L'Église catholique a un chef visible établi par Jésus-Christ dans saint Pierre. L'église des hérétiques n’a point de chef visible ; séparée de la chaire de saint Pierre, elle ne peut donc être l'Eglise de Jésus-Christ.
Si, par dérision, ils nous appellent papisles, et. notre sainte Religion le papisme , c’est ce qui fait notre
oire etleur confusion. Peuvent-ils, ignorer que Jésus-
rist à donné un chef visible, un pape, un souverain
ponufe à son Eglise, en disant à Pierre, qu'il onderai sur lui son Eglise, qu’il lui donnerait les clefs d'u royaume des cieux ; que c'était à lui de paitre ses agneaux el ses brebis, d’affermar ses frères ;
ue sa foine manquer ait jamais P Matth. 16. Joan.
1 Lue. . Ï nous est glorieux d’être soumis à celui e Jésus - Christ a établi pour être notre premier paseur nôtre premier docteur et son vicaire sur la terre. Les hérétiques Sont bien aveugles de s'élever conlre-uue autorité que Jésus-Christ a lui-même établie.
"AI. Saint Paul, au vingtième Chapitre des Actes,
dit que le Saint-Esprit à établi les évéques gouverner l'Eglise de Dieu. Les catholiques ont toujours été soumis au corps épiscopal, toujours gouvernés par les évêques unis en communion au souverain Pontife. Les herétiques, au contraire, sont ennemis de l'épiscopat , et ne sont point gouvernés par les évêques ni par le souverain Pontife. Si quelques-uns de leurs pasteurs ont retenu le nom d’évêques, ils ne sont point unis au chef de l'Eglise ; ils ne sont donc pas de l'Eglise de Dieu.
IV. La foi de l’Eplise catholique est la même partout ; ses cérémonies , son gouvernement peuvent varier , mais il n’y a jamais ni variation ni changement dans sa foi. La croyance des hérétiques n’est point la même partout ; elle change selon les différens pays, selon les différentes sectes, et selon les différens ministres qui l’enseignent.
V. Les catholiques ont une règle sûre pour fixer Jeur foi. Aussitôt que l'Eglise romaine a décidé , tout bon catholique est soumis, et qui n’est pas soumis n'est plus catholique. Rome a parlé, dit saint Augustin, la cause est finie. Les hérétiques, au contraire, n’ont point de règle pour fixer leur foi. Ils se vantent d’avoir l’Ecriture ; mais l’entendent-ils ? et comment l’entendent-ils ? Saint Pierre nous dit que,
se Die FE : :
pour l'intelligence de l'Ecriture, 1 ne faut pas s’en rapporter à sa propre interprétation , et que plusieurs en abusent pour leur perte. 11. Ep. 1 et 3, Cependant, chez eux, chacun prétend l'expliquer : l’un donne une explication, et l’autre en donne une contraire ; lequel des deux faut-il croire P À Genève, ils interprètent l’Ecriture-Sainte dans un sens, en Angleterre dans un autre : elle ne peutdonc régler leur foi.
Je soutiens que mon explication d'Evangile est vraie, disait Tertullien ; Marcion pense le contraire , et soulient que la sienne est véritable. Quiest-ce
ui nous fixera el nous mettra d'accord P IL faut due une autorité visible pour fixer les esprits; c’est’ l'autorité de l'Eglise, et non pas l'esprit particulier, Je ne croirais pas méme à l'Evangile , dit saint Augustin , si l'autorité de l'Eglise neme déterminait. VI. Les catholiques ont un motif surnaturel de leur
DX LA RELIGION, 346 foi. Ils croient, non pas sur leurs propres lumières, mais sur l’autorité de Jésus-Christ qui leur commande d'écouter l'Eglise, c’est-à-dire les premiers pasteurs
le Saint-Esprit a préposés pour la gouverner. Qui les écoute, écoute Jésus - Christ même ; et voilà un motif surnaturel. Il n’en est pas de même chez les hérétiques : ils n’ont qu’un motif naturel et humain de leur foi, ou plutôt ils n’en ont point, parce qu’ils ne savent ni comment ils croient, ni pourquoi. Ils n’ont point d’autre motif de leur croyance, que leur sens particulier et leur propre esprit. Or, ce motif n’est pas suffisant pour la foi, parce qu’il est humain, et parce qu’il inspire à l’un une chose, et à l’autre le contraire. VII. Les bonnes œuvres des catholiques sont acceptées de Dieu, quand elles sont bien faites, parce qu’ils ont la foi. C’est pour cela que le démon tâche de semer la zizanie dans l'Eglise, d’y faire naître les vices, et d’empêcher les fidèles de faire de bonnes œuvres : Superseminavit zizania. Au contraire, les bonnes œuvres des hérétiques, quand même ils feraient des miracles, comme les donatistes s’en vantaient, ne sont point acceptées de Dieu , parce que sans la foi, dit saint Paul, on ne peut plaire à Dieu. C’est pour cela que le démon ne les empêche pas de faire de bonnes œuvres, et d'établir chez eux une édifiante police ; maïs il fait ses efforts pour les empêcher d’avoir la foi.
Les bonnes œuvres servirent à Corneille , parce qu'il cherchait la foi. Elles serviraient de même aux
hérétiques, s'ils cherchaient à s’instruire de la vraie foi. !
Ce commencement et ces désirs de la foi commenceraient à les approcher de Dieu.
VIII. La foi des catholiques ayant tous les caractères de la vraie foi, il est donc evident qu’on peut se sauver parmi eux; il est donc évident qu’on ne peut
point se sauver chez les hérétiques parce qu’on ne pent.
être sauvé sans la vraie foi. Les hérétiques, ont cent fois avoué qu’on peut se sauver dans l'Eglise romaine; les catholiques, «ucontraire, assurentqu’on ne peutsesauver
chez les hérétiques. Ceux-ci sont bien aveugles de ne?
pas prendre Le parti sûr, en rentrant dans l'Eglise)
cathelique, de laquelle ils sont sortis.
uk À LLC
LR 1} @q 346, ie: : PENSÉES, SUR RES VÉRITÉS desde #4 us IX. Puisque les, hérétiques. ont LeGonD AR. RQUR. pouvons nous sauver, il faut aussi qui FT CoNRAE sent. que. nous avons la foi, puisque sans la foi on ne. eut plaire à Dieu, ni être sauvé. Or, s avons a foi, ils ne l’ont donc pas; car n’y A. rates Île n’ont pas la même foi qe nous; ils n’en ont donc point. Nous avons la foi, disent-ils., puisque nous croyons. ‘en Jésus-Christ. On leur répond que tous les hérétiques, ariens, pélagiens, nestoriens et autres, ont, toujours, : dit qu’ils croyaient en Jésus-Christ. : Calvin et. Luther le disaient ; ceux de nos jours disent. de même ; mais on leur démontre par trois raisons qu'ils se trompent. 1.° Ce n’est pas croire en Jésus-Christ.que de ne pas croire tous les articles de la Foi, de recevoir. les.uns , et de rejeter les autres. Nous ne trouvons point, dans l'Evangile cette exception des points fondamentaux que. l’hérésieainventée pour ne croire que ce qui lui plaît. 2.° Ce n’est pas croire en Jésus-Christ.que dé croire, seulement. que Jésus-Christ a éte sur la terre, qu’ilsest. le Sauveur du monde. Il faut de plus croire tout.ée.qu'il. nous. a dit : or, il nous a dit d'écouter son Eglise, Les, hérétiques n’écoutent pas l'Eglise de Jésus-Christ, mais une église qui est nouvelle, une eglise qu'ils se sont faite, une église qui n’est pas établie par Jésus-Christ ; ils ne croient donc pas en lui. | -3.° On ne croit pas en Jésus-Christ .quand.on divise sa foi, quand on varie dans sa croyance, parce que l'esprit « la foi, qui est une participation de, l'esprit de Jésus-Christ, est un esprit d'unité qui est toujours le même. Or, l’esprit des hérétiques n’est pas-toujours le même; ils ont varié dans. leurs. confessions de foi. Ils n’ont pas l’esprit d'unité, puisqu'ils sont divisés sur les points de foi. De l’hérésie de Luther sont sortis plus de trente sectes différentes; decelle de. Calvin, plusieurs autres. Or, varier dans la foi, ce n’est.pas.croire selon l'esprit de Jésus-Christ, qui. est toujours le même. : Chrisius. lieri et hodiè, Etre divisé dans la foi, quitter l'Eglise jour s'attacher à difflérens partis, ce n’est pas être uni, à, Jésus-Christ, mais le diviser.: Divisus est Chrisius.
DE LA RÉLIGION. JA ï 3 T : Le nn + Forge tr CALE y À LPO RE | # RÉSOLUTIONS.
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PEL puon : 1 È Dis défierai de toute nouveauté en matière de doctrine et
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mal iendrai d'écouter , autant qu’il me. sera possible, les
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-39Et jéne me mêlerai point de disputer avec eux à cet égard, Mon Dieu, fortifiez en moi, par votre grâce, l'éloignement que
vous m'avez inspiré pour les faux dogmes des hérétiques.
A A a a niianmvinatnn
LA
uno CHAPITRE CXXVIL.
Plaintes mal fondées des hérétiques.
L. Les hérétiques se plaignent que nous les jugeons, que nous sommes sans charité dans nos jugemens. Plainte frivole ! Ce n’est paint nous, c’estJésus-Christ qui les. juge. N’a-t-il pas dit que celui qui ne croit pas est déjà jugé, que celui qui ne croit pas sera condamné , que celui qui n’écoute pas l'Eglise doit étre regardé.comme.un païen P Les hérétiques ne croient pas; ils necroient. que ce qui leur plaît ; ils n’écoutent pas l'Eglise.: que devons-nous juger d’eux ?
IL..Ont-ils bonne grâce de se plaindre que nous les jugeons , eux qui s’arrogent le droit de juger l’Eglise ? Ayant le jugement. de l'Eglise, il n’y a point d’hérétique qui ne proteste « en neserà soumis à ses décrets. Luther, avant.sa condamnation, ne témoigna-t-1l pas au, pape: Léon.X:son. profond respect envers le Saint- Siége ?.Mais aussitôt que l'Eglise a prononcé, les hérétiquesne-tiennent plus lemême langage. Ils pointillent, ! ils.examinent sile Pape ; les évêques , les conciles , ont bien décidé, pourquoi et comment 1ls ont décidé, si leur décision est. conforme à l’Ecriture, à l’antiquité ; ensuite. ils,se récrient et.lèvent le masque ; ce qui a fait: dire. sant Bernard que le pourquoi. et le comment, eur el quomodo ; sont la source des hérésies. Ce n’est
oint là.écouter , mais juger l'Eglise ; droit qui, dans ee matières, de: foi, n'appartient à aucune autre puis- | sance. C'esh œvous de nous juger, disait Pempereur / Constantin aux évêques catholiques ; mais cen’est poin& Guous de vous juger.
HIT, Si les hérétiques se plaignent de nous, nous avons des sujets bien plus légitimes de nous plaindre d’eux. Nous les combattons par des raisons ‘solides, dans un esprit de charité, tandis qu'ils nous attaquent par le mensonge et Pimposture. C’est un onge de
ire que les catholiques sont des idolâtres, que leurs pratiques sont superstitieuses ; que l'Eglise romaine est une Babylone ; que le pape est un antechrist; que les évêques , les religieux et les prêtres sont les suppôts de Satan. Voilà les calomnies que le père du mensonge inspire à ces aveugles contre les oints du Seigneur ; mais nous prions pour eux, et nous leur pardonnons, parce qu’ils ne savent ce qu’ils disent.
IV. Nous avons bien d’autres sujets de reproches. Les ministres débitent hardiment à leurs peuples cette maxime, que celui qui change de religion ne vaut rien, Les premiers chrétiens dont la vie était si sainte, ne valaïent donc rien, puisqu'ils ont changé de religion en abjurant le judaïsme et le paganisme. Il faut
onc laisser les juifs et les mahométans”dans leur croyance, les déistes et les athées dans leurs erreurs, et croire que, s'ils chan eaient, ils ne vaudraient rien. Saint Augustin et É, saints Pères avaient donc grand tort de ramener les ariens et les autres herétiques, et de les faire changer de sentimens. Est-il donc
ermis d’abuser ainsi de la crédulité-des euples, en Le débitant une maxime aussi détestable Ru
Mais ces messieurs prennent -ils garde qu’ils prononcent leur condamnation ? Ce sont eux-mêmes qui ont changé: ils ne valent donc rien. Que préchezvous dans les missions P disait une dame lüthérienne à un missionnaire, Vous préchons, répondit-il, ce
u’on préchait à vos pères, il y a deux cents ans. ne ancêtres étaient avec nous dans la communion de l'Eglise romaine. Pourquoi ont-ils quitté cette Eglise leur mère ? quel mal leur a-t-elle fait ?
L'Eglise romaine, disent-ils » à excommunié nos auteurs, et nous a chassés de son sein. Mais n’était-elle pas obligée de le faire ? Jésus-Christ n’ordonne-tl pas de traiter comme des païens et des publicains ; ceux qui
écoutent pas l'Eglise ? Saint Jean ne dit-il pas : Si
DE LA RELIGION» 3493 quelqu'un vous apporte une autre doctrine , gardezvous bien de la recevoir, ne le saluez méme pas ; car celui qui le salue participe à sa malignité P II. Joan. 10. Saint Paul ne dit-il pas : Si un ange du ciel vous annonçait un autre évangile.… qu'il soit anathème ? Nelivra-t-il pas au démon Hyménée et Alexandre , pour avoir blasphémé et parlé contre la foi ? Les hérétiques ont donc mauvaise grâce de se pire que l’Église romaine ait frappé d’anathème eurs auteurs qui ont vomi tant de blasphèmes contre Jésus-Christ, contre sa sainte Mère, contre les Saints, contre l'Eglise et sa doctrine.
Si un de leurs ministres s’avisait de prècher une autre doctrine que celle de leur confession, ne le chasseraient-ils pas. de leur communion ? Pourquoi trouvent-ils mauvais que l'Eglise romaine ait chassé de sa communion ceux qui préchaient une doctrine étrangère à la sienne ? Pourquoi leurs pères ont-ils écouté ces prédicans qui, par leur propre mouvement.et sans mission, ont empoisonné leurs provinces d’une doctrine pernicieuse , et les ont arrachées du sein de leur mère ?
V. L'Eglise romaine, disent-ils , nous a condamnés sans nous entendre. Cela est faux. L'Eglise a l’intelligence des divines Ecritures ; ainsi elle entend et comprend. toute doctrine qui leur est imposée. Il n’est pas nécessaire qu’elle entende les novateurs en personne. Ils se font assez entendre par leurs écrits, par les libelles et les troubles qu’ils sèment dans l'Eglise.
Disons plutôt que ce sont eux-mêmes qui condamnent les. dogmes de l'Eglise romaine sans les entendre. Et je leur demande pourquoi ils nous condamnent sans examiher à fond de quoi il s’agit. Pourquoi les plus savans d’entre eux prennent-ils plaisir à s'aveugler et à abuser les peuples ? s'ils avaient assez d’humilite pour s'instruire sans préjugés, comme l'ont fait plusieurs habiles: gens parmi eux, ils verraient sue n’y a rien de plus consolant, de plus saint et de j us raisonnable que la doctrine de l'Église romaine. Deux’réllexions, que je les prie de peser au poids du sanctuaire, peuvent en convaincre tout esprit qui juge sans prévention... |
* Première réflexin. Nous ceux qu quittent Sincé:
350 PENSÉES SUR LES VÉRITÉS rement le parti des hérétiques our rentrét
sein de l'Eglise romaine , le font oujours par-üt saint, et pour faire leur salut. Et au contraire’ *
* “ 2 aucun catholique n’a quitté la Religion romaine
sé faire luthérien, calviniste, où pe l TR le libertinage où par d’autres motifs aussi defectueu ‘A Ils cherchent bien plutôt, disait le sieur Piétet, ministre | de Genève, la communion conjugale que a comunion de l'Eglise. Or, que doit-on penser d’une religion qu’on embrasse par de tels motifs ?: cer - sie Seconde réflexion. Tous les vrais catholiques sont contens de vivre dans leur Religion. Aimant Eglise
romaine comme leur mère, il n’en est aucun qui ne
désire de tout son cœur mourir dans son sein, et dans là communion du saint Père le Pape. Les hérétiques, au contraire, loin de vivre contens, son jusqu’à la mort dans d’étranges remords, et dans de r' ndes inquiétudes sur leur salut, Combien en at-on entendus charger dé malédictions et d’anathèmes leurs prétendus réformateurs, qui , en les séparant de l'Eglise romaine, * les ont mis hors de la voie du salut ! sn Deux capitaines luthériens, en quartier dans le‘diocèse de Besançon, voyant les exercices de la Religion romaine, disaient ingénument que Luther et Calvin étaient des brouillons, des esprits ambitieux ; et, qu’au lieu de dogmatiser dans l'Eglise, ils devaient laisser les choses. comme elles avaient toujours été. Trois militaires cale vinistes, en quartier dans la Franche-Comté, ayant entendu pendant quelques jours les instructions d’une | Mission, dirent publiquement que leurs ministfés les avaient trompés, qu'ils débitaient des faussetés, qu’ils en imposaient aux catholiques ; et ils firent abjuration. Mais dans quelles alarmes ne doivent pas être, à là mort, les ministres eux-mêmes et les gens d'esprit par- Mieux, s'ils écoutent la voix de leur conscience ! Bérenger, qui s’eleva contre Ja présence réelle de Jésus-Christ dané l'Eucharistie. reconnaissant ses erreurs'avant dé mourir, s’écria: Hélas ! combien de peuples seront damnés pour les erreurs que j'ai enseignées! et Conunent Dieu me pardonnera:tat la perte de tant d'ames quévwélèveront contre MO du jugement à
Unhérésiarque du seizième siècle protesta, À sa mort, qu'il se repentait de s’être séparé de l'Eglise romaine, ét d’avoir vomi tant d’injures contre le Pape. Le respect humain l’empêcha de se convertir, et sur le poïintide mourir, levant les yeux au ciel, il dit : 4h / beau ciel ! je ne te posséderai jamais. Un célèbre docteur de notre siècle, qui soutenait des erreurs condamnées par le souverain Pontife, s’écria en mourant: . Je me repens de tout ve que J'ai dit et écrit contre ! le Saint-Siége et contre l'Eglise romaine ; j'en vois à présent les suites qui seront bien funestes.
Il faut l’avouer, le sort des hérétiques est déplorable ; nous leur portons compassion ; ils sont malheureux, ils sont coupables. Mais ne le dissimulons pas, les catholiques qui ne vivent pas saintement sont plus. coupables et plus malheureux , et seront jugés plus sévèrement. O catholiques! comprenez l'obligation que’ vous avez à Dieu de vous avoir appelés à la foi. Quelle honte pour vous, si vous vivez dans une Religion sainte, aussi mal que ceux qui n’ont ni religion ni foi ! Et vous, infortunés hérétiques , ayez pitié de vous-mêmes, ouvrez les Yeux-sur votre malheur ; rentrez dans,le sein de l'Eglise romaine, votre mère; pourquoi vous: obstiner à vous perdre ?
RÉSOLUTIONS
1. Je me ressouviendrai toujours que, sans la foi, il n’y ani charité ni aucune vertu chrétienne. F
2. Et je croirai à jamais que, pour être sauvé , il faut appartenir à l'Eglise, puisque Jésus-Christ a dit que celui qui n'aura pas cru sera condamné , et que celui qui n’écoute pas l'Eglise doit étre regardécomme un paien et comme un publicain. Marc. 16. 16. Matth. 18, 17.
Mon Dieu, éclairez ceux qui sont sortis du sein de votre Eglise et ramenez-les-y par votre grâce.
LADA AAA Re AAA SAAB AS PS QAR A AU AV AR RAA LA