‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 2 sur 186 · CHAPITRE PREMIER, Ét · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER, Ét

De la fin de l’homme.

[: Pourquor suis-je au monde ? Ce n’est pas pour tre riche et pour être honoré. Les honneurs et les ïens de la terre ne sont pas dignes de moi, et ne euvent me rendre content ; je ne suis pas pour jouir eswplaisirs des sens. Si cela était, l’homme dans sa n'aurait rien au-dessus des animaux. Une créature aisonnable est créée pour une fin plus noble et plus igne de Dieu.

Jewsuis en ce monde pour y glorifier mon Créaeur, et pour me mettre en état de le glorifier et de posséder en l’autre vie, voilà la fin que Dieu m'a estinée, et pour laquelle il m'a donné l'être, si je ravaille pour une autre fin , jene fais rien, et je ne iérite pas de vivre. Si le feu ne donnait aucune chaur , l serait comme s’il n’était pas, parce qu’il se. ait inutile à la fin pour laquelle Dieu l’a créé. De ième si l’homme ne s’appliquait pas à servir Dieu bar le glorifier , il serait sur la terre comme s’il n’éüt point; dès qu'il ne remplit pas la fin pour laquelle lieu. l’a mié au monde, il vaudrait mieux pour lui avoir jamais été; il devrait rentrer dans le néant üssitôt qu'il ne tend pas à la fin pour laquelle Dieu a formé: | Se Toutes les créatures visibles so pour Je servico

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de l’homme, voilà leur fin : l’homme doit donc ét et agir pour Dieu. Le Créateur ne pouvait lui des: tiner une fin plus noble, et il ne pouvait Jui en de tiner une moindre. L'homme est très-honoré d’êtr destiné à une fin si glorieuse; mais il est bien mal heuréux de ne pas tendre à cette fin dans ses opé ration Un arbre planté dans une terre fertile pour donner des fruits à son maître, ne mérite que le fe quand il ne produit ni fruits ni feuilles. Quel châti ment ne mérite donc pas une créature qui, étant placée sur la terre par la main du Créateur pour l’honorer, pe fait rien pour sa gloire ! |

IT. Notre premier devoir est done de glorifier Dieu sur la terre, en attendant que nous le glorifiions dans le ciel. Si nous lui demandons nos besoins et les choses temporelles , nous ne devons les démaänder qu’en vue de sa gloire. Vous n'êtes point ici pour les biens de la terre, disait sante Thérèse à ses religieuses #2 pour demander le suecès des choses de ce monde; mais uniquement pour glorifier Dieu, | É - Cherchez donc avant toutes choses , dit Jésus-Christ le règne de Dieu : Qucerite er go primum vegnu Dei. Matth. 6. Un père doit fairé régner Dien dan sa famille, un pasteur dans sa paroisse | un Séigneu dans ses terres, un roi dans ses ctats ; c’estipouricette Ein qu'ils ont l'autorité. Les rois vraiment grandsvét. vraïment heureux, dit S. Augustin yusonticeux quil font usage de leur puissance pour soutenir le culte.et! Ja gloire de Dieu dans leurs empires. De Civ. Dei! UB. 5, cap. 24. ,

Ce n’est point l’homme , qui n'est que misère ; mais” Dicu seul qui doit être glorifié. : Solé Deo honor. gloriaæ. Vous n’êtes point à vous, dit saiñt Augustin 54 vous êtes à Dieu, qui vous a fait ce quevouis'êtes; iM est donc juste que vous viviez uniquementpour sa gloire : Totum te evigit, qui lotum te fecit.

Qu'il est consolant et glorieux de vivre pour son Créateur ! Si l’on se fait un honneur de servir les” grands du monde , quel honneur de servie Dieu, le plus grand et le meilleur de tous les maîtres ! La moindre action faite pour sa gloire vaut incoraparablement plus

; DE LA RELIGION, 3 son les exploits des conquérans , ét que tout ce d'il y a de grand dans l'univers. Oh ! que l’homme ennemi de lui-même , quand il oublie ce qu’il doit “a auteur, puisqu’en oubliant ce qu’il doit à Dieu , oublie son propre salut et son honneur !

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RÉSOLUTIONS

1. Puisque Dieu m'a créé pour sa gloire, je me proposerai désorais cette noble fin dans tout le détail de ma conduite.

|2. En conséquence jy rapporterai toutes mes actions et mes uffrances, ne manquant pas de les offrir à Dieu, dès le matin us les jours, et renoncant à tout ce qui pourrait lui déplaire üs més pensées, mes affections et mes démarches : offrande et oncement que je renouvellerai de temps en temps pendant la; urnée, surtôut quand j'aûrai eu le malheur de les contredire par helque faute notable.

O mon Dieu Yje vous ai bien mal servi jusqu'ici; pardonnez-moi | passé, je vousen supplie, et faites-moi la grâce de m’attacher à pus comme à mon unique fin.

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