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Ce que le péché à fait souffrir à un Dieu dans l’hu manité du Verbe incarné, en est une preuve: Qu'est-ce qui a accablé cet Homme-Dieu d’une tristesse mortelle, jusqu'à lui faire suer le sang P N'est-ce pas la vue des péchés du monde ? Oui, dit un Père, la vue du péché a plus causé de douleur au Fils de Dieu queles plaies de son corps : Plus gravant vulnera peccatt tu, quàäm vulnera corporis sui. Que votre cœur est dur, si vous aimez le pee , Si vous prenez plaisir d’afiliger ainsi votre Dieu ! Comprenez du moins , par l'affliction qu’il lui cause , quelle douleur vous devez vous-même en ressentir. h
II. Le dernier trait de la malignité du péché, c’est “qu’il déshonore Dieu et lui ravit sa gloire : Wos ixhonorastis me. Joan. 8. Gloire due à Dieu seul, et qui lui est si propre, qu’il ne peut y renoncer; gloire qui est le seul bien qu’il puisse tirer de sa créature. Dieu ne peut être glorifié en lui-même que par lui seul; maisil était convenable que ses perfections et ses grandeurs fussent glorifiées au dehors. C’est pour cette fin qu'il a formé l'univers, qu’il le remplit de la majesté de sa gloire, et qu’il a produit des créatures intelligentes, capables de le connaître, pour leur manifester et leur faire glorifier ses grandeurs.
Voilà ce que ne connaît pas l’homme pécheur, et ce : qu'il refuse à Dieu. Il oublie ce qu'il doit à sa gran-
Die: en se comportant comme si Dieu était indigne de ses hommages.
Dieu n’est ni moins puissant ni moins heureux, il est vrai, mais il est moins honoré par sa créature ; honneur qu’elle lui doit, et pour lequelil a formé cette créature. ” prie à Dieu cet honneur, e’est donc le priver d’ule chose qui lui est due; ce qui est toujours un mal : et plus Dieu est grand , plus aussi ce mal est grand, plus l’homme qui lui fait cette injure est criminel.
Un roi mérite les hommages de ses sujets ; et, quoique la puissance d’un roi ne soit pas affaiblie parce qu’un vil esclave lui manque de respect, ce vil esclave n’en commet pas moins un Crime envers sou
Bi E LA RELIGION. ! 85 . princePlus il est vil, plus aussi il est criminel et pu- " nissablede manquer à ce qu'il doit à son souverain. MDieuestinfniment adorable, c’est l’Etre süprème : toutes les créatures réunies sont si peu de chose et si viles à ses yeux, qu’elles sont comme rien, dit l’Ecriture : mmesgentesquasinon.süni, Îsaie, 40. Or, que cette lajesté souveraine: devant qui tous les monarques ne sont que poussière, soit méprisée par une vile créature qui devrait l’adorer jeu Lonéntisement , S'il était possible, nést-ce’pas Ta Te Comble de l’outrage P outrage si grand, .que tous Jes hommes, quend ils s’offtiraient en sacrifice , ne pourrarent jamais le réparer par eux< mêmes. Non, tout ce que.les justes ont jamais fait de plus héroïque ne donnera jamais tant de gloire à Dieu, qu’il eneperd par le péché mortel d’une seule créature; arce.que les hommages des justes sont finis et limiles , au lieu que l’outrage que Dieu reçoit parle péché -moïtel est comme infini, par cette raison que l’énormité d’un outrage se mesure par la bassesse de celui qui ense et par grandeur de celui qüi est offensé. injure, que le péché mortel fait à Dieu est done comme infinie, puisqu'elle offense un être infini. Cette injure ne peut donc être réparce par les hommages de tous les hommes.
… C'est pour. cette fin , pour réparer la gloire de Dieu son Père, que le Fils de Dieu s’est ancanti jusqu’à se faire: victime de nos péchés, parce qu’il n’y a qu’un Homme- Dieu qui puisse honorer Dieu autant qu’il le mérite , et réparer les outrages faits à sa majesté. S. Augustin avait donc bien raison de dire qu’il vaudrait mieux que leciehetlaterre, et tout ce qui n’est pas Dieu périt, que d’offenser Dieu, même légèrement : Peceare estinhonorare Deum., quod non debet facere homo , etiumsi totum pereat quod non est Deus: La destruction de univers ne serait que le mal de Ja créature, au lieu que le peche. est le mal du Créateur. Or, le moindre mal du Createur est au-dessus de tous les maux des créatures. Oh! Fm le péché est donc bien à craindre ! et que
celui-là estmalheureux qui ne Le comprend pas
RÉSOLUTIONS. TE
ï. Il faut que je travaille dès aujourd’hui à bannir le péché de toute ma conduite. S
2. Je m’attacherai donc à considérer l'horreur que Dieu en a. et combien ce monstre lui ravit de gloire.
Ah ! mon Dieu, vous m’avez créé pour vous, et jusqu'ici jai presque toujours vécu contre vous; convertissez-moi , pardonnezmoi.