‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 25 sur 186 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Par le péché mortel on per& Dieu.

I. Voici ce qu’il y a de plus funeste dans le péchét* mortel : il nous fait perdre Dieu et nous en ji A La grâce sanctifiante nous unit à Dieu; ainsi le péché mortel, en nous dépouillant de cette grâce, nous sépare de Dieu, et c’est dans cette séparation d'avec Dieu que consiste réellement la mort de l’ame ; parce que dans l’ordre surnaturel, Dieu est aussi véritablement la vie de notre ame, que l’ame dans l’ordre naturel est la vie du corps. Notre ame séparée de Dieu est done aussi véritablement morte, dit saint Augustin, que le corps séparé de l'ame est véritablement mort : Deus anissus estinors antnæ, anima amiss@ est mors corporis.

IT. Etre séparé de Dieu ! avoir perdu son Dieu ! quelle perte ! Quand je perdrais tous les trésors de la

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DE LA RELIGION. 45 terre, si je possède Dieu, rien n’est perdu pour moi; mais quand je posséderais tous les empires de l'univers, si je pus Dieu, tout est perdu pour moi. Le bonheur des saints dans le ciel, est d’être uni à Dieu et de le posséder. Le malheur des réprouvés dans l'enfer, c’est d’être séparé de Dieu et de l’avoir perdu.

Avoir ie son Dieu, peut-il y avoir un plus grand malheur ? Oui, il ÿ a un malheur plus grand : c'est, aprèsavoir perdu Dieu, de compter pour rien cette perte. Est-il possible ‘que l’homme soit capable d’un pareil aveuglement ? Quoi, dit saint Augustin, vous pleurez sur un corps mort, parce que l'ame en est séparée, et vous ne pleurez pas.sur votre ame qui est séparée de Dieu ! Corpus luges à quo recessit anima; animam non luges à qu recessit Deus.

L'Ecriture, parlant de Michas à qui les voleurs avaient enleve ses idoles, nous fait remarquer qu’il les redemandait avec des cris lamentables, et, qu’étant interrogé quel était le sujet de ses larmes, il répondit : Hélas ! on m'a enlevé mes dieux ; et vous me demandez pourquoi je pleure ! Si un idolâtre pleure amèrement la perte d’une idole, comment un chrétien peut-il être insensible sur la perte de Dieu ? On voit des personnes s’afiliger pour les moindres disgrâces ; on entend dans des familles des emportemens pour des pertes de rien, tandis qu'on s’y réjouit et qu'on est tranquille après avoir perdu Dieu par le crime.

: pé é, que tu pervertis étrangement l'esprit et le cœur de l’homme !

“Saint Thomas d'Aquin, ce grand genie, ne pouvait comprendre comment on pouvait vivre après avoir perdu Dieu, et dormir dans sa disgrâce avec un péché mortel sur la conscience. Oh ! qu’on est misérable dans cet état, et doublement nhétable si l’on n'en est pas touché! Ecoutez, 6 mon peuple, disait le Seigneur à Israel, voici ce qui montre la malice de votre cœur, c'est qu'après m'avoir abandonné, vous avez encore Co tous les désirs de retour et tuus les sentimens de crainte. Jér. 2.

Si vous avez perdu Dieu, votre malheur est trèsgrand, il est incompréhensible ; mais il n’est pas sans

remède. Allez faire aux pieds des ministres du Seigneur

une humble confession de vos misères ; noyez vos péchés

dans vos larmes, ou plutôt dans le sang de votre Re-» dempteur. Le repentir , l’amendement, les sacremens sont les moyens qui peuvent vous rétablir, et réparer

la perte que vous avez faite.

RÉSOLUTIONS

1. Considérant le péché mortel comme dontant la mort à mon ame , je l’éviterai avec plus de soin que ce qui pourrait m'ôter Ja vie temporelle, x |

2. Et si j'ai jamais le malheur de me laïsser entrainer dans un seul de ces misérables péchés, je me hâterai de sortir de cet état déplorable, en recourant promptément au sacrement de Pénitence.

O mon Dieu ! plutôt mourir mille fois que de me séparer éncore de vous par un seul péché mortel,

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