‹ Pensées sur les plus importantes vérités de la religion, et sur les principaux devoirs du christianismeChapitre 39 sur 186 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

De la patience dans l’adversité.

On ne peut servir Dieu, on ne peut mériter le ciel sans la patience ; deux choses que nous apprend saint Paul, quand il dit : La patience vous est nécessaire, afin Sp ere la volonté de Dieu , vous renportiez l'effet de ses promesses. Hébr. 10.

[. Pour servir Dieu, il faut être soumis à sa divine volonté. On n’est donc pas serviteur de Dieu, ni vraiment chrétien, quand on vit sans patience. Dieu veut que nous souffrions ; et en nous appelant au christianisme, il nous appelle à la croix, parce qu’il nous appelle à la suite de Jésus crucifié. St quelqu'un , dit Jésus-Christ, veut venir après moi, qu'il porte sa croix tous les jours, et qu’il me suive.

Le vrai serviteur de Dieu n’est pas toujours celui qui fait de grandes choses, mais celui qui est disposé à souffrir. C’estheaucoup faire pour Dieu, que de souffrir pour son amour. C’est donc peu de pratiquer les autres vertus, si l'on manque de patience, si toutefois on peut avoir quelques véritables vertus quand on n’apascelle-ci.

On voit des personnes fréquenter les sacremens, témoigner dans l’oraison de grands désirs d’aimer Dieu, former de grands desseins pour sa gloire; mais la moindre disgrâce, une parole, un mépris leur fait prendre feu et lesirrite. Que cette vertu est fragile, qu’une parole fait échouer ! L’on sert Dieu , Von est en paix quand il console, quand on n’a rien à souffrir ; mais lorsqu'il nous fait part de sa croix, ce n’est plus la même chose. Que d'illusions dans ces prétendues vertus ! Dicu n'est-il pas également saïnt et adorable, de quelque manière qu’il nous traite ? Mérite-t-il moins notre soumission dans les disgrâces que dans la prospérité ?

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