Paris, Lemerre, in-dix-huit
six ans, dans une enchanteresse harmonie, deux des lyres les plus riehement accord^es ou ait pass6 le souffle des temps nouveaux. C'est ainsi que, pour une fois, dans ce monde oil le r6ve et la vie ne se rencontrent gu6re que pour se briser Tun Pautre, la po^sie devint r6alit6, et la reality fut une exquise po6sie.
Mais la po6sie, sauf en cet 6pisode unique, n'6tait pour notre ami que la musique des heures de repos. Son ame s6rieuse et profonde 6tait toujours agitee par le souci de l'ideal et par le trouble qu'y avait laiss6 la rupture avec la foi h6r6ditaire. II ne replaga pas, dans le ciel de sa pens6e, le Dieu des juifs sur son tr6ne 6croul6; il n'y dressa pas non plus la croix du Calvaire chr^tien. Mais le pale crucifix de Jerusalem hanta toujours son coeur : il ne pouvait ni Tembrasser ni s'en detacher. II a exprim6 dans des po6mes en prose, r6unis sous le titre de la Legende divine \ les sentiments complexes que lui inspirait le fils de Marie : il l'aimait comme ayant inearnS la
1. Paris, Lemerre, in-douze, 1890. La Chute du Christ avait paru chez Charavay, en 1830, et 6tait donnee comme la traduction (Tun poduie anglais.
tradition juive dans ce qu'elle a de plus haut et de plus doux, et il lui en voulait d'avoir 6t6 infid&e k cette tradition; il eroyait son r&gne termini, et il se d6solait qu'il le ftit. Dans le plus beau de ces po&nes, inspire d'un admirable morceau d'lsaie, il repr&ente le Christ pr6cipit6 dans le scheol et y trouvant tous les dieux qu'il a d£tr6n£s et qui 1' insistent, Tinvitant k maudire l'homme avec eux, l'homme qui les d6truit aprfes les avoir cr66s, comrae un enfant brise et jette les jouets qu'il a fa<jonn6s... Mais le po6te, revenant sur la terre, nous la montre morne et vide, d6pouill6e de foi et d'espoir, « les mferes en pleurs sur leurs enfants ne relevant plus la tfite vers le del », et les hommes sentant « passer le simoun du n6ant sur tous les souffles de leur coeur », les uns d6sesp6r6s, les autres r6volt6s, d'autres ensevelis dans les jouissances ou les chagrins vulgaires. « Et il y en avait, <$ et lk f qui regardaient autour d'eux et en eux roulet la grande d6mence inanim6e, qui pleuraient, quand les larmes venaient, sans esp6rer et sans maudire, et tombaient, lorsque sonnait Pheure, d&laigneux et le sourire aux 16vres. »
Malgr6 ce stolcisme affect6, Phomme qui 3crivait ces lignes n'6tait 6videmment pas indifferent k l'6croulement des choses divines en Iui-m6me et dans le monde. Adresser k l'univers un dSdain ou un sourire, c'est toujours mettre dans sa contemplation un peu de son coeur ; c'est done toujours de la religion. James se croyait alors d6pourvu de toute foi; mais il souffrait de ce d6nuement et par Ik mfime il aspirait k en avoir une. II devait la retrouver dans cette Bible dont il avait rejete la lettre et dont il crut un jour d^gager, renouveler et proclamer le veritable esprit. Mais avant de parler de cette partie de son oeuvre qu'on peut appeler « proph^tique », et qui en est la plus originale, il faut dire un mot d'une autre face de son fitre complexe, de la face patriotique.
James Darmesteter, je l'ai dit, 6tait ardemment et presque mystiquement patriote. En 1882, il publiait, sous le pseudonyme de J.-D. Lefran<jais, un petit livre intitule Zectures patriotiques, qui devrait flgurer dans toutes nos 6coles *. II y exaltait la France de tous les
1. J'ai sous les yeux la quatrieme edition, pa rue chez Delagrave, in-douie, en 1891*
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temps, mais sp6cialement la Revolution, en ne prenant (Telle que son ideal dans ce qu'il a de plus haut et de plus pur. Les juifs, qui doivent & la Revolution leur emancipation et leur dignite, sont port6s k la regarder comme une sorte de r6v61ation de justice et de paix. Darmesteter, tout en en condamnant avec horreur les crimes et les extravagances, lui reconnut de plus en plus un caractere presque divin. 11 Tassocia au culte qu'il rendait k Jeanne d'Arc, qui etait pour lui une premiere et sublime revelation de la conscience du peuple de France, et, avec la Revolution, « Tune des deux grandes choses qui aient jamais paru sur la terre 1 ». Mais, tandis que la pure heroine d'Orieans est revendiquee et tiree k eux par chacun des partis qui nous divisent, James l'eievait au-dessus d'eux tous comme un ange de concorde fraternelle. Sa politique s'inspirait d'elle, et, comme elle, de ce qu'il y a de plus grand, de plus profond et de plus durable dans l'&me de la nation.
1 . II a exprim6 plus pleinement encore son adoration pour Jeanne d'Arc dans un tres bel et tres interessant article public par la Nouvelle Revue en 1889 : Jeanne dArc en Angleterre (Nouveaux Essais de liUerature anglai&e, page 1).
C'est Ik qu'il a puise le fonds du magnifique article publie dans la Revue de Paris au moment oil elle se fondait : tirant de notre liistoire contemporaine une lumineuse et grandiose philosophie, il voyait, comme Jeanne, la guerison de nos miseres et le rajeunissement de nos forces dans l'amour de tous pour tous, et proposait un desarmement general des haines, des convoitises et des resistances par un grand elan de charite qui mettrait d'un coup la France & la t6te des nations, et ferait jaillir de toutes parts les sources, dessechees en apparence, de notre vie morale 1 . Malheureusement, sa sublime predication n'excita qu'une admiration sterile ou impuissante, et radicaux et conservateurs, socialistes et individualistes, catholiques et anticlericaux, riches et pauvres, continuent k se dechirer sur le sein de la m6re patrie. * (Test grand pitie du royaume de France ! » disait la bonne Lorraine.
Ces idees de paix et de justice nous ramenent a ce qui a 6t6 la conception favorite, a
1. Cet article, qui eut alors tant de retentissement, est r&mprime* avec d'autres dans le volume intitule : Critique et politique. Paris, Calmaoo L6vy, 1895, in-dix-huit.
46 PENSEURS BT POETES.
la fois religieuse, philosophique, humanitaire et patriotique, des dern&res ann6es de notre ami. Gette conception repose essentiellement sur l'id£e que l'esprit moderne est un esprit trfes ancien. La grandeur et la folie de la Revolution frangaise consistent & avoir cru qu'ii 6tait possible de faire r6gner sur la terre une justice abstraite; or cette id6e avait d6j& 616 celle des proph&es juifs : un Fran^ais descendant d'Israel devait 6trc frapp6 de Tidentit6 dea deux inspirations. D'autre part, de toutes les fa^ons dont Thomme s'est represents son rapport avec 1'infini, le monoth&sme h6braique est celle qui, interpr6t6e dans un certain sens, peut paraltre se prfiter le mieux & un accord avec les r6sultats de la science expSrimentale. C'est sur ces bases que Pauteur de la Chute du Christy se pla^ant au-dessus de la recherche Sgoi'ste du bonheur personnel, qui n'aboutit qu'au d&espoir ou au renoncement, crut que Fhumanite pouvait 6difier une foi nouvelle, oil le christianisme rajeuni communierait avec la science. Cette conception se manifesta pour la premiere fois en 1880, dans une brochure intitul6e : Coup d'ceil sur I'histoire,
du penple juif *, qui r6v6la dans le savant orientaliste un grand 6crivain et un penseur original. La religion d'Israel dans ce qu'elle a d'essentiel, et en dehors des tegendes et des pratiques, telle que, d'apr^s l'auteur (et d'apr^s Renan), Font congue les prophdtes, peut 6tre la religion 6ternelle, car elle se r&Iuit k deux dogmes : unite de Dieu et croyance au r6gne futur de Dieu sur la terre, « c'est-a-dire unite de la loi dans le monde et triomphe terrestre de la justice dans 1'humanite. Ce sont les deux dogmes qui, & Pheure pr^sente, Gclairent Phumanite en marche dans Pordre de la science et dans Pordre social, et qui s'appellent dans la langue moderne, Tun uniti des forces, Pautre croyance au progrte... L'humanite, telle que la rfivent ceux qui voudraient qu'on les appelat des libres penseurs, pourra renier des 16vres la Bible et son ceuvre; elle ne pourra les renier de cceur sans arracher d'ellemfime ce qu'elle a de meilleur en elle, la foi en Punite et Pesp6rance de la justice. »
Ainsi, k la suite de ses longs voyages
1. Publiee d'abord isol6ment, puis dans les Essais orien taux, cette e*tude a et6 rfeimprimee dans les PropMes (T Israel.
dans toas les mondes de la pens6e, l'esprit et le coBur de l'ancien 6colier de la Talmud Tora revenaient k cette Bible dont ils s'6taient jadis d£tourn6s, et y trouvaient la satisfaction, Tun de son besoin de v6rit6, l'autre de son aspiration vers la justice. II est clair qu'un autre qu'un juif n'aurait pas eu Yid6e ni trouve la formule de cette inggnieuse adaptation des dogmes antiques aux pensers nouveaux, et n'aurait pas convig l'humanite errante et disperse & se r6fugier tout entire sous les tabernacles de Sem. C'etait I'&me des proph^tes d'Israel qui revivait dans le descendant d'Akiba. « Malheur, a-t-il 6crit luimfime, au savant qui aborde les choses de Dieu sans avoir au fond de sa conscience, dans l'arrtere-couche indestructible de son 6tre, Ik oil dort l'&me des ancfetres, un sanctuaire inconnu d'ofii s'6l6ve par instants un parfum d'encens, une ligne de psaume, un cri douloureux et triomphal qu'enfant il a jet6 vers le ciel & la suite de ses peres, et qui le remet en communion soudaine avec les proph&es d'autrefois! * II s'y remit de plus en plus ardemment. Dans
dififerents articles publi6s en 1881, 1883,1888, il d6veloppa et pr6cisa Fid6e qu'il avait 6mise, et il lui donna enfin, en i 891, sa base histo rique et son expression la plus complete dans sa magistrate 6tude sur les Prophetes d' Israel i . II y montre que les prophetes ont fait bon march6 du culte officiel et mftme des pr6ceptes de la loi, et qu'ils ont maudit leur temps non pas seulement pour son impi6t6, mais pour la durete de son coeur et son m6pris de la justice : « Je hais vos f6tes , dit le Dieu du berger Amos ; vos holocaustes me font mal ; vos offrandes de veaux gras, j'en d6tourneles yeux; loin de moi le bruit de vos cantiques, je ne veux pas entendre le son de vos lyres. Mais que le droit jaillisse comme de l'eau, et la justice comme une riviere intarissable ! » Et, associant cette fois la pens^e grecque au sentiment juif, il cite les vers immortels oti Lucrfece dit que la vraie pi6t6, ce n'est pas de prier devant les autels ou d'immoler des victimes, mais de contempler Punivers d'une ame
1. Reunie avec d'autres Etudes dans le volume intitule : les Prophetes tfhrael. Paris, Calmann Levy, 1892, in-octavo (nouvelle Edition, 1894, in-dix-huit).
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apaisee et pure, et il conclut : « La religion du xx e Steele est dans ces deux cris : elle nattra de la fusion du prophetisme et de la science. » Ainsi parle le dernier proph&te, juif de race, grec de culture, franQais decoeur. Lexx e si6cle r6alisera-t-il sa prediction ? Le ferment juif est-il destine k une action vraiment feconde dans le travail des temps futurs? Le Dieu de la Bible est exterieur & la nature, qu'il a creee, et qu'il gouverne arbitrairement : l'interpreter par T unite fondamentale des forces naturelles, lesquelles agissent immuablement et aveuglement de m6me dans les mftmes conditions, est-ce
autre chose que le jeu d'un esprit subtil, et cette ing6nieuse ex6g^se peut-elle fournir une base 4 la science? La croyance au progrfcs comme resultant de revolution lente de Thumanite, — croyance qui va d'ailleurs en s'affaiblissant dans les esprits, — a-t-elle vraiment rien k faire avec la promesse du rftgne de Dieu sur la terre amene par un Messie suscite d'en haut? Quelque r6ponse que l'avenir reserve 4 ces questions, la traduction en langue moderne qu'a donnee notre ami des vieux chants d'esperanceperdus dans lanuit tourmen t£e des stecles
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n'en est pas moins 6mouvante et magnifique.
Le r61e de r6v6lateur et propagateur de la v6rit6, que les proph&es assignaient k Juda, leur successeur l'attribue k sa ch6re France : il la convie k resplendir de beaut6, de v6rit6 et de justice pour 6tre la lumtere de tous les peuples, et il la voit d'avance les guidant, par le seul ascendant de son g6nie et de sa foi, dans la voie oil elle est entree la premiere... L'id6al contient toujours une part de chim^re ; ce qu'on lui demande, c'est de susciter des aspirations nobles et fScondes: ceux qui auront form6 leur &me sur le module qui leur est ici propose l'auront assur&nent rendue plus haute et plus large, plus g6n6reuse et plus juste, plus frangaise dans le sens ou Tentendait notre ami.
Mais les belles apocalypses de Darmesteter soulevent une question plus delicate encore que la question scientifique et la question sociologique : la question religieuse. II ne pr6tendait pas seulement que le vieux proph6tisme juif pouvait r6g6n6rer le monde par la v6rit6 et la justice : il voulait y ramener le christianisme, n£ de lui. II pensait que FlSglise
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ne trouverait son salut et ne reprendrait son empire que si elle revenait a l'esprit d'Amos et de J£r£mie. A son avis, le messianisme Chretien, en transportant le rfegne de Dieu hors de la terre et de la vie actuelle, lui avait enleve son action salutaire sur le monde, en mfeme temps qu'il s'etait imbu, jusqu'i. en fitre inseparable, d'un element surnaturel qui, dans le judaisme, restait bien plus ext^rieur, et pouvait se detacher sans nuire k la vertu intime. II s'adressait k 1'lSglise sans hostility, avec une respectueuse admiration et un sincere desir de Concorde, et l'invitait a se rajeunir pour tous les siecles en retournant k son berceau. C'etait bien une religion, et la seule religion indestructible, qu'il croyait ainsi pouvoir edifier. Mais qu'est-ce qtfune religion qui n'admet pas Tintervention de Dieu dans la vie, et par consequent ignore la priere, et qui ne promet pas une vie future pour reparer les injustices de celle-ci? Tant qu'il y aura des dmes qui ne pourront pas se contenter de la science ou plut6t de l'ignorance humaine, qui ne pourront pas se r6signer k naftre pour mourir et k souffrir sans savoir pourquoi, elles n'appelle-
ront religion que ce qui leur donnera une explication du monde et une promesse de bonheur infini. En mettant fin au messianisme terrestre, en proclamant que « son royaume n'est pas de ce monde », le christianisme a d6tach6 a tout jamais la religion de la science et de la politique : il lui a cr66 son domaine propre, qui existe d^sormais en dehors et audessus des autres, et le seul ou elle soit vraiment elle-m&ne. Appeler religion Famour du vrai et Famour du bien, c'est ennoblir nos plus nobles instincts, mais cela ne saurait donner le change aux besoins d'un tout autre ordre auxquels la religion seule peut r6pondre. « Si l'figlise, dit Darmesteter, manque &sa fortune; si, au nom d'une immutability qui n'est qu'une fiction de dogme que toute son histoire d&nent des la premiere heure, elle oppose aux sommations de Tavenir un non possumus, Foeuvre n^cessaire se fera autrement et plus p6niblement : le profit que Fesprit de Favenir pourrait tirer de cet admirable instrument d'unite et de propagande sera perdu pour Foeuvre, et la secte scientifique aura seule & prendre la charge du monde. » Mais si l'Eglise renongait
& 6lre l'interm^diaire d'une communication mystique entre l'&me et Dieu, si elle se bornait k aflirmer l'unite des lois naturelles et Involution, en quoi diflfcrerait-elle de la * secte scientifique » ?
Ge qui reste admirable dans les meditations oil Darmesteter a exprim6 sa pens6e atavique, com me dans les harangues enflamm6es de ses pr6d6cesseurs d'il y a vingt-six siecles, c*est l'amour ardent, passionn6, ing6nu de la justice, cette belle divinit6 voilfie qu'on adore sans en connaitre les traits. II y joignait l'amour de la paix, que les proph&es d'autrefois, plus prodigues aux plaies humaines du fer rouge que du baume salutaire, n'ont gu£re rfivfe que dans un lointain avenir. (Test aux temps messianiques seulement que « le loup habitera avec la brebis, le lion et le mouton paltront ensemble, et un petit enfant les conduira tous ». Darmesteter aurait voulu voir ces temps se lever et 6tre cet enfant b6ni. II ne s'est pas lasse, ce « bon Lorrain », de prficher la Concorde et l'amour. S'il avait enseigne au moyen Sge, on l'aurait surnomm6 Doctor pacificus. U a aim6 la paix avec la largeur d'un esprit qui
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voyait sans peine la conciliation sup6rieure des contradictions apparentes, avec la tendresse d'un coeur qui connaissait la souffrance, mais ignorait la haine et l'envie.
Iln'ignorait pas, toutefois, Pindignation. On retrouve la v6h6mence des vieux nabis dans les nobles pages ou il a fl^tri en paroles vibrantes la basse literature qui Snerve la France au dedans et la d6shonore au dehors *, dans l'anathgme qu'il a lanc6 au cynique aveu de Phomme qui, ayant tenu entre ses mains, en 1870, Poutre fermee des tempfites meurtrteres, se vanle d'en avoir furtivement d6tach6 les liens a . Mais ces saintes col^res n'obs6daient pas longtemps son 4me, qui, surtout en ces dernteres ann6es, avait d6pouill6 toute amertume et s'etait emplie de s6r6nit6. II proclamait avec confiance la bonne nouvelle de la reconciliation des esprits dans la science et des coeurs dans Pamour, et il se preparait, quand la mort le toucha de son aile, a nous donner ce qu'il voulait appeler YEvangile iternel, e'est- &-dire un recueil de tout ce qui, dans la vieille